Ousmane N Traoré, conseiller technique agronomique principal du PDG Cmdt

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En sa qualité de conseiller technique agronomique principal du PDG du groupe CMDT, Ousmane. N. Traoré, est chargé de toutes questions liées à la production agricole au niveau de cette structure.  Dans cette interview exclusive, il nous entretient sur  les raisons de la performance du groupe, donne des éclaircissements sur  la gestion de la chaux et parle des projections pour la campagne à venir 2017/ 2018.

Le Pouce : Une grande production cotonnière est attendue à la CMDT ?

Ousmane N Traoré : «  La campagne 2016-2017 a bénéficié du soutien de l’Etat.  Tous les engrais destinés à cette production ont été subventionnés par l’Etat malien. Cela a été un motif de mobilisation des producteurs. Deuxièment motif de mobilisation des producteurs, c’est le prix exceptionnel du prix du coton fixé à 250FCFA/KG, qui a été également soutenu par le gouvernement.  A ces deux facteurs s’ajoutent la mobilisation du personnel d’encadrement de la CMDT pour former les producteurs, les accompagner dans la mise en œuvre des cultures. Malgré le démarrage difficile sur le plan pluviométrique, on peut dire que l’essentiel de nos objectifs de production en termes de superficie ont été atteints. Les producteurs, en appliquant les conseils donnés par les agents d’encadrement  ont amélioré légèrement le rendement. Le  rendement est autour d’une tonne à l’hectare, alors qu’on était autour des 920kg /hectare. Cela explique le niveau de production auquel on s’attend. Au jour d’aujourd’hui,  nous nous attendons à une production autour de 646.000 à 647.000 tonnes de coton. Ce qui veut dire que la prévision qui a été fixée en octobre, qui était de 645.000 t serait légèrement dépassée. Ce record est à l’actif des producteurs. Nous profitons de l’occasion pour remercier le gouvernement pour son soutien tout au long de la campagne. C’est ce qui a permis d’atteindre  ce niveau de production ».

Le Pouce : Lors de sa visite à Kita, le PDG de la CMDT a adressé une mention spéciale cette filiale ouest. En tant qu’ingénieur agronomique, quelle lecture  faites-vous de cette situation ?

Ousmane N Traoré  «  Kita mérite la félicitation pour deux raisons principales. La première raison est que la tendance de la production de Kita nous donne 49.000 tonnes. Cette production n’a jamais été réalisée à Kita depuis sa création en 1995. Son ancien record était de 40.000t.  C’est un premier fait. C’est pourquoi, le PDG a félicité l’ensemble de la filiale ouest. Le deuxième motif, c’est la qualité en  termes de grade de têtes qui donne une renommée au coton malien.  Kita a 94% de grade de têtes en termes de production.  C’est la filiale qui est  en tête en termes de qualité à la date d’aujourd’hui. Cela  veut dire que les producteurs ont fourni beaucoup d’efforts et l’encadrement a aussi accompagné les producteurs pour que l’on atteigne ce résultat.  Avec ces deux faits, la filiale mérite la félicitation du premier responsable de la CMDT. »

Le Pouce : Qu’est-ce qui explique qu’à la filiale Centre les feux ne sont pas au vert ?

Ousmane N Traoré, «  A la filiale Centre, les résultats de production sont satisfaisants. Nous nous attendons de 108.000à  109.000 t. c’est une production élevée. De l’autre côté, là où il y a moins de satisfaction, c’est malheureusement au niveau de la qualité.  A la date d’aujourd’hui, ce taux est de 52%. En comparant avec Kita, il y a un écart important. »

Le        Pouce : De plus en plus, on parle de la chaux agricole, pour le profane, de quoi s’agit-il et quand faut-il l’utiliser ? Cette chaux peut-elle remplacer l’engrais ?  

