Cercle des alternatives maliennes pour l’émergence « Wati sera » : « La cause de Kalfa n’est pas une petite affaire à Sikasso »

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« La cause de Kalfa n’est pas une petite affaire à Sikasso »
Kalifa Sanogo recevant sa distinction

La ville de Sikasso était en effervescence le vendredi 24juin 2016. Les populations de Sikasso sont sorties massivement pour réserver un accueil populaire au fils du terroir, Kalfa Sanogo, fils de feu Bakary Sanogo. 

A la tête d’une importante délégation composée de Mamadou Diallo, du Général à la retraite Tiéfolo Togola, de N’Golo Diarra, de Karim Dembélé, de Bamoussa Traoré, du colonel de gendarmerie à la retraite  Yaya Ouattara, de Mme Diallo Salimata Ouattara, de Mme Bagayogo Korotoumou Traoré, de Djibril Tangara,Kalfa Sanogo a été accueilli dans le village de Flazambougou, à une dizaine de kilomètres de la ville de Sikasso, par une forte délégation du Cercle des Alternatives Maliennes pour l’Emergence(CAME Wati- Sera), conduite par Mahamadou Berthé le coordinateur. Il avait à ses cotés, Mme Sanogo Kadidiatou Coulibaly, Souleymane Soumano, chef des griots, Barakissa Cissoko, Haby Sy, Adama Coulibaly  et Oumar Coulibaly pour ne citer que ceux-ci. Plusieurs centaines de jeunes motocyclistes et une quarantaine de véhicules étaient à l’accueil.

C’est aux environs de 10 heures 45 minutes  que  Kalfa Sanogo, tout de blanc vêtu a foulé le sol de la localité de Flazambougou. Il a eu droit aux honneurs dûs à son rang et aux traditionnelles noix de colas à lui données par deux fillettes.

Ensuite Kalfa est allé saluer les notables du village de Flazambougou présents à l’accueil.

Après cet exercice, l’impressionnant cortège constitué de plusieurs centaines de motocyclistes et de plusieurs véhicules a pris la direction du centre ville. Pendant plus d’une heure, les populations massées le long de la route ont scandé à l’unisson « bienvenue Kalfa ; tu es chez toi».

L’enfant de la région de Kénédougou a tenu à se rendre dans la grande famille des Traorés où étaient réunis les familles fondatrices. L’ambiance était exceptionnelle.

Abdoul Adama Traoré, porte-parole des familles fondatrices a souhaité la bienvenue à Kalfa et toute sa délégation. Il a indiqué que : « Kalfa, tu es chez toi en famille comme il l’a toujours été. Nous saluons tous ceux qui se sont mobilisés pour la cause de Kalfa. Nous apprécions l’initiative du CAME qui symbolise la récompense du mérite d’un fils du Mali qui a l’amour de son pays. Au nom des familles fondatrices de Sikasso, je voudrai dire que Kalfa mérite plus que tout ça. Que Dieu nous aide à magnifier davantage les braves fils du Mali. Nous formulons le vœu le plus ardent afin que la cérémonie se passe dans la paix »

 Bréhima Traoré, représentant  des jeunes de la famille Traoré de Bougoula-ville a salué les actes posés par le visiteur du jour ; invité ses frères ressortissants de la région de Sikasso à emboiter le pas à ce frère qui fait la fierté du Mali. Selon lui, c’est ensemble que la région va se développer. A l’en croire, c’est déjà un grand pas en amont pour les futurs projets. Il a ensuite laissé entendre que : « la cause de Kalfa n’est pas une petite affaire à Sikasso. Il y a beaucoup de cadre à Sikasso, mais Kalfa en est une exception, un modèle pour nous. En raison de tout ce qu’il a pu faire pour sa  cité, sa région, et pour tout le Mali, il mérite d’être honoré. Le fait de rassembler les hommes afin de les inciter au travail est incomparable. Les défis du développement sont énormes à Sikasso. Kalfa a fait sa part de responsabilité. Ceci doit servir d’exemple pour inciter d’autres cadres de la région à œuvrer pour devenir des modèles pour la génération future. D’autres cadres doivent assurer la relève. Aujourd’hui, Kalfa n’a rien à se reprocher. Il a fait son devoir. Kalfa s’est reconnu fils de la ville de Sikasso, fils du cercle de Sikasso, fils de la région de Sikasso et fils de tout le Mali. Il accompli son devoir en apportant sa contribution pour le développement de sa patrie. Nous sommes derrière lui, aujourd’hui et demain ».

