Tenenkou : Des soucis pour l’office riz Mopti

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Les arriérés de paiement de la redevance eau atteignent des millions de Fcfa.

L’agriculture, dans la zone inondée de la région de Mopti, occupe environ 80% de la population dont 70% sont jeunes. Cette grande superficie est arrosée par deux bras du fleuve Niger, le Bani et le Dia Ka. Ces terres sont affectées à l’Office Riz Mopti (ORM). Ce service propose et exécute tous les projets et programmes pour la promotion de la filière riz. Il initie des actions de développement rural intégré pour réduire le chômage des jeunes, l’exode rural, la pauvreté, les maladies, la précarité. Ce programme est conçu pour éradiquer l’insécurité alimentaire. L’ORM a réalisé 91% de ses objectifs de production en 2010-2011. Cet exploit a amené les responsables à placer la barre plus haut pour l’atteinte des objectifs d’emblavure de la présente campagne. Hélas ! L’ORM qui couvre quatre grandes zones d’interventions (Mopti-Nord, Mopti-Sud, Sofara, Dia ka) reparties en 16 casiers rizicoles, est aujourd’hui confronté a de sérieuses difficultés. Le recouvrement des redevances en eau auprès des exploitants des casiers agricoles pour réaliser pleinement ses ambitions a été a connu des difficultés.

Le paysan reçoit de l’eau dans son champ pour la culture du riz. Selon les textes l’Etat est propriétaire des terres. Il aménage le sol à travers l’ORM. Le paysan paie à l’Etat 13 600 Fcfa/ha en fin de campagne pour rembourser les frais d’aménagement des périmètres irrigués. Cette somme forfaitaire qui doit être versée à chaque fin de campagne en espèces est « la redevance eau ». Son paiement n’est pas lié seulement à la production. L’ORM consent aussi des exonérations en cas de mauvaise récolte. Dans la zone du « Dia ka » les riziculteurs payent de moins en moins les redevances. Les arriérés s’entassent chaque année. Les montants des impayés atteignent des millions de francs. Ce déficit de recouvrement donne des soucis aux gestionnaires des ressources financières de l’ORM. Le « Dia ka », dans le cercle de Tenenkou, est un grand périmètre de l’Office. Avec 1770 ha, il talonne en superficie le casier de Tenenkou, le plus gros des casiers avec 4600 ha. La zone de « Dia ka » s’acquitte très mal de ses redevances. La seule campagne 2010-2011 en est l’illustration : sur une émission totale de 24 928 800 Fcfa, il reste à recouvrer encore 10 812 450 Fcfa, soit 43,38% d’impayés, à la date du 30 septembre 2011. Il est urgent d’inverser la tendance. Il faut relever le défi et mettre fin à l’incivisme des paysans. C’est dans cette optique que le nouveau directeur général Zakaria Camara, a initié une mission d’information et de sensibilisation à l’endroit des producteurs. Il a mobilisé toutes les structures d’intervention.

La délégation de l’office était conduite par le chef de la DAF de l’ORM, Issa Sanogo. Elle comprenait aussi Demba Fassou Diarra contrôleur de gestion interne, Baladji Traoré chef du personnel, Sékou Diall le secrétaire général du syndicat. Cette délégation a sillonné toutes les zones. Tenenkou a été la dernière étape dans la zone du « Dia ka ». Les échanges ont porté sur la nécessité d’en finir avec les impayés de la redevance eau, de mettre un terme au grand retard de payement, et spécialement encaisser tous les impayés de la campagne 2010-2011. Les émissaires ont tenu deux réunions autour de ce sujet important de redevance à Tenenkou et à Dia. Ils avaient réuni autour d’eux les responsables des associations villageoises de production (AV), les délégués des paysans, les comités de gestion des casiers et périmètres, les services d’encadrement technique. MAUVAISES RECOLTES. Beaucoup de problèmes ont été soulignés par les producteurs. La faiblesse des revenus, l’insuffisance des pluies et de la crue cette année augurent des mauvaises récoltes au niveau des casiers. Doléance principale des paysans : alléger le poids des charges en leur distribuant des semences pour démarrer sous de bons auspices la campagne prochaine. Selon le responsable de zone du « Dia ka », Mamadou Ballo et le chef du casier de Tenenkou Mohamed Maïga, les paysans n’entretiennent pas correctement leurs parcelles

. Le bon rendement de tout champ est lié au respect du calendrier agricole de campagne. Cet itinéraire agricole doit être rigoureusement respecté. Il s’agit aussi de suivre correctement le paquet technique agricole. Ce programme conjugue l’utilisation correcte des herbicides, des engrais organiques, du labour, des semences de bonne qualité, des engrais chimiques, du désherbage, du 2è épandage d’engrais, de l’épandage de l’urée dans l’eau en deux fractions. Le problème de redevance ne devrait pas se poser avec acuité si les récoltes sont bonnes. En effet en submersion contrôlée, c’est-à-dire dans les casiers, le rendement est de 2,675/ha. Le chef de casier précise qu’il y a aussi un manque de volonté de payement de ces taxes. Mohamed Maïga a rappelé aux paysans que pour bénéficier des fonds de l’ORM, ils doivent être réguliers dans le payement des redevances. Cette année Tenenkou a pu bénéficier de l’herbicide subventionné par l’ORM et Dia a reçu 10 tonnes de semences parce que d’autres se sont acquittés de la redevance eau. Elle sert à payer les contractuels de l’ORM qui constituent à près de 50% du personnel. Les travaux d’entretien des canaux et digues des casiers sont effectués sur les ressources générées par le recouvrement de la redevance eau. La survie de l’ORM dépend du paiement régulier de ces redevances. Issa Sanogo a demandé aux paysans de fournir des efforts malgré les difficultés du moment. Les comités de gestion sont satisfaits et se sont déclarés largement outillés à l’issue des échanges au cours de ces forums. Ils se sont engagés à informer à la base tous les exploitants pour faire rentrer tous les arriérés dus à l’ORM.

 

 

 

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