La SAVAMA-DCI au secours des bibliothèques de manuscrits de Tombouctou : Le grand imam de Tombouctou témoigne 

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Suite à la dégradation des bâtiments de certaines bibliothèques de manuscrits de Tombouctou, la SAVAMA-DCI (Sauvegarde et la Valorisation des Manuscrits pour la Défense de la Culture Islamique) a entrepris un vaste travail de rénovation de ces garderies d’un des importants pans de l’histoire moyenâgeuse du Mali. Ainsi, la bibliothèque de manuscrits Imam Essayouti est en chantier. Nous nous sommes entretenus avec son promoteur, monsieur Abdramane Ben Essayouti qui est par ailleurs l’imam de la plus grande mosquée de Tombouctou, Djingarey ber.

Dans l’entretien qui suit, monsieur Essayouti a d’abord parlé de l’importance des manuscrits en général avant de parler des manuscrits de sa bibliothèque pour en fin expliquer les circonstances de la dégradation du bâtiment de sa bibliothèque et sa rénovation par l’ONG SAVAMA-DCI. Lisez !

Lafia Révélateur : Bonjour monsieur, pouvez-vous vous présenter et en même temps votre structure ?
Essayouti:
je m’appelle Abdramana Ben Essayouti. Je suis le promoteur de la bibliothèque Imam Ben Essayoutti.

Lafia Révélateur : Est-ce que nous pouvons savoir quels sont les documents que vous gardez dans votre bibliothèque.
Essayouti:
c’est une bibliothèque de manuscrits, de beaucoup de manuscrits. Nous avons au moins 6OOO manuscrits. Ils sont de toutes les disciplines. Nous avons des manuscrits sur : l’histoire, l’astronomie, la philosophie …Bref, nous avons des manuscrits sur tous les ordres de l’enseignement, nous en avons qui datte du 11 Siècle.

Lafia Révélateur: Pouvez- vous nous dire quelle est l’importance de ces documents pour Tombouctou ?
Essayouti 
: cette bibliothèque est d’une importance capitale pour Tombouctou. Savez vous que c’est tout dernièrement que les maliens ont compris l’importance des manuscrits. Avant c’était le contraire. Des hommes quittaient au Niger, payer nos manuscrits à un prix bas et les emportaient. Nous nous sommes réveillés un peu tard car beaucoup de nos documents se trouvent dans les mains d’autres personnes, beaucoup de tombouctiens ont été dépossédées de leurs manuscrits. Aujourd’hui nous avons compris que nous pouvons posséder nos propres bibliothèques. Nous avons compris aussi que ces manuscrits constituent pour nous un trésor inestimable.

Il est vrai que le centre Ahmed Baba est là mais chaque famille a actuellement ses propres documents qu’elle préfère garder au lieu de les mettre dans les mains d’autres personnes. C’est pourquoi aujourd’hui, presque toutes les grandes familles détiennent des documents et ils sont entrain de construire leurs propres bibliothèques pour mieux conserver leurs manuscrits.                                

Lafia Révélateur: En ce qui concerne la construction des bibliothèques à Tombouctou, nous avons vu actuellement que la votre est en chantier, pouvez vous nous dire comment vous arriver à financer ces travaux ?
Essayouti:
évidement notre bibliothèque a été victime d’un mauvais travaille entrepris par la société SGM qui a fait l’assainissement. Ils ont un regard sous le mur et ce regard a mal fonctionné, toutes les eaux usées descendaient dans la fondation, un beau jour, nous avons remarqué que tous les murs étaient fissurés. C’est là que nous avons appelé le maçon, il nous a fait savoir que nous devons faire tomber les murs le plus rapidement possible, si non ils vont s’écroulé d’eux même. Nous n’avions pas les moyens c’est pourquoi nous avons sollicité le secours de la SAVAMA- DCI qui a accepté de nous chercher des partenaires. Bref, les travaux que vous voyez entrain de se faire sont l’œuvre de la SAVAMA DCI.

Lafia Révélateur: Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des populations de Tombouctou ?
Essayouti
: je demande aux gens de conserver leurs manuscrits avec beaucoup de jalousie puisque chaque fois qu’un papier se perd, c’est comme l’histoire de Tombouctou se perd. IL faut que les gens comprennent cela et que chacun garde avec jalousie ces manuscrits et les protéger parce qu’il ne suffit pas d’avoir ces manuscrits en sa possession mais il faut savoir les garder, les conserver. 

Entretien réalisé par Oumar Barak

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