 Le président de l’association pour le développement du quartier de Bougoula-ville, Alhamdou Traoré dira que Kalfa fait la fierté de la ville, du cercle, de la région de Sikasso et du Mali tout entier. L’homme, dira–t-il mérite amplement cette reconnaissance de sa région natale.

Très ému par l’accueil réservé à lui et la délégation qui l’accompagne, Kalfa Sanogo a remercié les uns et les autres qui, malgré leurs occupations ont tenu à vivre en direct cet événement majeur de sa vie. Il a  d’abord fait savoir aux notabilités que l’initiative de l’association CAME-« WATI SERA » lui réconforte. Avant de déclaré qu’ : «  Etre aimé par les siens est un honneur et un réconfort moral. Je suis très fortement ému  par cet acte qui m’honore à plus d’un titre. Je ne m’attendais pas à ça. Je ne suis pas le seul à poser des actions de développement pour la région et pour le pays .Nous ne sommes pas habitués à flagorner. Nous ne sommes non plus timorés. Avoir la capacité et refuser de participer aux actions de développement de son pays, c’est faillir à son devoir  de citoyen. Quand vous posez des actes d’intérêt général, ce n’est pas la peine de venir s’exposer sur la place publique pour avoir des titres de récompense du mérite. Si les gens pensent que j’ai posé des actions honorables pour ma cité, ma région et mon pays, je ne peux que me réjouir de cette marque de considération. Cet honneur me va droit au cœur. Je souhaite que la génération montante puisse accorder une attention particulière au travail bien fait. Aujourd’hui, malheureusement, le travail n’est pas un critère premier d’appréciation. J’espère que ce qui s’est passé aujourd’hui est une émulation pour la jeunesse afin qu’elle puisse prendre le chemin du travail. Sans le travail, nulle ne peut s’en sortir. Il ne sert à rien de se faire fortune sans faire du travail. Je voudrai sincèrement remercier ma famille, ma ville de Sikasso, toute la région et l’ensemble des populations maliennes pour avoir fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Sans eux, je ne serai pas ce que je suis aujourd’hui. Depuis mon enfance, j’ai été accompagné par tous. Cet accompagnement ne m’a pas fait défaut durant tout mon cursus scolaire, universitaires et post- universitaires. Sans les autres, je ne saurais parvenu à poser ces actes. Il était aussi de mon devoir à mon retour au bercail d’apporter ma pierre de construction pour que  ma cité se développe et pour que mon pays sorte de l’ornière ».

 Jean Goïta, envoyé spécial à Sikasso

 

 

Mahamadou Berthé, coordinateur régional du cercle des altératives maliennes pour l’émergence de Sikasso :

« Notre vision est d’honorer les illustres fils du pays de leur vivant »

Mahamadou Berthé
Mahamadou Berthé

 Promoteur d’établissement d’enseignement technique professionnel, Mahamadou Berthé est le coordinateur régional du Cercle des Alternatives Malienne pour l’Emergence(CAME WATI-SERA) de Sikasso qui se fixe comme objectif principal d’honorer à partir de maintenant les illustres ambassadeurs du développement de la région de Sikasso en particulier et du Mali en général. Nous l’avons  rencontré à l’occasion de la cérémonie de reconnaissance de mérite organisée par le CAME à l’endroit de Kalfa Sanogo, natif de Sikasso, ancien PDG de la CMDT.

 Le Pouce : Pourquoi le CAME maintenant ?

