La descente aux enfers de la CMDT : A qui la faute ?

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En 1998, encore bon nombre de Maliens se souviennent que cette année là, les bénéfices de 112 de FCFA enregistrés sur la vente du coton avaient amené les plus hautes autorités du pays de l’époque, à célébrer cette victoire agricole. Mais de nos jours, le mot qui se trouve être fréquemment dans la bouche de la quasi-totalité des acteurs ruraux, notamment les producteurs de coton est ceci : pourquoi vendre la CMDT, après avoir fêté un bénéfice d’aussi colossal ? Ils sont nombreux parmi les cotonculteurs à travers le pays à se poser permanemment cette question, ce après plusieurs étapes franchies dans le processus de la liquidation en cours de la maison de l’or blanc. Animée par plus de 4 millions de maliens, la culture du coton permet de nourrir aujourd’hui, des millions de maliens. 

Le grand hic de cette descente aux enfers du secteur coton suscitant une liquidation probable de la CMDT, est on ne peut plus clair, basé sur des interrogations, telles que : après la campagne agricole de 1997/1998 ; des responsables politiques et administratifs ainsi que des acteurs du secteur coton et des agents de la CMDT s’étaient retrouvés à Koutiala, dans la capitale de l’or blanc, pour célébrer avec faste la fête du coton. De sources proches des instances du secteur coton, il était dit que la campagne en question (1997/1998) qui avait été très bonne, avait enregistré des prouesses excédentaires. En son temps, tous les Maliens de toutes catégories confondues avaient applaudi et apprécié cette victoire agricole. Une victoire qui avait suscité, faut-il le rappeler, le déplacement à Koutiala d’un grand nombre de cadres et des membres du Gouvernement de l’époque sous la conduite de M. Ibrahim Boubacar Kéita « IBK », qui rappelons-le, était le premier ministre.


A l’époque l’on parlait même de 112 milliards de FCFA de bénéfice enregistré sur la vente du coton. Mais, le hic est que seulement, quelques mois après cette grande fête du coton qui avait duré une semaine, des mots relatifs à la vente de la CMDT ont commencé à dominer les débats administratifs et politiques. Ce, au grand désarroi des producteurs agricoles et particulièrement ceux du coton. Et depuis, nombreux sont les cotonculteurs à ne pas comprendre les raisons qui ont poussé en une période donnée, les plus autorités de notre pays à prendre la décision de vendre la CMDT. Comme s’il s’agissait de faire croire aux acteurs ruraux que l’Etat se limite aux seuls cadres administratifs et politiques du pays.
La descente aux enfers de la CMDT : à qui la faute ?


Eh bien, cette question, qui ne pourrait certainement pas trouver de réponse dans l’immédiat ; est relative à la destination donnée aux 112 milliards de FCFA de bénéfice du coton. Les producteurs de coton semblent se décider à étayer toute la lumière autour de ce fiasco financier qui demeure jusqu’ici sans réponse. D’où des interrogations chez beaucoup de producteurs de coton, notamment qui ne connaissent pas le sort réservé à ces 112 milliards de FCFA.


Alors, qui sont responsables de ce probable détournement de fonds, qui se trouve être aujourd’hui à la base de la descente aux enfers de la CMDT ? A qui la faute ? Pourquoi liquider une boîte qui aurait enregistré un excédent bénéfique de plus de 112 milliards de FCFA ? Autant de questions qui dérangent et qui dépassent toute imagination, surtout du commun du mortel. Certainement c’est au diable d’endosser la … !
Mais le grand salut jusque là ; est le ralentissement du processus de la vente de la CMDT par le Général Paysan (Président) ATT, qui aurait certainement pris note du fiasco qui a marqué la vente de l’HUICOMA. Justement, la liquidation de l’HUICOMA et le renvoi au chômage des dizaines de chefs de familles avec son lot de difficultés doivent servir de leçon à plus d’un malien. Après la vente de l’HUICOMA dans un flou total, il est bon que l’on tire toutes les leçons, tout en analysant tous les paramètres avant de se lancer dans une aventure incertaine aux lendemains noirs.
La CMDT est un bien public, qu’il faudra jalousement préserver. Car, il y va dans l’intérêt de notre souveraineté alimentaire. Les études agricoles l’ont démontré et continuent à le démontrer, les zones de production cotonnière demeurent les premières zones de production de céréales, notamment le mil, le sorgho, le maïs et… 
Par Zhao Ahmed A. Bamba

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