Aménagement hydroagricole en zone Office du Niger Touraba ou la solution à une triple équation

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Dans le cadre de l’UEMOA, un projet régional de mise en valeur des terres a été initié en zone Office du Niger. C’est pourquoi, un décret a été pris, le 23 avril 2007 en Conseil des ministres, afin d’attribuer 11 288 ha à l’UEMOA dans la zone de production du Kouroumari répartie entre les casiers de Touraba qui font 2 174 ha et ceux de Kandiourou qui font 9 114 ha.  De grands projets d’aménagements hydroagricoles, comme celui d’Alatona avec le MCC et Malibya, qui vont permettre au Mali d’atteindre la souveraineté alimentaire et de devenir réellement le grenier de l’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs. Un objectif que l’Office du Niger s’était fixé à sa création le 5 janvier 1932. En prélude à la visite du président de la République pour le lancement de ces grands travaux d’aménagement hydroagricole, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du développement intégré de la zone Office du Niger, Abou Sow, est allé s’imprégner de la réalité du terrain. Le constat se passe de tout commentaire. Touraba est, sans doute, une solution à une triple équation : celle de l’exploitation familiale, du privé et des grands investisseurs capables de créer des entreprises agricoles.

Situé à environ 180 Km de Ségou, dans la zone de Kouroumari à l’Office du Niger, le casier de Touraba couvre une superficie de 2 174 ha occupée par deux villages (Hassane-Wéré et Kouranébougou) dont l’origine remonte aux années cinquante. Ils sont essentiellement habités par les peulhs. Dans le cadre du programme de l’UEMOA, il est prévu des travaux de terrassement et des ouvrages. Les premiers concernent le réseau d’irrigation, de drainage, de circulation et d’aménagement des sols agricoles. S’agissant des seconds, ils ont trait à la réhabilitation et à l’extension des ouvrages, la construction des prises de canal et des régulateurs.

D’une valeur de 11 529 583 700 FCFA, le projet exécuté par la société d’exploitation de sable et gravier  SESG envisage la répartition des terres qui seront aménagées entre trois types d’exploitants ressortissants des pays membres de l’UEMOA. Il s’agit premièrement des paysans autochtones qui seront attributaires de petites parcelles de taille unitaire variant entre 4 et 5 ha de superficie nette.

Deuxièmement, les exploitants privés ayant une capacité technique et financière suffisante auront la possibilité d’exploiter des parcelles de taille unitaire variant entre 10 et 20 ha de superficie nette.

Troisièmement, sont concernés par le casier de Touraba les grands investisseurs privés capables de créer des entreprises agricoles. Ceux-ci pourront bénéficier des blocs de 30 à 60 ha.

Ainsi, pour l’exécution de ce projet, il y a des mesures d’accompagnement qui constituent la réaffectation aux autochtones des superficies qu’ils exploitaient initialement, l’attribution des terres aménagées aux autochtones qui n’exploitent pas actuellement, l’aménagement sommaire des périmètres en bail et enfin, l’aménagement également sommaire du périmètre de Touraba par la réalisation du canal d’alimentation et de sa prise d’eau. Les populations déplacées seront recasées sur des sites viabilisés avec des infrastructures collectives telles que l’école, des puits, des Cscom et des parcs de vaccination. 

Du remboursement

   La production annuelle attendue de l’aménagement de Touraba est d’environ 16 400 tonnes dont 5 513 tonnes en riz et 5 822 tonnes de pomme de terre. Les autres productions sont : maïs 923 tonnes, blé 1140 tonnes, gombo 1084 tonnes, oignon 1 688 tonnes et environ 154 tonnes de poisson. La valeur de cette production globale se monte annuellement à environ 3,4 milliards de FCFA.

Les exploitants agricoles communautaires (la petite exploitation) remboursent les coûts des aménagements tertiaires et quaternaires et les infrastructures socioéconomiques à 100%, les frais d’installation et de services liés aux réseaux tertiaires et quaternaires.

Les autres exploitations de type commercial (de 10 à 60 ha) remboursent tous les frais liés aux réseaux secondaires, tertiaires et quaternaires. A ce titre, les bénéficiaires doivent être suffisamment sécurisés avec les titres fonciers ou des certificats fonciers.

De la marge d’exploitation, il a été déduit les besoins en fonds de roulement, en nourriture et en santé pour déterminer les fonds disponibles pour le remboursement afin de déterminer la durée de remboursement. Les délais de remboursement seront d’environ 15 ans pour les exploitations communautaires et de 8 à 11 ans pour les exploitations de type commercial.

Après la visite du chantier des travaux d’aménagement, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du développement intégré de la zone Office du Niger, Abou Sow, a exprimé toute sa joie face à l’engagement de l’entreprise : la société d’exploitation de sable et de gravier (SESG) dirigée par le jeune Abidine Yattara. Ce dernier a fait savoir que sa société ne ménagera aucun effort pour la réussite du projet qui constitue pour elle un défi à relever. Les mêmes notes de satisfaction du ministre Abou Sow ont été affichées par le PDG de l’Office du Niger, Amadou Boye Coulibaly. 

     Alassane DIARRA

Envoyé spécial

 

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