Mahamadou Berthé : « Nous avions remarqué d’une manière générale que dans la région de Sikasso, les gens arrivent difficilement à exprimer leurs sentiments pour quelqu’un. C’est pourquoi, nous avons crée le CAME-Wati Sera pour que l’homme Sikassois,l’homme malien puisse se retrouver afin de magnifier  tous ceux  qui ont œuvré et qui vont œuvrer  sur le plan économique, social et culturel pour non seulement le développement de la 3ème  région, mais aussi pour le Mali tout entier. Il faut toujours un début pour  tout. Depuis des années, des générations ont passé. Ces générations ont eu à faire de merveilleuses choses, mais elles n’ont jamais pu réellement exprimer leur sentiment vis-à-vis de ceux qui ont eu à contribuer valablement pour le développement de Sikasso ».

Le Pouce : Quelles sont les raisons qui sous-tendent l’organisation d’une telle cérémonie à l’endroit de Kalfa Sanogo?

Mahamadou Berthé : « La première raison, c’est d’abord un grand estime pour le Pr Sanogo. C’est aussi une reconnaissance de la ville en raison des multiples efforts que l’homme a pu poser pour la nation dans un bref délai. Ce sont ces actions qui ont motivé les populations à initier cette journée pour lui rendre un hommage particulier ».

 Le Pouce : Pouvez-vous nous parler de quelques grands actes que l’homme a posés ?

 Mahamadou Berthé : « De son passage au PNUD, M. Sanogo a été un des acteurs à faire des plates-formes multifonctionnelles une réalité dans les coins les plus reculés du Mali pour que la femme, d’une manière générale puisse avoir moins de problème par rapport à ses activités ménagères. Si nous prenons le tronçon qui par de la CMDT à la mission catholique et qui va se terminer au niveau de l’usine II, il faut reconnaitre que c’était le calvaire pour les populations riveraines de la CMDT depuis une trentaine d’année. La voie qui était difficilement utilisable à cause de la poussière a été couverte de bitume grâce aux efforts de Kalfa.         Une école a été entièrement clôturée, trois salles de classe ont été réhabilitées. D’autres sont encore plus autorités à parler des efforts consentis par l’homme dans divers horizons. Ce sont des actions qui ont poussé les populations à dire qu’il est temps d’honorer l’homme et le dire merci pour tout. A travers cette reconnaissance les populations ont l’occasion de dire combien elles sont heureuses de son acte social et citoyen. Dans certains coins de la brousse, surtout dans les villages vers N’Krouala, l’électrification est aujourd’hui une réalité grâce aux efforts de ce monsieur »

Le Pouce : Un appel ?

Mahamadou Berthé : « Je voudrai préciser que notre organisation est apolitique. Notre vision est d’honorer les illustres fils du pays de leur vivant et non pas à titre posthume. J’invite tous les enfants à nous retrouver pour saluer le travail bien fait de ceux qui se sacrifient pour la cause nationale ».

Entretien réalisé par Jean Goïta, envoyé spécial à Sikasso

 

 

Reconnaissance des efforts de Kalfa Sanogo :

Quelle belle initiative du CAME !

La salle Lamissa Bengaly de Sikasso a servi de cadre le samedi 25 juin 2016 à la cérémonie de reconnaissance des efforts du fils terroir Kalfa Sanogo pour le développement de la ville, du cercle, de la région de Sikasso et du Mali. C’était en présence des cadres, notables, des membres du Cercle des  Alternances Maliennes pour l’Emergence Wati-Sera, des parents, amis et sympathisants venus des quatre coins du Mali, de la sous-région, de l’Europe, des Etats-Unis et de l’Asie. Cette cérémonie qui  s’inscrit dans le cadre de la première Conférence nationale du CAME a été retransmise en direct sur une dizaine chaînes de radio.

Diverses associations de la Société civile regroupés au sein du  Cercle des  Alternances Maliennes pour l’Emergence « Wati-Sera » dont le coordinateur  régional de Sikasso est  Mahamadou Berthé, ont pris l’initiative d’organiser solennellement dans la capitale du Kenedougou, cette rencontre à l’honneur de Kalfa Sanogo, ancien Président Directeur Général de la CMDT/Holding, en reconnaissance des efforts qu’il a fait pour le développement de la région de Sikasso voire de la nation.

