Le programme Mali –nord de la GTZ vient d’envoyer trois missions dans les camps de refugiés maliens du Burkina Faso, du Niger et de la Mauritanie.

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Objectif : promouvoir le dialogue inter –communautaire dans la perspective d’une réconciliation entre les communautés du nord –Mali.

La délégation du Niger était conduite par l’honorable Bajan Ag Hamatou, député élu à Ménaka et petit –fils de Firhoun, résistant touareg à la pénétration coloniale. Et celle de la Mauritanie, par Mohamed El Omrani, ancien ambassadeur et leader de la communauté arabe du Mali.

Dr Henner Papendieck
Dr Henner Papendieck

Quant à la délégation du Burkina Faso, elle est pilotée par Youssouf Ibrahim Maïga, leader de la communauté Songhoï.

Pour Dr Henner Papendieck, représentant du programme Mali –nord de la GTZ et initiateur de ces trois missions, il s’agit de jeter les bases d’une réconciliation, entre les communautés du nord, dans les camps de réfugiés, d’abord.

Ensuite, après le retour des refugiés dans leurs localités respectives.

De retour de mission, les trois chefs de délégation se déclarent satisfaits. Satisfaits d’avoir ‘ ‘répandu la bonne parole’’ dans les camps de réfugiés. Satisfaits d’avoir été entendus. (Lire nos interviews)

Ce n’est pas la première fois que le programme Mali –nord de la GTZ s’investit pour le retour de la paix et de la stabilité au nord et au centre du notre pays. Au lendemain de la signature du Pacte national, en avril 1992, qui a mis fin à la rébellion touareg, le gouvernement malien avait sollicité son homologue allemand, afin de contribuer au retour de la paix et de la stabilité dans les régions –nord du Mali.

Il s’agissait, pour la coopération allemande à travers la GTZ, de proposer des « alternatives intelligentes au conflit ». notamment, à travers la dotation des régions du nord et du centre d’infrastructures de base : écoles, centre de santé, mairies, medersa, bureaux pour l’administration, marchés pour les activités génératrices de revenus pour les femmes et les artisans etc…

Plus de 2,25 milliards CFA investis au nord par la GTZ

C’est en janvier 1995 que le programme Mali –nord a débuté. Financé par la KFW et réalisé par la GTZ, il était piloté par Dr Henner Papendieck et Mr Yéhia Ag Mohamed Ali, actuel ministre de l’Artisanat et du Tourisme, seul membre du gouvernement de transition à avoir décidé de reverser ses frais de mission au Trésor public. Sans tambour, ni trompette.

Il s’agissait, à l’époque, pour Henner et Yéhia Ag Mohamed de s’atteler au repeuplement du nord, dont plusieurs localités avaient été abandonnées par les populations fuyant les combats entre l’armée malienne et les rebelles touareg.

Ainsi des centres de santé, des écoles, des mairies, des marchés… ont été construits dans les zones nomades et semi –nomades.

En collaboration les comités consultatifs mis en place dans les localités concernées, les besoins des populations ont été recensés. Dans la région de Tombouctou, tous les arrondissements de Goundam –ou presque –ont bénéficié d’infrastructures de base : écoles, centres de santé, mairies, médersa, marchés etc…

 Créer les conditions pour un retour à la paix et à la stabilité

 Ces travaux à haute intensité de main d’œuvre a, non seulement, favorisé le retour des refugiés dans leurs localités ; mais aussi, relancé l’activité économique dans le septentrion malien. Un exemple : le coût moyen d’une école de trois classes est de 26 millions CFA. Le coût des materiaux importés, hors de la région, est de 8,86 millions CFA. Soit un taux de valeur ajoutée de 66 %. Autre exemple : les frais de gestion de la GTZ ont servi à payer des salaires aux travailleurs locaux et à financer le transport. Le taux approximatif des frais de gestion injecté dans l’économie locale est de 66 %.

Outre la région de Tombouctou, zone d’intervention du programme, deux autres régions ont bénéficié d’investissements : Dioura et Youwarou dans la région de Mopti et Nampala, dans la région de Ségou. Coût de l’investissement : 134,1 millions CFA à Mopti et 69,9 millions CFA à Ségou.

Au total le programme Mali –nord de la GTZ a investi, de 1997 à 2001, plus de 2,25 milliards CFA dans les infrastructures au profit de ces trois régions.

« le programme de reconstruction Mali –nord II et III a permis de jouer un rôle de grands travaux à l’échelle locale par une injection intense de revenus dans l’économie. Il a servi de moteur à la relance économique », conclut le rapport élaboré, à l’issue du projet, par Henner Papendieck et Yéhia Ag Mohamed Ali.

Et la mission, initiée en janvier dernier dans les camps de refugiés maliens au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger, s’inscrit dans cette optique : créer les conditions pour un retour à la paix et à la stabilité au nord du Mali.

Oumar Babi 

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2 COMMENTAIRES

  1. Quelle fameuse mission, pour des élus qui ont abanadonné comme l’état leur population en detresse. Surtout le cas de Menaka ou ce petit fils e firhoun et Député à l’Assemblée Nationale du Mali a son frere Maire d’Anderamboukane qui est Ministre MNLA, après leur defaite contre MUJAO à Ménaka, ils ont changé de camp par Interview en date du 10 Décembre 2013 sur RFI de ce Maire en la personne de Aroudeiny AG Hamatou en ralliant ANCAR ADDINE.
    que les malens reflechissent sur un Pas déhort et un autre dédans.

  2. Bonjour,
    Tout en privilégiant les zones du Nord Mali, les casques bleus et la force offensive parallèle (qui est indispensable) devront SÉCURISER AUSSI LES AUTRES RÉGIONS DU MALI aussi bien la population que les ramifications régionales de la commission nationale de dialogue et réconciliation.

    ATTENTION, dès que la sérénité regagne ou regagnera une partie du Mali, des groupes armés (MNLA, MUJOA, …) auront tendance ou souhaiteront y commettre des exactions si la partie concernée n’est pas suffisamment sécurisée.

    Comme je l’avais indiqué dans ma proposition de sortie de crise, cette sécurisation doit s’étendre à toutes les régions et doit concerner toutes les communautés.

    Le Mali et les partenaires devront organiser le retour de l’administration, des populations déplacées dans leurs lieux de résidence habituels tout en leur fournissant des ressources pour VIVRE ou fonctionner et pour RECONSTRUIRE DURABLEMENT leurs zones.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC/GOUVERNANCE

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