Banque de l'Habitat du Mali : Après le PDG Mamadou Baba Sylla, les administrateurs doivent être débarqués

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Il y a quelques semaines déjà que Mamadou Baba Sylla, désormais ancien PDG de la Banque de l’Habitat du Mali (BHM), a été relevé. La raison, à l’époque, même si elle reste encore officieuse, était que Sylla a signé un contrat avec un opérateur économique malien résidant en Italie en la personne de Modibo Kane Kidal.
 
Depuis quelques temps, la Banque de l’Habitat du Mali (BHM-SA) a un nouveau Président Directeur général, L’ancien n’ayant pas survécu à la désormais sinistre affaire Rapeco (du nom de la société dirigée par le malien résidant en Italie Ousmane Kane Kida.
Mamadou Baba Sylla, la presse en a suffisamment fait écho, l’ancien patron de la BHM avait, à cause des difficultés que son institution rencontrait (elles sont d’ailleurs toujours là, ces difficultés), entrepris, selon nos informations, des démarches à l’endroit de certains partenaires en vue de tenter de renflouer les caisses de la Banque et la sortir du gouffre dans lequel elle se trouvait.
Lors de ses investigations, il est tombé sur le nommé Kida, opérateur économique malien, à la moralité douteuse, résidant à Rome. Selon ce qu’il (le PDG Sylla) a lui-même dit dans la presse, il a envoyé un émissaire sur place pour se prémunir de certaines garanties. Cet émissaire, il est important de le signaler, est revenu rassurer l’ancien PDG de la possibilité de la collaboration, des garanties et des bénéfices que la BHM pouvait en tirer. Il est le premier, en tant que professionnel, à donner une caution à l’opération future entre Kida et la BHM.
Naturellement, des rencontres se sont tenues et le PDG en personne s’est rendu à Rome pour finaliser l’action d’obtention de crédit auprès de la Rapeco. Une action que le patron de cette société fictive a vite fait d’étaler dans la presse. Ce qui n’était pas, on le sait, du goût de Sylla qui, il faut l’avouer, est un homme discret.
C’est depuis la publication de l’information que sont partis les problèmes. Les gens ont commencé à fouiner. Des questionnements sont venus de partout. Comment Sylla a pu dégoter une telle somme ? Comment Kida pourrait mettre une telle somme à la disposition de la BHM et pour quelle raison ? Puisque l’arrivée de l’argent tardait, les inquiétudes ont commencé à se justifier. Surtout qu’entre temps, la BHM avait déboursé plus d’une vingtaine de millions de FCFA pour, a-t-on dit, garantir le crédit qu’il réclamait et les frais de transaction.
On a dès lors commencé à dénoncer l’opération dont l’un des acteurs est l’un des Maliens dont la moralité est des plus douteuses : Kida. L’homme est reconnu pour ses coups tordus qu’il a assénés à plus d’un de nos compatriotes. Le président de la République en personne est monté au créneau lors de sa conférence de presse du 8 juin 2006. Il s’est plaint de la manière dont le dossier a été diligenté « sans qu’aucune autorité hiérarchique n’en soit informée ». Dès lors, on avait compris que le sort de Sylla était scellé. Sauf que, entre temps, le conseil d’administration s’était réuni et avait donné mandat au PDG pour poursuivre la transaction. Un conseil d’administration qui avait déjà, dans un premier temps, donné son quitus à Sylla. La deuxième structure (autorité) à avoir donné son aval à l’opération entre la BHM et Mamadou Baba Sylla. 
En ce qui concerne les membres du Conseil d’administration, comme s’ils voulaient désavouer le président de la République, le tenir tête, ou le prouver que ce sont eux qui dirigent la Banque, à leur réunion tenue quelques jours seulement après la Conférence de presse du 8 juin et la prise de position publique d’ATT, ils ont publiquement soutenu Mamadou Baba Sylla et donner mandat, à ce dernier, de poursuivre la transaction. Etaient-ils en mission ou étaient-ils réellement en train de tenir tête à ATT ? La première affirmation est plus plausible. Surtout quand on sait ce qui s’est finalement passé pour Mamadou Baba Sylla sans que les administrateurs ne bougent d’un iota et sans qu’ils ne soient inquiétés le moindre du monde.
Sinon, en principe, l’agent de la BHM que Sylla a envoyé en mission aux frais de l’Etat et qui l’a encouragé dans l’opération ainsi que les administrateurs qui ont donné leur quitus à Sylla devaient être relevés ou, au moins, interpellés. Surtout ceux représentant l’Etat. A savoir les administrateurs de l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS), ceux de l’Office Malien de l’Habitat (OMH) et l’Agence de Cessions Immobilière (ACI). Pourquoi, c’est Mamadou Baba Sylla, dont le départ bien que justifiée, est le seul a payé ?
Affaire à suivre…
Moussa Touré

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