Le Cercle des  Alternances Maliennes pour l’Emergence « Wati-Sera » est une association qui œuvre pour le développement économique, culturel et social également participe dans le cadre de la responsabilisation organisationnelle de base comme l’éducation, la santé et l’emploi mais aussi de la décentralisation en matière d’assainissement, de gestion des ressources naturelles et de la protection de l’environnement au niveau national et international surtout la conduite d’action aide au développement humain et durable.

C’est aux environs de 10h   35minutes que Kalfa Sanogo tout bleu vêtu a été accueilli dans la grande cour où se trouve la salle de spectacle Lamissa Bengaly, icône de la musique malienne. A ses côtés, les anciens ministres Karim Dembélé, Djibril Tangara, Salikou  Sanogo, ses camarades de promotion du collège de Sikasso. Accueilli dans une lièce populaire par ses frères, sœurs et fils, Kalfa a fait le tour d’honneur pour saluer des personnalités présentes dans la salle.

Le bal a été ouvert par le chef des griots de Sikasso, Souleymane Soumano, qui a rappelé les actions posées par Kalfa, mis l’accent sur son dévouement pour le pays, son intégrité morale, sa rigueur, sa solidarité, son amour pour son prochain, sa cité et le Mali entier. Il a invité l’homme à persévérer dans l’effort, le social et la rigueur. Bref un exemple qui doit inspirer les générations montantes. A sa suite, le représentant  du chef des griots de Bamako, Chaka Kouyaté prendra la parole pour transmettre les messages de reconnaissance et de soutien des griots de la capitale malienne à l’illustre fils du terroir.

Le représentant  du chef des griots de Bamako sera à son tour suivi du coordinateur national du CAME, Oumar Coulibaly, alias OC, qui dira à l’entame de son propos que l’association est la voix du peuple.  Il a ensuite souhaité la bienvenue à l’ensemble des délégations présentes à cette cérémonie. Selon lui le Mali n’a plus besoin de nos querelles intestines encore moins des clivages politiques, mais ce pays a surtout besoin de notre union autour des idéaux de ceux-là qui se sacrifient pour la nation en attendant rien en retour. Pour lui, il faut la reconnaissance du mérite pour que le Mali avance.  A l’entendre, rendons à César ce qui lui appartient. OC de préciser que  l’un des combats du CAME est d’œuvrer à inciter les pouvoirs publics à comprendre que la reconnaissance du mérite est un fondement pour la reconstruction nationale. A ses dires, le peuple de Sikasso à travers cette association reconnait en Kalfa des qualités patriotiques, citoyenne et surtout son sens élevé de la reconnaissance de la valeur des autres. Disant merci au parrain, Oumar Coulibaly a fait savoir que ce mot est petit, mais grand de signification.

Après l’intervention du coordinateur national du CAME, la notabilité de Sikasso procédera à la remise d’un trophée à Kalfa Sanogo en guise de reconnaissance.

Au cours de la cérémonie, des personnalités ont fait des témoignages pour saluer les actes posés par Kalfa et invité la génération montante à imiter l’homme. C’est ainsi que tour à tour la parole sera donnée à Salikou Sanogo, porte-parole de l’association des ressortissants de Kapolondougou,  Djibril Tangara, ancien ministre ressortissant de Kignan, Mamadou Moussa Koné, premier maire de Sikasso de l’ère démocratique, Oumar Bassi Sanogo, de la famille Sanogo, non moins fils de Kalfa.

Le clou de l’évènement  a été sans doute le discours de Kalfa, désigné président d’honneur du Cercle des  Alternances Maliennes pour l’Emergence Wati-Sera.

«   Je voudrai tout d’abord rendre grâce à Dieu, le Tout Puissant, le très miséricordieux pour avoir occasionné cette circonstance inédite dans ma vie », c’est par ces mots que l’enfant terrible du Kenedougou a débuté son allocution. Il a aussitôt remercié les uns et les autres pour leur présence à cette cérémonie avant de prier pour le repos  de l’âme de tous ceux qui sont disparus, particulièrement les victimes de la crise du nord. Kalfa a formulé des vœux pour une bonne réussite de l’hivernage. A l’en croire : « vous comprenez aisément toute l’émotion qui est mienne en ces instants. Les mots me manquent pour exprimer les sentiments qui m’abritent aujourd’hui.  Merci  Sikasso, ma famille ! Merci le Mali ma patrie».

