Mamadou Baba Diawara nous écrit : Je ne suis pas le sphinx comme le laissait entendre le journal « Le CHALLENGER »

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De son exil forcé parisien, l’ancien Pdg de la très polémique Banque de l’Habitat du Mali, nous a fait parvenir cette réaction à l’un de nos articles récents intitulé ‘’Et si notre homme était le Sphinx ?’’. Nous le publions in extenso.

Pourquoi je ne peux être  le Sphinx :

C’est avec beaucoup de sérénité que j’ai lu sur le net une allusion qu’un « banquier » serait le sphinx et c’est écrit de telle manière qu’on n’en déduit que c’est Diawara le sphinx. Je n’ai pas une telle capacité de nuisance et mes relations avec ATT, sa famille et son entourage sont telles que je n’aurai jamais imaginé un seul instant qu’on puisse écrire une telle chose, contre les representants légitimes du Mali. ATT est un grand frère à moi et dans la région de Mopti, les aînés appellent affectueusement « petit frère » leurs cadets même s’ils ne sont pas de la même famille. C’est une tradition locale qui d’ailleurs n’est pas propre à Mopti.

2)    Dans l’ouvrage, «Le Sphinx», page 47, il est écrit que ATT et son épouse ont eu une dette rachetée par le PDG Diawara, cette information n’est pas secrète, le couple présidentiel lui-même a fait état de cette information à plusieurs de leurs amis et je pense aussi que cette information avait à l’époque fait l’objet de publication dans la presse locale. ATT n’était pas Président. Ceci aussi prouve que le Président ATT est propre et ne s’était pas enrichi pendant qu’il avait assumé les rennes du pays pendant 13 mois. Comme tout citoyen, il lui était loisible de rechercher un réaménagement des conditions de remboursement de son crédit. Une banque commerciale comme la BMCD ne pouvait lui offrir les conditions de remboursement sur une longue période, mais la Banque de l’Habitat pouvait le faire. Et c’est la raison pour laquelle ATT, à l’époque simple citoyen, s’était tourné vers la BHM, comme l’ont fait plusieurs citoyens dont des PDG de banque de la place. 

3)    «Le Sphinx» ne sait pas si ATT a remboursé sa dette, et il ne sait pas si par exemple le Vérificateur a  remboursé sa dette ou pas.

4)    Moi, je le sais, le Président a mis un point d’honneur à rembourser sa dette : au moment où je quittais la banque,  ATT ne devait pas d’argent à la BHM. D’autre part, en donnant le bon exemple, le Président a demandé à tous ses amis, qui seraient endettés vis-à-vis de la BHM, d’honorer impérativement le remboursement de leurs échéances. Ce n’est pas dans sa nature de protéger ceux qui doivent de l’argent aux banques, même si les personnes concernées sont ses proches.

5)    Par ailleurs, à ma connaissance, le Vérificateur ne s’est jamais endetté quand j’étais PDG, la banque lui devait plutôt de l’argent pour la mission d’assistance que nous lui avions confiée en tant qu’expert comptable expérimenté en contrôle bancaire. Nous n’avions rien à cacher lorsque le rapport de Commission bancaire est tombé, c’est à lui que nous avions remis une copie pour aider la BHM à corriger les insuffisances.

 Ceci s’est passé lorsque Sidi Sosso DIARRA n’était pas encore Vérificateur général.

Quant à Mali Univers et Ifa Baco, ce sont des entreprises de promotions immobilières qui sont clientes de la banque. Leur stock de dettes a en face des actifs immobiliers en cours de commercialisation et de production. La commercialisation des logements financés se traduit progressivement par un apurement de leurs comptes débiteurs dans les livres de la BHM et leur endettement est revolving, les opérations étant enregistrées dans un compte courant dont le solde n’est exigible qu’en cas de clôture définitive de leurs transactions avec la banque. C’est pourquoi en ce qui les concerne, il faut relativiser le montant de leurs dettes vis-à-vis de la BHM.  S’agissant du marché de Mopti, Monsieur SAIDI le finance sur ses ressources propres. C’est la raison pour laquelle, les travaux accusent un retard dans leur achèvement. Le mécanisme qui avait permis de construire les halles de Bamako par la précommercialisation des places n’a pas fonctionné à Mopti, conduisant l’entreprise à faire des efforts de trésorerie propres.

