Commerçants détaillants : L’Affaire cour Peyrissac

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Plus de 800 boutiquiers, employant plus de 3000 personnes ayant en charge des familles, sont menacés de déguerpissement de leur lieu de commerce par le propriétaire. Ils sont locataires des boutiques dans la cour de Peyrissac et membres du Syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem). Aujourd’hui, ils sont sous une grave menace du richissime opérateur économique Babou Yara, qui tenterait de changer désormais les règles du jeu, concernant les loyers des boutiques dans cette cour. Depuis 18 ans, le propriétaire continue d’encaisser sa location avec les impôts dûs à l’Etat.

Cependant l’état des boutiques laisserait à désirer et l’accès difficile. Mais s’appuyant sur le tribunal du commerce, le richissime commerçant s’est octroyé le droit d’une augmentation de 100 %. La décision du tribunal confirmée par la Cour d’Appel a fait l’objet d’un recours en cassation devant la Cour suprême. Parvenu à s’octroyer les faveurs de la justice, la mise en œuvre de la décision d’expulsion serait une catastrophe et sera considérée par les commerçants détaillants regroupés en association et syndicats comme un appel à l’action dont nul ne peut mesurer les conséquences à Bamako. Les commerçants en appellent à toutes les personnes de bonne volonté à s’impliquer pour épargner à notre pays ce que tout le monde regrettera, par la rigidité d’un opérateur économique.                        

Pour arriver à ses fins, Babou Yara aurait également joué sur la corde ethnique en appelant les Diawandos à se désolidariser de l’association et du syndicat pour lui permettre d’arriver à ses fins. Aujourd’hui, les syndicalistes ne demandent qu’une chose : c’est d’instaurer le dialogue pour s’entendre sur un prix raisonnable et supportable par les locataires.                      

Les commerçants ont occupé les boutiques de la cour Peyrissac après l’incendie du marché rose et le retour massif des Maliens du Congo-Brazzaville. C’est après le paiement d’une caution de 500 000 à 3 000 000 de Fcfa en 1994 et de 2 000 000 à 5 000 000 de Fcfa à partir de 1999 que les commerçants ont occupé les boutiques. Aujourd’hui, le torchon brûle entre eux et le propriétaire. Une solution doit être vite trouvée avant que le pays ne « brûle » avec.

Hadama Fofana

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