Toutefois, Kalfa Sanogo  a indiqué que : «  oui, il s’agit d travail, de contribution au développement de cette terre qui vu naitre ; cette terre grâce à laquelle j’ai grandi et pour laquelle je ne pourrai jamais faire suffisamment de sacrifices pour la récompenser pour ce qu’elle m’a donné. C’est ici que j’ai appris dès mon jeune âge à magnifier le travail, le travail bien fait. C’est bien cette terre qui a forgé en moi le sens de l’honneur et de la dignité. Et ce sont ces valeurs sociétales qui m’ont interdit tout le long de ma vie, où que je me sois trouvé, et qui m’interdisent toujours la trahison, le mensonge, le vol, la délation, la médiocrité sociale, intellectuelle, professionnelle et politique ».

S’adressant  maintenant aux initiateurs de l’événement, l’homme de rigueur a été clair et précis : « c’est simplement vous dire grand merci. Merci à tous les membres de cette structure naissante qui se veut un regroupement citoyen à buts multiples. Qu’on ne s’y méprenne pas ! Votre association n’est pas un nouveau parti politique, comme le craignent certains. De toute façon, c’est connu, je suis membre fondateur d’un parti qui demeure le mien, l’ADEMA. Et ceci, je ne l’ai jamais caché. C’est volontiers que j’accepte d’être Président d’honneur de votre regroupement associatif CAME Wati –Sera. Votre engagement pour une nouvelle vision de notre devenir commun n’a d’égal que votre sens patriotique. Vous aurez donc  tout mon  soutien dans ce noble combat pour  un mieux-être des populations que vous comptez accompagner ».

Pour ce faire,le président d’honneur du CAME Wati-Sera, Kalfa Sanogo  a souligné que le combat pour la construction de la maison commune est permanent.  Pour lui, chacun est interpellé à apporter sa pierre à l’édifice, du mieux qu’il peut afin d’être fier à l’heure de son bilan individuel.

Pour terminer, il dira  d’abord merci à tous pour cette marque inoubliable de considération et de sympathie avant d’affirmer que « je me suis senti votre obligé et je  le resterai le restant de ma vie »

Jean Goïta, envoyé spécial à Sikasso

 

 Mme Sanogo Kadiatou Coulibaly, présidente nationale de l’association Came Wati-Sera :

«  Nous ne voulons plus donner l’occasion aux gens d’insulter nos parents »

 Entrepreneur de son état, Mme  Sanogo Kadiatou Coulibaly, affectueusement appelée « Kadi », est la présidente nationale du  Cercle des Alternatives Maliennes pour l’Emergence qui a décidé d’honorer Kalfa Sanogo. A l’occasion de la cérémonie grandiose tenue dans la cité du Kenedougou, nous lui avons rencontré pour non seulement  savoir les motivations réelles de cette initiative, mais aussi la vision de l’association.

Mme Sanogo Kadiatou Coulibaly
Mme Sanogo Kadiatou Coulibaly

Le Pouce : Quels sont les sentiments qui vous animent et dites-nous pourquoi le choix porté sur Kalfa ?

 MME SANOGO KADIATOU COULIBALY : « Les mots me manquent parce que c’est le staff qui a décidé que Kalfa soit parrain et l’honoré pour tout ce qu’il fait. Même s’il n’était pas mon époux, CAME  allait faire ça. Il le mérite ».

Le Pouce : Peut-on connaitre les grands actes posés par votre association à l’endroit des femmes ?

 MME SANOGO KADIATOU COULIBALY : « Je peux dire que je suis la première qui a fait fêter le 08 mars dans les villages avant que d’autres le  font aujourd’hui. On mobilise les femmes, on essaie de les aider à s’épanouir. Nous nous disons qu’il ne faut pas tout demander à un homme. Nous avons pensé que ça fait  plaire aussi aux hommes quand les femmes les aident. C’est la  raison  pour quelle on a créé CAME ».

