Forum de Kayes sur la sécurité : Les acteurs se prononcent

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La crise du nord a dominé les débats lors du forum de Kayes tenu du 1er au 2 Février 2012.Ils étaient venus de la sous région, de toutes les régions du Mali à ce forum organisé par l’assemblée nationale en collaboration avec le Haut conseil des collectivités. Financé par la coopération Suisse, ce forum a vu la participation de plus de 200 participants. Les litiges fonciers transfrontaliers, la paix et la sécurité ont été discutés mais les événements récents ont dominé les débats.

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Quelles leçons peut-on tirer de ce forum qui s’est tenu sur les problèmes fonciers, à un moment où la paix et la sécurité sont menacées dans notre pays ?

* Issa Ongoïba, ancien ministre 

Dans la pratique de tous les jours, il faut une application.  Napoléon disait «  qu’il faut qu’une chose soit faite pour qu’on avoue y avoir pensé ». Vingt ans de décentralisation, vingt ans de non délimitation amène beaucoup de problèmes. Pour moi,  la délimitation des communes est une priorité pour éviter beaucoup de problèmes. Avec les états voisins, il faut qu’il y ait des entretiens périodiques.

* Madame Maïga Fatim Maïga, ONG  Association des femmes initiatrices de paix(AFIP)

Je pense que le forum a été une très bonne chose car il a regroupé toutes les sensibilités. Il est venu à point nommé. Les gens ont été bien informés sur toutes les tensions au niveau de toutes nos frontières. Il faut féliciter l’assemblée nationale, les organisateurs du forum. Il a coïncidé avec un moment difficile dans le nord de notre pays. Des résolutions pertinentes ont été  prises et un appel à la paix a été fait. Je pense qu’il y aura un suivi de tous les acteurs.

* Abdoulaye Touré, préfet à Bafoulabé

Nous souhaiterions que ces résolutions puissent faire l’objet d’une appropriation des populations à la base mais aussi de l’exécutif. Ce forum a été une bonne chose car toutes les sensibilités socioprofessionnelles y étaient représentées.

* Mahamadou Maïga, gouverneur de Kayes.

C’est un forum qui vient à point nommé par rapport à tous les conflits que nous gérons administrativement de façon consensuelle avec les populations, les autorités locales et d’autres qui vont à la justice, certains problèmes transfrontaliers qui trouvent leurs solutions entre notabilités et sages. Nous sommes certains que ces recommandations vont être un document de base, parce que toutes les couches ont été représentées et les débats ont été francs et directs, des propositions concrètes ont été  faites. D’autre part, la communication est très importante et nous espérons que chaque participant sera un porte-parole de ce forum, un messager. Certes les conflits ont des causes diverses, sont  de différentes sources mais un des éléments les plus importants reste le dialogue, la concertation. Notre souhait est de faire tourner ce forum après Mopti en 2008, Kayes 2012, pour que  tout le monde se sente concerné dans la gestion des conflits. Enfin nous souhaitons que l’appel de Kayes soit entendu.

* Madame Gariko Fadimata, ONG Chet Aguena à Kidal

C’est lors de ce forum que j’ai appris que Kayes a des frontières qui ne sont pas encore délimitées. Ceci, à mes yeux, est un risque. N’eut été la sagesse des gens d’ici cela allait être très difficile encore pour notre pays. J’ai vu que les communicateurs traditionnels jouent un grand rôle ici. Je pense qu’il faut mettre ces chefs traditionnels dans leurs droits car ceci est un héritage culturel. Toutes les dérives constatées aujourd’hui, c’est parce que nous sommes allés au delà de notre culture. Aussi, il y a des textes pour chaque type de conflit. Je pense que les gouvernants doivent appliquer ces textes.

* Dr Mamby Traoré, 1er questeur du Haut Conseil des collectivités

Ce forum été un cadre de dialogue d’un niveau qui peut permettre de discuter de la paix. Le problème a été bien campé et il y a eu de bonnes contributions. Nous avons besoin de paix actuellement. Le pays est dans une année électorale, le problème du nord aussi. Il ne faut pas que la passion prime sur la raison. La différence culturelle est une chance, une source d’enrichissement.  Chaque fois qu’il y a une crise, c’est une opportunité pour nous de faire le diagnostic en engageant le dialogue. Les armes n’ont jamais résolu un problème. Depuis la 1ère République jusque là c’est le même problème qui devient récurrent. Quand des jeunes évoquent des problèmes de 50 ans c’est qu’il y a des gens derrières eux. Nous devons aller au dialogue surtout qu’on a mis l’accent sur la décentralisation. Et, du point de vue conception de la décentralisation, les populations sont en avance. Cette décentralisation est un processus.  Avec les reformes proposées aujourd’hui, je pense que les populations auront beaucoup de  pouvoir.

Réalisé par Fakara FAINKE, envoyé spécial.

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.