Ce qui n’est pas facile lorsqu’il s’agit d’investissement évalué à plusieurs milliards. Le fait de dire que c’est ATT qui a donné la construction du marché à monsieur SAIDI doit être relativisé parce que tout simplement le financement n’est pas public, il ne vient pas non plus de la banque. A mon avis, s’il existe d’autres mécènes, ils peuvent décider de faire construire des HOPITAUX, des écoles et autres infrastructures d’intérêt public. Ce genre d’actions ne répond  pas au critère d’attribution des marchés publics.

Quant au dossier de MODIBO KANE KIDA, RFI avait trouvé une formule imagée pour expliquer le traquenard dans lequel le PDG SYLLA était tombé, et la sanction de sa relève n’avait pas un caractère politique, tout le monde en convient.

Je ne commente pas les autres contenus du livre qui sont de la responsabilité de ceux qui l’ont écrit, mais ma position de cadre de banque appelle beaucoup de réserve de ma part et c’est la discrétion qui caractérise mes relations avec mes supérieurs d’où qu’ils viennent, a fortiori les responsables de la République.

6)    Ma religion et mon éducation ne me permettent pas de dire du mal des gens dans n’importe quel langage, mais surtout sur ATT qui me considère affectueusement comme son frère. Son épouse LOBBO a beaucoup d’estime pour moi et mes relations avec la famille sont plus anciennes que leur arrivée au pouvoir. Nous sommes au mois de Ramadan, et tous les ans je fais la petite OUMRA à la Mecque : je jure la main sur le coran que je n’ai  jamais participé de loin ou de près à la confection de quelque ouvrage que ce soit contre la République et ses représentants. Que SORY HAIDARA donne sa source et désigne les autres commanditaires qu’il dit connaître. La nation lui sera reconnaissante.

7)    Sans être régionaliste, la réussite de ATT est d’abord celle des ressortissants de Mopti, et donc de nous tous SORY, et je sais par intime conviction que le Président aussi le ressent comme tel.

8)    Un jour peut-être, on saura qui est «Le Sphinx» même si c’est dans  20 ans, et on s’aura que le fils de BABA DIAWARA, MAMADOU BABA DIAWARA,  n’a jamais  participé de près ou de loin  à la rédaction d’un tel ouvrage. Jamais le désir d’accéder à un pouvoir quelconque ne me conduira à une telle extrémité, car le pouvoir passe et seules demeurent les relations humaines.

9)    On peut ne pas aimer DIAWARA, mais nul ne peut dire que j’ai un comportement déloyal.  Cela ne me ressemble pas.  Dieu est l’arbitre suprême, ne l’oubliez jamais. Après avoir quitté la BHM, je me suis installé à Paris pour ne pas gêner les responsables de banque et ne pas être mêlé d’aucune façon à la production de rumeur malsaine ; mais rien n’y fait, on n’échappe pas à une vindicte. «CE QUE LES HOMMES NE FONT PAS, LE TEMPS LE FAIT ». On sait aujourd’hui que je ne suis pas propriétaire de la deuxième Agence BHM de Paris comme certains journaux l’avaient écrit, après vérification. Mais qui s’en soucie ? A mon avis, les journalistes, quelles que soient leurs motivations, se doivent de ne pas salir l’honneur des gens, ni bafouer leur dignité. Il y’a assurément un DIEU pour tous.

MAMADOU BABA DIAWARA, ex-PDG de la BHM.

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