Route Bamako-Kangaba : De la belle ouvrage

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Le joyau tient sa particularité de la nature difficile de la zone qu’il traverse. Sa construction a coûté près de 17 milliards de Fcfa financés sur le budget national.

Elle est enfin là. Désormais, l’on peut rouler sur le bitume de Bamako à Kangaba. Le beau ruban de bitume a été inauguré hier à Kangaba par le président de la République, Amadou Toumani Touré. La cérémonie a mobilisé du beau monde : des membres du gouvernement, des représentants d’institutions ainsi que de nombreuses personnalités dont l’ancien Premier ministre et député à l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keïta. Les populations de la vingtaine de localités traversées sont sorties massivement tout au long de la route et ont réservé un accueil délirant au chef de l’Etat. L’effervescence était également exceptionnelle sur la place où a eu lieu la cérémonie d’inauguration. Longue de 86 km, la route Bamako-Kangaba est un axe important du désenclavement intérieur et extérieur. Elle traverse une dizaine de villages du Mandé et constitue l’une des principales voies par laquelle les populations constituées en majorité d’agriculteurs et d’éleveurs transportent leurs produits vers Bamako.

La voie est aussi fréquentée par les camions de transport de sable et de gravier approvisionnant une partie de la capitale avec ces matériaux de construction. C’est suite à cet intense trafic et aux effets cumulés du temps et des intempéries que la chaussée en terre s’était totalement dégradée. Il fallait plus de trois heures pour relier la capitale à Kangaba. Et pendant l’hivernale la voie devenait quasiment impraticable. On peut donc imaginer le calvaire de la population de la zone dont plupart des activités de production et d’échange sont dirigées vers la capitale. La joie des localités desservies par la route est à la hauteur de son utilité. Il faut sans doute rappeler que quelques semaines après le lancement des travaux de bitumage par le président de la République, Amadou Toumani Touré, en juin 2008, des habitant de la zone avaient marché de Kangaba à Bamako pour venir remercier le chef de l’Etat. Au début le chantier a connu des difficultés liées notamment à un litige entre l’entreprise chinoise Covec chargée de l’exécution des travaux et des élus locaux.

L’exploitation par l’entreprise d’une carrière pour extraire les matériaux de construction de la route était à la base du différend. Covec avait été contrainte de suspendre les travaux pendant plusieurs mois. Le différend s’était heureusement aplani. Au finish c’est une belle route qui vient d’être livrée aux usagers. Sa construction a coûté près de 17 milliards de Fcfa financés sur le budget national. La surveillance et le contrôle des travaux ont été assurés par le bureau malien Socetec, dirigée par l’ingénieur, Ciré Diakité. Techniquement la route a une largeur totale de 10 m dont 7 m de chaussée. Elle est protégée par 92 ouvrages dalots et est construite en béton bitumineux sur environ 50 km. De Sébénicoro en Commune IV du district de Bamako à Kangaba en passant par les localités de Samaya, Farabana, Samalé, Djoliba, Bancounana, le joyau fait la fierté des populations. La route Bamako-Kangaba tient sa particularité de la nature difficile de la zone qu’elle traverse.

Le tracé est en effet, situé dans un bassin où se déversent quasiment toutes les eaux venant des collines de Siby. De même, cette route est soumise à un important trafic des camions qui transportent du sable et du gravier exploités presque à ciel ouvert dans la zone. Pour résoudre ces problèmes, la route a été construite en digue et en béton bitumineux renforcé sur près de 50 km. Un autre gros avantage de la route Bamako-Kangaba est qu’elle permet de relier notre capitale à Conakry. Du coup elle raccourcit de plus de 100 km l’actuelle voie Bamako-Conakry qui passe par Naréna et Kourémalé. « La réalisation de cette infrastructure, tout en favorisant la croissance économique, sera également un puissant facteur de facilitation des échanges de toutes natures entre Kangaba et Bamako d’une part, et entre la cité mythique du Mandé et d’autres destinations dont la République sœur de Guinée. Elle permettra en outre de réduire de façon substantielle les coûts de transports et le temps de parcours », a commenté le ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga. Il a précisé que la réalisation de cette route met également fin aux attentes interminables des voyageurs pour avoir un véhicule de transport et celle des angoisses liées aux évacuations sur Bamako pour les autorités sanitaires du cercle Kangaba et les populations locales.

Le représentant du maire de Minidian, Mamourou Kéïta, a exprimé la joie et l’intérêt des populations pour la réalisation de cette route qui va donner un coup d’accélérateur au développement de la recherche et à l’extraction minière dans la zone. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, s’est réjoui de la réalisation de cette route, une promesse qu’il avait faite à la population. Il a rappelé la marche des habitants pour venir le remercier à Koulouba après le lancement des travaux. Il a salué la qualité de la route notamment le nombre impressionnant des ouvrages de protection. Comme à chaque fois qu’il ouvre une voie à la circulation, le chef de l’Etat a exhorté les usagers à protéger la route et à respecter le code de la route pour réduire les accidents de la circulation. Amadou Toumani Touré a annoncé une autre bonne nouvelle : les démarches sont engagées pour bitumer le reste de la voie jusqu’à la frontière avec la Guinée, longue de seulement 35 km. Ainsi, une grande partie du trafic pourrait basculer sur la nouvelle voie contribuant à prolonger la vie de nos routes.

Envoyés spéciaux

Be. COULIBALY et

N. SAMAKE

 

 

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