Le MDSSPA en visite de travail et d’amitié à Libreville :La coopération entre le Mali et le Gabon est lointaine et multiforme.

0
2

Harouna Cissé, ministre MDSSPA en visite au Gabon

En témoigne le séjour récent à Libreville, la capitale gabonaise, du 21 au 26 décembre 2011, du Ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, Harouna Cissé. Au pays de feu El hadj Oumar Bongo Odimba, le Ministre Cissé était accompagné de NouhoumSidibé, Directeur général de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CANAM), Luc Togo, Directeur général de la Direction Nationale de la Protection Sociale et de l’Economie Solidaire (DNPSES), Mme Zouré Fadimata Maïga, Directrice générale de l’Agence Nationale d’Assistance

Médicale (ANAM).

Cette visite de travail et d’amitié, à l’allure d’un voyage d’études, avait pour objectif, pour la partie malienne, de s’inspirer de l’expérience gabonaise en matière d’Assurance Maladie Obligatoire et de protection sociale. Aussi,  a-t-elle permis aux deux pays de partager leurs expériences en matière de protection sociale.

Dès l’entame de son séjour en terre africaine du Gabon, le Ministre Harouna Cissé a eu une première séance de travail avec Mme le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Prévoyance Sociale, Angélique NGOMA.
La porte-parole du Gouvernement gabonais s’est dit honorée d’accueillir la délégation malienne. Elle a indiqué qu’au regard de l’ampleur du champ couvert par la coopération entre nos deux pays, lavisite de la délégation malienne offre une fois de plus l’occasion de célébrer l’amitié, l’estime et les liens qui unissent à la fois et si heureusement nos deux chefs d’Etat, nos deux peuples et nos deux pays.

Elle a salué la convergence de vues des deux pays sur les questions de protection sociale qui se matérialisent au sein des instances régionales et internationales. A titre illustratif, s’est-elle empressée de préciser que le Gabon et le Mali ont soutenu en 2009, l’adoption par la Conférence internationale du Travail la Déclaration sur la Justice Sociale pour une mondialisation équitable, réaffirmant
à cette occasion leurs engagements d’étendre la sécurité sociale à tous leurs concitoyens.

Très au fait des politiques maliennes en matière de protection
sociale, le Ministre Angélique NGOMA a noté de nombreuses similitudes
entre les deux pays. Tout comme l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) et le RAMED (Régime d’Assistance Médicale (RAMED), qui existent au Mali, son pays, le Gabon a institué la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de garantie Sociale (CNAMGS) et la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale (CNSS).

En réponse à ces propos, le Ministre Harouna Cissé a vivement remercié
la partie gabonaise pour l’accueil qui lui a été réservé. « Je suis persuadé que nous allons beaucoup apprendre auprès de vous. Mais aussi, vous faire part de notre petite expérience en matière d’Assurance Maladie Obligatoire et de protection sociale. Les échanges sont toujours porteurs entre pays africains et il faudrait les
perpétuer…, a-t-il dit en substance. Visite au siège de la CNAMGS

Pour bien cerner la politique gabonaise en matière de protection sociale, les ministres malien et gabonais se sont rendus dans les locaux de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de garantie Sociale (CNAMGS). Là, ils ont eu droit à une présentation détaillée de cette institution qui a pour mission principale, selon ses responsables, de protéger les quelques 1,35 millions de gabonais contre le risque maladie.

De par les explications fournies sur place, l’on note que la CNAMGS, qui se veut un Etablissement Public, couvre les risques liés à la maladie et à la maternité. La couverture des risques est alors un droit qui s’acquiert par l’affiliation obligatoire des bénéficiaires
au régime. Les bénéficiaires sont : les agents publics, les membres institutions constitutionnelles, les travailleurs salariés du secteur privé et parapublic, les travailleurs indépendants et étrangers, les retraités, les élèves et étudiants.

