Réunion tripartite Mali, Burkina Faso et Côte d’Ivoire : Un cadre de coopération triangulaire pour accélérer l’intégration des peuples

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de développement des pays concernés.  Réunion au cours de laquelle, les échanges ont abouti à la création d’un cadre de coopération triangulaire nommé la " Tripartite de l’Amitié " dont les objectifs sont entre autres, promouvoir l’intégration de proximité, permettre les échanges d’expérience entre les organisations socioprofessionnelles des trois pays aux frontières, concevoir et promouvoir des projets de développement économique et socioculturel bénéfiques pour les populations.

 Les travaux des experts se sont ouverts le mardi 15 janvier à l’hôtel du Cinquantenaire de Sikasso sous la présidence du chef de Cabinet du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Sékouba Cissé. Il était assisté des ambassadeurs Sanné Mohamed Topan du Burkina Faso et Samuel Ouattara de la Côte d’Ivoire. Ils représentaient leurs ministres des Affaires étrangères respectifs. Cette rencontre de haut niveau a aussi regroupé les gouverneurs et préfets de Korhogo,  Ouangolodougou et Sikasso. Ainsi que des experts de différents secteurs de développement des trois pays concernés.

Au cours de cette première réunion, les différentes délégations ont noté la nécessité de la création d’un cadre de coopération, socle sur lequel, les régions du triangle poseront les actes concourant à l’intégration, à la sécurité, à la stabilité et au développement socio-économique de la zone.

Toutefois, après deux jours d’échanges, les travaux furent sanctionnés par l’adoption d’un projet de feuille de route et d’un projet d’accord portant création d’un cadre de coopération en faveur du développement des régions frontalières de la Tripartite de l’Amitié et qui seront soumis à l’appréciation des ministres des Affaires étrangères des trois pays.

Les experts ont passé en revue tous les secteurs de coopération triangulaire et ont convenu de concentrer leurs efforts sur les actions prioritaires.

Il est prévu, une fois par an et en cas de besoin, l’organisation d’une rencontre entre les chefs des circonscriptions administratives et les responsables des collectivités territoriales des régions frontalières du triangle. Cela, en vue de favoriser le jumelage entre les collectivités territoriales des régions concernées.

Dans le volet agriculture, élevage et ressources naturelles, il a été question de focaliser les attentions sur la recherche conjointe de financement pour les projets fédérateurs du programme régional de protection intégrée du cotonnier en Afrique et du projet de prévention de la contamination du coton graine, de l’aménagement du bassin de la Comoé, des pistes rurales et des bas-fonds frontaliers, notamment de Ouéleni et Nimbougou en vue de développer les activités agro-sylvo-pastorales. S’y ajoutent la construction de centres de transformation et de conservation des productions végétales et animales et l’harmonisation de la lutte contre les maladies animales transfrontalières et du verger. S’agissant du volet économie et finance, les experts ont adopté un protocole d’accord tripartite relatif aux modalités d’application de la convention d’assistance administrative mutuelle en matière de douane de la CEDEAO. Ils se sont, en outre, mis d’accord pour la tenue, deux fois par an, de réunions entre les responsables douaniers en charge de la lutte contre la fraude et les responsables des bureaux nationaux de renseignements et de l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers. Sans oublier dans le volet sanitaire de l’élaboration d’un guide de procédures opérationnelles standardisées pour la gestion transfrontalière des épidémies et de la vaccination contre certaines endémies majeures.

Le volet équipement et transport est aussi loin d’être moins important en raison du rôle majeur qu’il joue dans l’intégration des peuples. Aussi, les experts se sont-ils engagés à développer les infrastructures de communication et de desserte et assurer la fluidité du trafic sur les principaux axes concernés, garantir la libre circulation des personnes et des services conformément aux objectifs de l’Uémoa et de la Cédeao par la suppression des barrières tarifaires, veiller au strict respect des dispositions du règlement Uémoa du 16 décembre 2005 sur les procédures de contrôle de gabarit, de poids et de la charge à l’essieu.

Mieux, les experts des trois pays ont convenu de la création des comités villageois de sécurité routière sur les axes agréés, de la modernisation du système des transports par la mise en place d’une politique d’acquisition de véhicules neufs et adaptés au transport de certains produits en raison de leur spécificité. Il est aussi prévu la construction et l’entretien des aires d’entreposage des produits de cru, notamment ceux périssables et l’aménagement des parkings pour les véhicules de desserte de marché.

Par ailleurs, dans le cadre du commerce et de l’industrie, il est prévu la mise en place d’unités de transformation des matières premières dans l’une des trois villes choisies avec le consentement de toutes les parties prenantes dans le domaine des filières agro-industrielles telles que le coton, les fruits et légumes, la filière bétail-viande au regard même de la forte potentialité dont disposent ces régions frontalières, de l’organisation tournante de foire conjointe tous les deux ans dans l’une des trois régions. Et de la mise en place d’un comité conjoint Côte d’Ivoire-Burkina Faso-Mali chargé d’examiner les problèmes liés aux échanges commerciaux entre les trois villes et de proposer des actions visant à promouvoir ces échanges commerciaux.

La tenue de rencontres instituées et d’échanges d’informations en vue de renforcer la lutte contre la criminalité transfrontalière et le respect des recommandations de l’Uemoa en matière de contrôle de police sur les axes routiers des régions concernées, sont entre autres, dispositions phares prises dans le cadre du renforcement de la sécurité des personnes et des biens entre les trois pays.

Toujours est-il que dans la feuille de route, les experts ont aussi fait la part belle aux secteurs du tourisme, de l’artisanat et de la culture, de la formation professionnelle et de l’emploi, de la communication et de la jeunesse et des sports en vue d’une matérialisation de la coopération triangulaire entre les villes frontalières.

Toutefois, les recommandations issues de cette rencontre feront l’objet d’un suivi assuré par un comité exécutif créé à cet effet sous la coordination des ministères des Affaires étrangères des trois pays.

              Abdoulaye DIARRA Envoyé Spécial

 

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