Le Pouce : Comment se matérialise cet appui de CAME à l’endroit des femmes ?

 MME SANOGO KADIATOU COULIBALY :  « Souvent, on fait des quêtes et des fois entre nous-mêmes pour mettre l’argent dans les caisses, presque chaque weekend. On essaie de voir dans tel  village ou tel groupe de femmes veulent faire du commerce. On les donne de l’argent sous forme de prêt. Puis après, elles remboursent. On reprend le scénario avec d’autres femmes.  Il y a d’autres qui disent qu’elles ne vont pas faire du commerce. D’autres expriment des besoins de centres de santé. Nous n’avons pas de salles de santé, mais on essaie de faire ce qu’on peut faire avec nos petits moyens ».

Le Pouce : En créant le CAME, quels sont les objectifs que vous visez en tant que femmes ?

MME SANOGO KADIATOU COULIBALY : « On a créé le CAME afin que les femmes puissent  s’épanouir. C’est faire en sorte que les femmes puissent se défendre pour ne pas toujours restées les dernières. Mon grand –père me disait qu’on ne veut pas la parole  aux femmes en Afrique. Mais quand les grands hommes se retrouvent quelque part, ils se disent que la finalité est que la nuit porte conseil. Arrivée à la maison, chacun sollicite l’avis de sa femme afin de prendre sa décision personnelle.  Tout  cela pour dire que la femme a sa place à jouer dans le développement de la nation. Etre femme n’est pas une fatalité, ni une humiliation. CAME invite toutes les femmes à envoyer des idées pour trouver les voies et moyens pour aider nos enfants. C’est difficile d’attendre tout de l’Etat. L’Etat ne peut pas tout faire. Par exemple, l’Etat ne peut pas aller dans tous  les villages pour nettoyer. Si on prend des initiatives de développement,  je pense qu’on va beaucoup aider l’Etat. Ça fait partie de nos projets. On a déjà commencé cette activité au niveau des villages. Chaque vendredi, les femmes nettoient. »

Le Pouce : Le CAME a-t-il une vision politique ?

 MME SANOGO KADIATOU COULIBALY : «  L’homme propose, Dieu dispose, mais la femme avec ses qualités s’imposent. Pour le moment, nous ne  le pensons pas. C’est une association apolitique. Mais  nous voulons rester auprès des politiciens pour leur dire non et oui ; parce que nous  sommes fatigués de prendre les T-SIRT, et les marmites. Nous ne voulons plus donner l’occasion aux gens d’insulter nos parents. Aucune  femme sur cette terre ne va dans un foyer si sa mère ne lui donne pas  des marmites. On flatte nos enfants avec les t-shirts et après les écoles, ils sont assis à la maison à ne rien faire. Nous voulons nous battre pour mettre fin à cette pratique et changer la vision de nos enfants sans passer par un bureau. Tout le monde ne peut aller dans un bureau. Il n’ya pas de sous-métier ».

Le Pouce : Parlez-nous de l’implantation de votre association ?

MME SANOGO KADIATOU COULIBALY : « Le Cercle des Alternatives Maliennes pour l’Emergence est partout au Mali. Nous avons des cellules un peu partout. Même hors du Mali, on a des cellules, comme au Burkina-Faso, à Paris, en Italie, en Angleterre, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, aux Etats-Unis. Je ne peux vous dire aujourd’hui exactement le nombre de membres. Vous voyez la salle. A titre estimatif, je peux vous dire de l’intérieur à l’extérieur nous sommes plus de dix mille adhérents, femmes, hommes et enfants »

Entretien réalisé par  jean Goïta

 

Hommage à Kalfa Sanogo

Ils ont dit…

 

SOULEYMANE SOUMANO, CHEF DES GRIOTS DE LAZ REGION DE SIKASSO p4

« Parler des œuvres de Kalfa, c’est limiter la grandeur de son patriotisme »

 

Le chef des griots de la capitale de la troisième région du Mali, Souleymane Soumano estime que Kalfa Sanogo fait partie des dignes fils du pays qui doivent être honorés pour leur amour pour la patrie. Il nous livre son témoignage à l’accueil depuis le village de Flazambougou.

