Plaine de San ouest : Les rates incessants de la station de pompage

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Plaine de San ouest : Les rates incessants de la station de pompageLe périmètre connaît des difficultés d’exploitation dues en partie à l’insuffisance d’irrigation 

Le ministre du Développement rural, le Dr Bocari Tréta, s’est entretenu samedi avec les responsables de l’Association des riziculteurs de la plaine aménagée de San ouest (ARPASO) avant de visiter le site de la station de pompage du périmètre.

La rencontre avec les responsables de l’ARPASO était destinée à examiner le rapport que l’Association avait envoyé au Premier ministre pour se plaindre du manque d’appui financier aux producteurs de la zone. Dans ce rapport, les responsables de l’ARPASO critiquent sur ce qu’ils considèrent comme un manque d’engagement financier du département de tutelle à l’endroit des paysans de la zone face aux difficultés d’irrigation occasionnées par la défaillance de la station de pompage du périmètre. La plaine de San ouest est entrée en service depuis les années 70 sous la houlette de l’ancienne Opération riz qui a passé le relais à la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) dans les années 80.

Au moment où la plaine était dans le portefeuille de la CMDT, les paysans ne rencontraient pas de difficultés d’irrigation car la structure d’encadrement était chargée d’assurer le fonctionnement correct de la station de pompage. Mais avec le désengagement de la CMDT et la reprise en mains par l’ARPASO, les problèmes d’irrigation du périmètre ont commencé. Les pompes essoufflées par de longues années (plus de 40 ans) de service ne pouvaient plus assurer correctement le service normal de l’eau.

Le gouvernement et certains partenaires, comme Lux Développement, étaient venus au secours des exploitants en renouvelant les pompes et en installant à la demande des paysans un groupe électrogène qui a été surexploité. Lux Développement a même aménagé des parcelles supplémentaires en maîtrise totale de l’eau. ARPASO avait sollicité et obtenu le branchement de la station de pompage au réseau électrique d’EDM-SA. Mais l’Association n’arrivait pas à honorer les factures et les impayés s’accumulaient. Comme ultime solution, ARPASO réclame la connexion de la station de pompage à un réseau de panneaux photovoltaïques qui fournira l’énergie indispensable au fonctionnement des pompes.

Cette solution s’est avérée coûteuse pour le département et la situation financière difficile du pays n’a pas facilité la satisfaction de cette doléance.

Malgré les nombreux appuis financiers apportés par le gouvernement et Lux Développement pour l’achat d’engrais, la collecte de la redevance eau pour assurer les entretiens courants et périodiques des réseaux laisse à désirer. Le ministre Tréta a requis un audit financier, organisationnel et technique de l’Association pour comprendre la gestion des ressources allouées. L’Etat ne pourra pas intervenir tous les ans sur le périmètre de San dans un contexte de ressources limitées et insuffisantes. Que chaque acteur (maire, conseil de cercle et association) prenne ses responsabilités, a préconisé Bocari Tréta.

Le Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS) qui intervient dans la zone de San pourra résoudre les difficultés d’irrigation que connaît le périmètre, a estimé le ministre.

Bocari Tréta était dimanche au seuil de Talo, premier ouvrage réalisé sur le fleuve Bani. Inauguré en 2007, il permet de mettre en valeur les immenses plaines de son rayon d’irrigation, dont San fait partie.

Le seuil de Talo qui a coûté plus de 8 milliards Fcfa permet de relever la cote du plan d’eau en période de crue, afin d’irriguer 20.000 hectares dans les cercles de Bla et San, de maintenir un débit permanent en saison sèche capable de satisfaire aux besoins des usagers en aval dans les cercles de San et de Djenné. Le seuil de Talo et celui de Djenné (en chantier) fonctionneront de façon complémentaire. Le gouvernement a crée une Agence de la zone du moyen Bani pour assurer un développement harmonieux et durable de la zone.

M. C.

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