Gouvernance au Mali : Obama boude ATT

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Il faut se rappeler la philosophie d’Obama en matière du modèle démocratique construit autour des institutions fortes au détriment des hommes forts.  Avec le Général ATT, c’est le modèle d’homme fort qui domine dans ses relations avec les institutions démocratiques.
Le premier exemple qui illustre cette primauté de l’homme fort sur les institutions est la remise en cause des décisions de justice dont il est garant de la bonne application. L’affaire du Vérificateur général et l’affaire Diawara, l’ex-PDG de la BHM sont les exemples de cette dérive autoritaire.

Dans le rapport du département d’Etat américain de 2009 et dans le dernier rapport de HUMAN RIGHTS WATCH, le général ATT est épinglé comme étant  un grand danger pour le progrès de la démocratie au Mali en raison des actes qu’il a posés vis à vis des membres de la Cour suprême et de M. Diawara qu’il fait détenir arbitrairement.
L’extension des logements sociaux sur des domaines privés sans indemnisations équitables  préalables des détenteurs des titres fonciers sur la zone de N’Tabacoro, tombe sous le coup d’une expropriation forcée. Or, les Américains sont très attachés au respect de la propriété privée.
Par ailleurs, l’incarcération et la condamnation des patrons de presse dans l’affaire de la «Maîtresse du Président» avaient sérieusement écorné l’image du Mali en voie de démocratisation. Enfin, l’impunité d’Etat couvrant les activités délictuelles de bons nombres de barons du régime ont achevé de convaincre les autorités américaines que le Mali ne peut pas bénéficier de la note triple AAA démocratique. Les agences de notation dans ce domaine que sont les ONG dont Amnesty ayant dégradées la note du Mali d’ATT à tel point qu’Obama a exclu le président du Mali de la liste des chefs d’Etat qu’il ne peut inviter a sa table sans rougir.
Alors que l’exclusion est à l’origine de bien de conflits («l’Ivoirité» en Cote d’Ivoire), est à notre porte,  ATT trouve le moyen d’introduire dans son projet de Constitution l’exclusion de millions de Maliens de la possibilité d’accéder à la Magistrature Suprême, tandis que ceux de nos compatriotes dont les enfants naissent sur le sol américain peuvent un jour diriger cette  hyper puissance  comme le fait  Obama aujourd’hui. Si Obama était malien, la Constitution l’aurait recalé  selon les critères qu’ATT vient d’y introduire.

 

Où est-il allé chercher cette volonté de diviser les Maliens dont les enfants constituent une diaspora  qui a la sueur du front et risque sa vie en traversant monts et vallées pour construire le grand Mali. Ce sont leurs enfants qui sont exclus de la possibilité virtuelle d’accéder à la présidence du Mali, parce que les pays d’accueil leur ont offert la double nationalité.
Birama FALL

 

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