Souleymane Soumano
Souleymane Soumano

Le Pouce : Que retenez-vous de Kalfa ?

Souleymane Soumano : « J’ai connu Kalfa quand il venait juste à la CMDT. A son arrivée dans ce service, j’ai vu  et compris que Kalfa est un cadre valable, un travailleur consciencieux et discipliné qui aime son pays et sa famille. Socialement parlant, ce monsieur n’a rien à se reprocher. Il a pris des dispositions la fibre qui sort de l’usine ne puisse pas impacter négativement sur la santé des populations riveraines. Grâce à lui, aussi, les familles qui sont avoisinées à l’usine ont été protégées. Leurs fenêtres ne sont plus fermées à cause de la poussière provenant du passage des véhicules. Avant, il était impossible de manger dans la cour de sa maison à cause de la poussière. C’est Kalfa  qui a mis fin à cela en mettant le goudron sur le tronçon. En son temps, c’était inimaginable. Depuis, on circule à l’aise,on cause dans sa cour sans s’inquiéter de la poussière. Même au niveau de l’hôpital l’homme a fait de sorte que la poussière ne puisse plus être un obstacle aux efforts consentis dans la structure sanitaire. Là aussi, il a intervenu auprès du ministre Koumaré pour la faisabilité du goudron afin de permettre à l’hôpital de répondre aux besoins. Parler des œuvres de Kalfa, c’est limiter la grandeur de son patriotisme. Je pense qu’aujourd’hui, les populations sont tout à fait d       ans leur droit d’exprimer leur reconnaissance à ce digne fils du Mali. Tout Sikasso parle bien de Kalfa. Ce privilège n’est pas donné à tous dans la région. La reconnaissance du travail bien fait se mérite. Dans le cadre du mois de la solidarité, c’est Kalfa qui met la main dans sa poche pour voler au secours des personnes âgées. Kalfa fait d’autres actions de bonnes volontés que les gens ne  peuvent tout savoir en raison de son humilité et de sa sagesse. Beaucoup parle de lui sans savoir réellement qui il est et ce dont il est capable de faire ».

 

MME DIALLO SALIMATA OUATTARA, ressortissante de Sikasso, présidente de l’association des anciens élèves du lycée Didier De Monclos de Sikasso

«  On ne doit pas attendre la disparition de quelqu’un pour lui rendre hommage ».