Une particularité au Gabon, la CNAMGS assure la gestion de plusieurs Fonds, notamment le Fonds d’assurance maladie des agents publics de l’Etat, du Fonds d’assurance maladie des travailleurs salariés du
secteur privé et parapublic, des travailleurs indépendants, des professions artisanales, commerciales et libérales et du Fonds de Garantie Sociale des gabonais économiquement faible, des étudiants, ;des élèves et des réfugiés. On entend par gabonais économiquement faible, cette catégorie de personnes, âgée d’au moins 16 ans, dont les revenus mensuels ne dépassent guère les
80 000 F CFA. Ces personnes bénéficient des allocations familiales, de rentrées scolaires, mais
aussi de primes à la naissance.  A souligner que le Fonds de garantie des gabonais économiquement faibles est financé par un impôt dénommé Redevance Obligatoire à l’Assurance Maladie (ROAM). A ce niveau, les sociétés de téléphonie mobile sont fortement mises à contribution à hauteur de 10% de leurs chiffres d’affaires.

Autre particularité au Gabon, l’établissement des honoraires conventionnels, une manne financière perçue par les professionnels de la santé en contrepartie des prestations de soins dispensées dans le cadre de l’assurance maladie. Ces honoraires sont établis par convention entre la CNAMGS et les professionnels de la Santé. Aussi, a-t-on noté qu’il existe l’évacuation sanitaire vers un autre pays qui demeure cependant une mesure exceptionnelle.

Les nombreuses préoccupations maliennes

Avec les explications fournies par les différents responsables gabonais en charge de l’Assurance Maladie et de la Protection Sociale, le Ministre malien et sa suite n’ont pas manqué d’interpeller leurs interlocuteurs sur plusieurs aspects. Ces questions avaient trait notamment la liste des médicaments, à la qualité du plateau technique, aux négociations avec les partenaires sociaux, à la mise en place du
Conseil d’Administration de
la CNAMGS. Des points qui, on le sait, achoppent au Mali.

Sur ces questions qui ont aussi constitué des goulots d’étranglement au Gabon, au tout début de la mise en œuvre de la politique, les intervenants gabonais ont indiqué que la mise en œuvre de l’Assurance Maladie a été graduelle, puisque commençant d’abord par les gabonais économiquement faibles pour l’élargir, au fil du temps, aux autres couches. Une vaste campagne de communication fut alors mise en place, cela en associant toutes les couches socio-économique du pays. Les syndicats sont largement représentés au sein du Conseil d’Administration de la CNAMGS. Le rôle déterminant des plus hautes autorités du pays, avec en tête feu El hadj Oumar Odimba et son successeur Aly, n’a jamais fait défaut. Aussi, ont-il signifié, qu’une fois la loi sur l’Assurance Maladie votée, tous les citoyens furent obligés de s’y plier.

Pour se faire réellement une idée du bon fonctionnement de l’Assurance
Maladie au Gabon, le Directeur général de la CANAM, Nouhoum Sidibé, et
Luc Togo de
la DNPSES se sont rendus à l’hôpital d’Instruction des Armées El Haj Oumar Bongo Odimba. Du Guichet CNAMGS, qui reçoit en moyenne une centaine d’assurés par jour, à la salle de traitement des dossiers, les visiteurs du jours ont pu remarquer le bon traitement des dossiers des assurés. De là, ils ont mis le cap sur « la Grande pharmacie des forestiers », conventionnée pour l’occasion. Sur les lieux, grande fut leur étonnement de voir un robot automatisé, d’une capacité de 26 771 boîtes de médicaments, opérationnel. Un simple clic d’ordinateur de la vendeuse permet de commander directement un médicament pour servir le client. Une merveille !, a simplement commenté le Ministre Harouna Cissé en visitant les locaux de la pharmacie du Dr. Patrick Mennesson.

Outre ces visites, la délégation malienne s’est aussi entretenue avec les responsables de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). il faut retenir que la CNSS compte 2850 agents, environ 55.000 droits ouverts (assurés) et disposant de 3 hôpitaux et autres centres de santé médicosociale. Actuellement, elle est en phase d’opérer
d’importantes reformes, notamment pour résorber le déficit  structurel ( surtout sur la branche vieillesse) et sur l’action sanitaire et sociales à travers les établissements de santé. Les responsables de
la CNSS ont, enfin précisé que la Caisse a été certifiée ISO, ce qui permet de mettre en exergue la qualité des services rendus.

Ibrahim Guindo
Chargé MIssion/Communication
MDSSPA
Correspondance particulière

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.