Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius vendredi face à la presse : “Nous avons aidé le Mali à gagner la guerre contre le terrorisme. Nous allons l’aider à gagner la paix”

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En visite au Mali du jeudi 3 au vendredi 4 avril, sur invitation de son homologue malien Tiéman Hubert Coulibaly, le ministre français des Affaires étrangères et de la coopération, Laurent Fabius était face à la presse dans l’après-midi du vendredi au Grand Hôtel. Il était en compagnie du chef de la diplomatie malienne. Il a souligné l’importance du retour à la démocratie et à la paix à travers des élections libres et transparentes. Il a affirmé avoir été rassuré par tous ses interlocuteurs sur la tenue de la présidentielle en juillet prochain. Concernant le Nord, M Fabius a indiqué que le MNLA doit se désarmer le moment venu ; et que la  France poursuivra son appui au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Les ministres des Affaires étrangères, Laurent et Tieman H Coulibaly
Les ministres des Affaires étrangères, Laurent et Tieman H Coulibaly

Je suis venu ici afin de rencontrer les principales autorités du Mali “, a introduit Laurent Fabius Il a rappelé être arrivé à Bamako dans la nuit du jeudi, venant du Maroc, a été accueilli par le ministre Tiéman Hubert Coulibaly des Affaires étrangères et de la coopération internationale. Sa journée du vendredi  a été bien remplie : rencontre avec le Représentant spécial de la Commission de l’Union Africaine et chef de la mission internationale de soutien au Mali (MISMA), tête-à-tête avec le ministre Tiéman Coulibaly, séance de travail élargie au ministre Moussa Sinko Coulibaly de l’Administration territoriale et de la décentralisation. Il a ensuite rencontré le Premier ministre Diango Cissoko et le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré.

Le chef de la diplomatie française a rappelé aussi les échanges qu’il a eus autour d’un déjeuner avec les principaux représentants de la classe politiques (les partis représentés à l’Assemblée nationale). On notait à cette rencontre, qui s’est déroulée à huis clos, des responsables politiques comme Iba N’Diaye de l’ADEMA, Younoussi Touré de l’URD, Tiébilé Dramé du PARENA, IBK du RPM, Housseini Amion Guindo de la CODEM, Ousmane Bah du PDES, Fanta Mantchini Diarra du CNID(Me Tall étant en déplacement)

M Fabius s’est entretenu également avec le président de la commission dialogue et réconciliation, Mohamed Salia Sokona.  Il a précisé qu’il devrait aussi rencontrer les officiers généraux de la mission européenne EUTM et ceux de l’opération Serval.

Tous ces échanges lui ont permis de comprendre que le pays a fait beaucoup de progrès depuis le 22 mars 2012 où il s’est affaissé dans un gouffre institutionnel et sécuritaire. ” Je suis impressionné par les progrès accomplis depuis février. Des progrès importants ont été faits sur le plan de la sécurité et au point de vue institutionnel “, a-t-il déclaré en rappelant qu’il était au Mali dans la délégation du président François Hollande lors de sa visite pour soutenir le pays après le déclenchement de l’opération Serval. Pour le ministre français, les troupes maliennes, françaises et africaines ont fait un travail très remarquable, souvent au péril de leur vie. ” Nous avons aidé le Mali à gagner la guerre contre le terrorisme, nous voulons aussi l’aider à gagner la paix “, a déclaré Laurent Fabius.  .

Concernant ses impressions, il a souligné le fait anecdotique de voir dans les rues de Bamako, les drapeaux français et maliens, non seulement côte à côte, mais cousus ensemble. Ce qui  constitue tout un symbole de la convergence de vue entre Paris et Bamako. Il a mis l’accent sur la soif de réconciliation entre les Maliens et les assurances venant de tous ses interlocuteurs sur la tenue de l’élection présidentielle au mois de juillet prochain. Pour les législatives, étant donné qu’elles concernent des circonscriptions électorales, elles peuvent se tenir un peu plus tard.

Pour le chef de la diplomatie française, la réconciliation doit être pilotée par les Maliens eux-mêmes. Ce n’est pas à la France de s’ingérer dans ces questions de gouvernance. Mais cela ne l’a pas empêché d’échanger sur le sujet avec le président de la commission dialogue et réconciliation, Mohamed Salia Sokona. Cette réconciliation, à l’en croire, n’exclut pas que l’Etat malien contrôle tout son territoire, y compris Kidal. Pour ce faire, a-t-il indiqué, il faut que le MNLA soit désarmé le moment venu. Les deux conférenciers ont évoqué les questions touchant à la transformation de la MISMA en force onusienne de maintien de la paix tout en précisant que la France n’enlèvera pas tout son dispositif du Mali. Un contingent d’un millier d’hommes sera stationné sur le théâtre du septentrion pour contrer toute velléité terroriste. Un dispositif que des troupes françaises stationnées dans des pays voisins pourraient rapidement épauler en cas de besoin.

Je trouve que ce voyage est un peu court mais très utile ; mais nous avons évalué un  peu ce qui a été fait ; ce que nous avons pu faire depuis le mois de décembre 2012 au plan international grâce au leadership du ministre Laurent Fabius “, a ajouté Tiéman H Coulibaly. Il a expliqué les autres aspects de la mobilisation internationale au chevet du Mali. Une réunion doit se tenir le 15 mai prochain à Bruxelles pour voler au secours du pays de Soundiata  Kéita afin de l’aider rapidement  et financièrement à se relever.

 

Bruno D SEGBEDJI

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