Ousmane N Traoré : «  La chaux agricole est issue des minerais qu’on appelle la dolomie. En termes de dolomie, le Mali est particulièrement riche.  Il y a beaucoup de  gisements dans la première région, de Toukoto jusqu’à Manantali. A partir de cette dolomie, les sociétés produisent la chaux agricole. La dolomie est chauffée jusqu’à mille degrés pour donner de la chaux qu’on peut utiliser dans l’agriculture.  L’utilisation de la chaux en  zone CMDT est due au fait que les sols sont acides. Dans notre zone,  le PH  à une tendance à l’acidité. Nos  PH sont inférieurs  à 6.   Alors que le PH idéal pour les cultures tourne entre 6 et 7. Pour remonter le PH, il faut l’utilisation de la chaux agricole. L’utilisation de la chaux permet de neutraliser l’acidité et met à la disposition de la plante l’engrais qui a été apporté.  En ce moment la plante peut puiser tous les éléments nutritifs que l’engrais amène dans le sol pour donner le rendement souhaité. Ce qu’il faut dire, c’est qu’il y a certains qui pensent  que la chaux peut remplacer l’engrais. La chaux et l’engrais sont totalement différents. L’engrais apporte des éléments nutritifs. La chaux est là pour neutraliser  l’acidité pour  permettre à la plante de puiser tous les éléments nutritifs apportés par l’engrais. C’est là, deux rôles totalement différents. C’est pourquoi, nous disons aux producteurs que l’utilisation de la chaux agricole n’induit jamais la réduction de la dose recommandée  par la recherche. Si on prend le cas du coton, il est recommandé 200KG  de complexe coton. L’utilisation de la chaux n’induit pas la réduction de cette quantité même d’un kg.  Il faut toujours mettre les deux cent kg pour avoir 1tonne 500k à 2tonnes à l’hectare. C’est ce qui est recherché. Mais l’acidité du sol est  due d’abord à la roche mer. Les études ont montré que les sols de la zone CMDT se trouvent sur des roches acides. Si on prend de Koutiala à Sikasso, jusqu’à Bougouni, les sols sont sur des roches acides.  Ça c’est une première raison de l’acidité. Deuxièment raison, quand nous prenons le vieux bassin cotonnier  qui  commence de Koutiala, en passant par Sikasso pour remonter à Fana, les sols sont permanemment cultivés pendant plus de quarante ans. Cette activité induit aussi l’acidité du sol.  Nous sommes confrontés à ce problème.  D’où le conseil d’utiliser la chaux agricole ».

Le Pouce : A quand donc la vulgarisation de cette chaux agricole pour une utilisation judicieuse au profit du développement du coton ?       

 Ousmane N Traoré,     « En fait, les activités de vulgarisation ont  commencé. Nous avons formé nos agents sur la détermination de l’acidité. Ils sont équipés de PH mètre pour  déterminer l’acidité du sol. Ensuite, il y a eu des démonstrations au niveau paysan avec la participation de nos agents pour voir comment, il faut apporter cette chaux dans le sol. Les résultats obtenus  démontrent un écart de 200 à 400 kg de rendement.  Ça c’est partout dans la recette des producteurs. Mais  aujourd’hui, nous sommes confrontés au prix pratiqués sur le marché. Un sac de 50kg de la chaux coûte environ 9500 FCFA.  Ce qui est jugé très élevé et les producteurs demandent à la CMDT de voir dans quelle mesure on peut rendre ce produit encore plus accessible en baissant le prix. La direction de la CMDT et la Confédération sont en train de réfléchir dans quelle mesure, on pourra trouver une solution à cette question  qui est posée par les producteurs. Si non aujourd’hui, les démonstrations ont attiré l’attention des producteurs.  Ils ont vu l’utilité de la chose.  Le blocage, pour le moment, c’est le prix du sac ».

Le Pouce : Peut-on connaître vos projections pour la campagne 2017- 2018 ?

Ousmane N Traoré, « Pour la campagne 2017-2018, nous projetons produire 725.000 tonnes de coton. Les résultats que nous avons eus à l’issue de 2016-2017, nous confortent dans ce sens-là. Si on fait une comparaison, en 2015-2016, on était à 514.000 tonnes. Nous sommes passés à 645.000 tonnes. Ça veut 100.000 tonnes de plus. Par rapport à ce résultat, nous pensons que nous pouvons faire une croissance  d’environ 80.000 tonnes pour atteindre aisément les 725.000 tonnes. Pour cela, les dispositions sont prises par les responsables en termes de mise à disposition d’intrants. Tous les intrants qui doivent concourir à l’atteinte de cet objectif ont été commandés et les livraisons dans les différents magasins sont à hauteur de 85%. Nous pensons que nous pourrons atteindre les 725.000tonnes à l’issue de la campagne 2017-2018, si la pluviométrie sera au rendez-vous ».

Entretien réalisé par Tiémoko Traoré

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