Le Premier ministre au forum « MEDays » de Tanger : L’Afrique et les enjeux mondiaux

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Le continent dispose d’un immense potentiel d’attractivité économique et de nombreux gisements de croissance. Mais il doit en même temps résoudre des problèmes récurrents de paix et de sécurité comme notre pays peut en témoigner.

Le Premier ministre Cheick Modibo Diarra se trouve  au Maroc. Le chef du gouvernement est arrivé hier à Tanger où il participe à la 5è édition annuelle des « Méditerranée Days » ou « MEDays ». Le Forum  est organisé chaque année en novembre par l’Institut Amadeus à Tanger, une ville située au bord de la Méditerranée à trois heures de route de Casablanca. L’édition de cette année qui s’est ouverte mercredi a pour thème : «Le Sud, l’exigence d’un nouvel ordre mondial ».

Cette 5è édition du forum réunit plus de 200 participants de très haut niveau : chefs d’Etat et de gouvernement, responsables politiques, chefs d’entreprise, dirigeants d’organisations internationales, experts, représentants de la société civile.

La programmation de cette année organisée autour de 6 séances plénières et plus de 18 panels sectoriels, propose de revenir sur des thématiques clés pour comprendre les enjeux prioritaires des pays émergents et leurs interactions avec leurs voisins du Nord.

Parmi les thèmes choisis, il y a « le Printemps arabe ». Au lendemain de cette période trouble qui aura secoué de manière indélébile le Maghreb, il s’agira de dresser les contours du futur de la région, en y intégrant des discussions sur le paramètre iranien en termes de  stabilité au Moyen Orient ainsi que  sur les conséquences du retrait américain en Irak et en Afghanistan.

Conscient de l’importance de l’insertion des pays du Sud dans le concert des négociations climatiques et des questions énergétiques et agricoles, l’Institut Amadeus consacrera comme à l’accoutumée des sessions sur ces sujets majeurs, notamment à l’approche du COP 18 prévu à Doha à la fin  de ce mois, soit quelques jours seulement après les MEDays 2012.

Souvent présenté comme le futur eldorado des investisseurs, le continent africain fera l’objet d’une attention particulière à travers des débats sur son potentiel d’attractivité économique et les nombreux gisements de croissance identifiés au travers notamment des liens commerciaux grandissants avec les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

LA POUDRIERE DU SAHEL. Hier quelques heures après son arrivée à Tanger, le Premier ministre a fait une contribution sur le débat consacré  à « Comment faire de l’Afrique le continent du XXIè siècle ». Après avoir remercié les organisateurs du forum, Cheick Modibo Diarra, un ardent panafricaniste, a estimé que l’Afrique a les potentialités pour être le continent du 21è siècle. « Partout où j’ai été en Afrique ces dernières années, lors de mes discussions avec mes interlocuteurs, il m’est arrivé de constater que nous avions une vision partagée pour ce continent en paix avec lui-même et le reste du monde, où chaque citoyen aura la sécurité alimentaire, aura accès aux soins de santé, à une éducation de qualité », a-t-il préconisé.

Mais pour que cette vision soit une réalité, a ajouté le Premier ministre, il faut de l’emploi pour les jeunes et une bonne gestion des ressources naturelles dont regorge l’Afrique. Cheick Modibo Diarra a aussi mis l’accent sur la problématique de paix et de sécurité à laquelle est confronté le continent africain. A ce propos, il a  décrit la crise sécuritaire qui frappe notre pays depuis plusieurs mois. « Au Mali aujourd’hui, nous avons une situation

complexe qui a démarré avec la révolte d’une partie de la population avec des arguments parfois  compréhensibles et des arguments qui ne tiennent pas la route. Un groupe veut la partition du pays et un autre groupe veut appliquer la charia au Mali. Pendant que nous vivons cette situation, notre pays a été infiltré par des terroristes étrangers », a-t-il expliqué, ajoutant que le problème a dépassé le contexte malien.

Selon lui, la stratégie du gouvernement malien a été dans un premier temps de contrer les actions terroristes en prenant des mesures de sécurité draconiennes, ensuite de mobiliser la communauté internationale pour qu’elle soit à côté du Mali, et préparer et équiper l’armée nationale avant la reconquête des régions occupées. Cette intervention du chef du gouvernement n’est qu’un avant-goût des débats sur la situation dans le Sahel puisque demain,  il développera un exposé sur le thème « La poudrière sahélo-saharienne : quel rôle pour les acteurs régionaux et les grandes puissances ? », un thème d’une brûlante actualité en rapport avec la situation actuelle de notre pays dont plus de la moitié est occupée par des groupes extrémistes qui appliquent par la force et avec sauvagerie la charia et par des narcotrafiquants.