« Kalfa est allé me voir pour me dire que Sikasso a décidé de lui rendre hommage le samedi 25 juin. J’ai promis à Kalfa que je serai aux premières loges pour lui témoigner toute la reconnaissance d’une fille de Sikasso  pour les actions qu’il a menées non pas seulement au niveau du cercle de Sikasso, mais  également au niveau de toute la 3ème région et  aussi ce qu’il fait pour les ressortissants de Sikasso à Bamako. Beaucoup de gens ont parlé aujourd’hui de ce que Kalfa a fait pour Sikasso, mais mon témoignage va concerner tout ce qu’il fait tous les jours au quotidien pour les ressortissants de Sikasso installés à Bamako. Je le témoigne aujourd’hui, parce que je suis actrice vivante de tout ce qui concerne Sikasso. Je peux vous que  dire, depuis que  j’’ai connu Kalfa, il s’est toujours levé pour resoudre les problèmes de tout ressortissant de Sikasso qui se présente à lui pour lui faire part de ses  préoccupations. Et, je suis témoin de ça. Chaque fois, je me rends chez  lui pour échanger sur le devenir, le développement et les préoccupations  de Sikasso. Kalfa a toujours répondu présent. Il a toujours dit, Salimata, je suis là, si vous avez des problèmes, venez me voir. IL a toujours apporté son soutien à ceux qui viennent le voir pour solliciter son aide dans l’organisation de leur manifestation  de mariage, de décès et autre. Il prend en charge les frais concernant cette cérémonie. Il faut reconnaitre que Kalfa a toujours répondu présent quand il s’agit de Sikasso. Je me rappelle quand il y a eu la biennale du cinquantenaire à Sikasso, Kalfa était au premier rang. Il a accompagné pas en  pas l’organisation de cette biennale. En plus, je suis présidente de l’association des anciens élèves du lycée Didier De Monclos de Sikasso. Quand on a  créé l’association, je suis allée le voir. Et depuis ce jour jusqu’en 2012, Kalfa nous a accompagnés. Actuellement que nos activités sont au ralenti. A chaque que nous menions une activité à Sikasso, Kalfa voyageait de Bamako pour venir nous appuyer. Il contribuait aussi financièrement, intellectuellement à la réalisation de nos projets. Ça, je ne peux pas l’oublier. II en a tellement fait la ville et la région de Sikasso. Quand, il a occupé le poste de président directeur général de la CMDT, tout le monde a vu l’amélioration qu’il y a eu dans la vie même de Sikasso. Avant à cause la fibre de coton et la poussière qui rentraient partout, les  gens ne pouvaient même pas manger dans leur cour. Il faut lui reconnaitre ce bien fait. C’est lui qui a arrêté tout ça. Il y a beaucoup de PDG qui sont passés ici, mais c’est seulement avec Kalfa que ce problème a été résolu. Brièvement, Kalfa était la cheville ouvrière dans le développement de la cité, même si d’autres en ont fait également. Je suis témoin de ça, car j’ai aussi le souci de ma ville. C’est  lui qui coordonne et rassemble tout le monde. Je vais vous dire une chose, il n’est donné à tous la chance de prendre dans son cœur la vie même de la région et des citoyens. Par exemple, lorsqu’un événement concerne n’importe quel ressortissant de la région, c’est lui qui envoie les SMS à tous les cadres et ressortissants qu’il connait. C’est lui qui envoie régulièrement les nouvelles aux gens. Cette chance n’est pas donnée à tout cadre. Il pouvait dire que cela n’est pas son travail compte tenu du  grade qu’il occupe dans l’administration. Il pouvait aussi  dire qu’il  ya d’autres cadres plus jeunes et moins gradés que lui, qui devraient s’occuper de ça. Je suis excessivement  très satisfaite de cette reconnaissance de mérite initiée à son égard. Et j’espère que ce qui vient de commencer puisse être perpétué. On ne doit pas attendre la disparition de quelqu’un pour lui rendre hommage ».

 

ABDOULAYE DOLO,  ANCIEN DGA  DE LA CMDT

« Je n’ai pas vu un PDG travailleur, rigoureux et qui aime le travail bien fait comme Kalfa »

Abdoulaye Dolo
Abdoulaye Dolo

« Merci beaucoup,  c’est des rapports de très longues dates. D’abord, Kalfa est un professeur à moi. Il m’a enseigné il y a 41 ans à l’école supérieure à l’IPR. Au niveau professionnel, j’ai fait 18 ans à la CMDT à Sikasso. Et le hasard a fait que Kalfa  a été mon PDG au niveau de la direction générale de la CMDT. J’ai trouvé un homme de valeur, un homme soucieux du travail bien fait. Et c’est ce travail bien fait qui nous a unis. C’est pourquoi, je suis là aujourd’hui pour le soutenir et pour manifester mon intérêt pour tout ce qu’il fait à la CMDT lors de son séjour. Moi, je suis à la CMDT depuis 1980. Durant 36 ans, j’ai vu passer tous les PDG, mais je n’ai pas vu un PDG travailleur, rigoureux et qui aime le travail bien fait comme Kalfa. Je n’ai pas vu un PDG qui a soulagé l’ensemble des travailleurs de la CMDT tant dans les actions sociales que professionnelles. Le fait d’augmenter l’indice salariale  et le pourcentage des  travailleurs, et surtout  favoriser  l’embauche  de façon permanente des saisonniers qui après 10, 15 à 20 ans de service devraient arrêter, constituent  des actions largement suffisantes pour venir soutenir Kalfa »

 Propos recueillis par jean Goïta

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