Audition du président de la CCIM au pole économique : Une main invisible pour bloquer la candidature de Jeamille Bittar ?

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Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), premier vice-président du PDES et candidat potentiel à la présidentielle 2012, Jeamille Bittar a été convoqué, le mardi 3 janvier 2012 au Pôle Economique et Financier autour du Rapport 2010 du Bureau du Vérificateur Général qui accuse la CCIM de " fraudes " portant sur plus du milliard F CFA. Pourquoi cette audition à 24 heures de la réunion de la Commission d’investiture du PDES qui était prévue le mercredi dernier avant d’être reportée à la dernière minute ?

                Dans ses recommandations, le Bureau du Vérificateur Général avait classé le montant reproché à la CCIM de " manque à gagner ". C’est-à-dire qu’il est demandé, par exemple, aux membres du bureau de rembourser le montent des indemnités qui leur ont été allouées. Pourtant sur la base d’une résolution prise, depuis 2003, par l’Assemblée Consulaire de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali. Encore que l’institution avait apporté, dans un volumineux document, toutes les preuves attestant de sa bonne foi. S’agissant, par exemple, d’achat du siège de la Délégation régionale de la CCIM de Kidal, d’un montant d’à peu près 300 millions F CFA, y compris son équipement, le BVG s’était planté en demandant le reversement de TVA là où il n’en fallait pas.

                Concernant les indemnités allouées aux membres du Bureau, les textes autorisent la CCIM à les attribuer. Parlant du marché de 3 millions F CFA " attribué sans appel d’offres à Bittar Impression ", les textes sont également clairs. Jusqu’à concurrence de 25 millions F CFA le gré à gré est possible. Parlant de conflit, c’est oublié que la plupart du temps c’est pour parer à l’urgence et le paiement se faisant le plus souvent attendre.

                Les autres recommandations du Vérificateur Général ont trait à l’amélioration des procédures de gestion de la CCIM. Ce qui a été depuis.

                Les observateurs ne manqueront pas de voir en cette audition un acharnement, dans le but de brûler l’élan d’un adversaire qui a pris le devant sur ses camarades. Mais connaissant Jeamille Bittar, c’est sûr qu’il sortira ragaillardi de cette épreuve. Une réunion des opérateurs économiques étant prévue sur la question, il n’est pas exclu qu’une solution rapide soit trouvée à cette crise. Dont il faudra éviter de ne pas la prendre au sérieux. Le Malien étant par nature allergique à l’injustice. Faudrait-il voir une main invisible derrière cette affaire qui sent nauséabond et cela à quelques quatre mois du premier tour de la présidentielle du 29 avril 2012 ? Ou bien Sombé Théra et ses hommes du Pôle Economique et Financier vont-ils également interpeller les responsables de la centaine de structures épinglées dans les différents Rapports du BVG ? Les personnes inculpées aussi dans l’affaire du Fonds Mondial auront-ils rendez-vous eux aussi maintenant au Pôle Economique et Financier ? Le ministre Secrétaire général du Pdes Marafa Touré a-t-il calculé les conséquences de cette action contre son partisan devenu l’homme à abattre pour des raisons politiques et non juridiques ? Le dossier étant lui-mêmeconstitué de contre-vérités pour faire ressortir des montants aucunement jusfifiés et justifiables, comment faire face à une éventuelle riposte des membres de l’Assemblée consulaire qui ont conscience du jeu politicien qui se trame contre Bittar ? Une série d’interrogations qui mériteraient réponse. A défaut, l’audition de Jeamille Bittar sera interprétée comme un règlement de compte par l’instrumentalisation de la justice. Ce qui serait une grave faute aux conséquences imprévisibles. ATT a-t-il besoin de cela pour une sortie en beauté ? Qui veut-il rouler Att dans la farine si ce n’est déjà fait ?

                Où va le Mali avec cette succession comme implacable de poudrières sous un régime finissant ?

Mamadou DABO

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.