Ces groupes armés constituent une menace transnationale pour l’Afrique et l’Europe voire le monde entier. Heureusement, la  communauté internationale se mobilise aux côtés de notre pays pour la reconquête des régions occupées comme en atteste l’adoption dimanche passé à Abuja par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, du concept opérationnel stratégique d’intervention élaboré à Bamako par des experts militaires internationaux et maliens. Ce plan a été avalisé mardi par l’Union africaine  et sera soumis au Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il adopte une deuxième résolution autorisant d’enclencher la phase militaire de la reconquête du Nord.

Dans sa communication attendue demain, le Premier ministre évoquera certainement ces derniers développements. Cheick Modibo Diarra usera de la tribune que lui offrent les « MEDays » de Tanger pour poursuivre et élargir la mobilisation de la communauté internationale en faveur du Mali. Une démarche qu’il a entreprise depuis plus de six mois.

Envoyé spécial
M. KEITA

SOURCE:  du   17 nov 2012.    

2 Réactions à Le Premier ministre au forum « MEDays » de Tanger : L’Afrique et les enjeux mondiaux

  1. Kassin

    Pourquoi les « concertations nationales » sont dangereuses dans le contexte actuel du Mali?

    Les dates des « concertations nationales » sont fixées pour les 26, 27 et 28 novembre 2012.

    Pour sortir de la crise institutionnelle et sécuritaire en quoi ces « concertations » vont être inutiles et dangereuses au Mali?

    En apportant leur soutien appuyé ou tacite aux auteurs du putsch du 22 mars 2012, les partisans de ces « concertations nationales » (Mp22, Copam, CMD notamment), ont montré clairement leur mépris pour la constitution du Mali du 25/02/1992.

    Alors que rien ne justifiait la dissolution de cette constitution, les mutins de Kati et leurs apôtres de politiciens affamés ont juré de mettre le grappin sur le système démocratique du Mali, en s’attaquant d’abord à notre loi fondamentale et à nos institutions de la république sous le couvert fallacieux d’un coup d’état contre ATT et son régime qui rappelons le seraient de toutes les façons partis le 8 juin 2012, à l’issue de l’investiture du nouveau président démocratique élu par le scrutin qu’ils ont avorté, et dont le premier tour était prévu le 29/04/2012.

    Par la détermination de la communauté internationale, des amis du Mali et de la Cedeao, les aventuriers du 22 mars 2012, qui n’ont honoré aucun de leurs engagements devant le peuple malien (trahison de serment militaire, et non reconquête du nord comme annoncée dans les communiqués CNRDRE difficilement lus par les soldats de la garnison de Kati), n’ont pas réussi à triompher sur la constitution plébiscitée par le peuple malien par référendum le 25/02/1992.

    Mais à la manière des charognards qui n’abandonnent jamais la dépouille d’un cadavre gisant dans la nature, les opportunistes de tout acabit, dépeints en patriotes de la 25ème heure, organisent un bal masqué, sous le nom de « concertations » pour afin venir à bout du peu de légalité qui existe encore au Mali.

    Ces apprentis sorciers rêvent d’un « remake » de la conférence nationale de 1991 mais seulement à l’envers.

    Pourquoi?

    Tout simplement, la constitution qui est en vigueur au Mali, est une émanation de la volonté populaire clairement exprimée des maliens de toutes les régions alors que la mascarade qui débute le 26 novembre 2012, n’est ni moins ni plus qu’un business privé savamment orchestré pour assurer la promotion privée d’une bande de copains de circonstance qui ont juré de maintenir le Mali à genou pendant plusieurs décennies rien qu’en naviguant dans l’illégalité et en piétinant indéfiniment notre loi fondamentale et nos institutions de la république.

    Peuples du Mali ne soyez pas étonnés si le bal masqué des opportunistes vient vous dicter une architecture institutionnelle et politique totalement anticonstitutionnelle pour conduire la transition politique au Mali.

    C’est leur seul dessein et leur seule préoccupation, parvenir à remplacer notre constitution par une mascarade de texte issu des concertations qu’ils veulent nationales alors qu’elles n’ont même pas la qualité requise pour être locales à fortiori régionales.
    A l’issue de ce grand théâtre vous verrez certainement des propositions contre nature sur la gouvernance au Mali qui donnera sans nul doute une place de choix aux putschistes du 22 mars et de leur premier ministre  » pleins pouvoirs de l’usurpation » (grand voyageur inutile de la république) contre toutes les dispositions constitutionnelles qui régissent les fondements et le fonctionnement des pouvoirs et des institutions en république du Mali.

    L’heure est grave mes chers compatriotes et soyez vigilants pour préserver le caractère démocratique des textes qui régissent notre république et surtout leur bonne exécution dans la conduite de la transition politique au Mali.

    Aux députés élus à l’assemblée nationale du Mali, à nos juges constitutionnels, restez les gardiens de la légalité au Mali, il en va de la crédibilité du Mali en un moment charnière de la vie de notre nation.