Réunion ministérielle de coordination du C-4 à Bamako du 26 au 28 octobre : Le Mali ambitionne de donner une nouvelle dimension à l’organisation pour la promotion de la filière coton

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Le Mali ambitionne de donner une nouvelle dimension à l'organisation pour la promotion de la filière coton

Bamako va abriter du 26 au 28 octobre prochain, la réunion ministérielle du groupe des Quatre pays Co-auteurs de l’initiative sectorielle en faveur du coton africain. Le Mali, qui assure la présidence du groupe qui comprend le Bénin, le Burkina Faso, le Tchad entend donner  un nouveau souffle à cette organisation commune.  C’est la volonté affichée par le ministre malien du Commerce, Abdel Karim Konaté.

Le coton, appelé aussi l’or blanc, joue un rôle crucial dans le développement de plusieurs pays d’Afrique, notamment en Afrique de l’ouest et du centre. Il représente près de 30% des recettes d’exportation, sa production, sa transformation et sa commercialisation font vivre directement ou indirectement plus de 20 millions de personnes dans cette région.

Depuis plusieurs années, le coton africain, pourtant naturellement compétitif, souffre de l’impact de la politique de subvention et soutien interne observée par certains pays développés membres de l’OMC ou en développement en faveur de leurs producteurs de coton. Cette pratique ayant pour effet de faire baisser les prix de cette matière sur le marché international.

Pour pallier à cette situation, quatre pays de Afrique de l’ouest et du centre (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad) fortement touchés par ces distorsions ont conjointement soumis à l’OMC, le 30 avril 2003, une proposition intitulée “ Réduction de la pauvreté : initiative sectorielle en faveur du coton “, donnant ainsi naissance au groupe des “ Quatre pays co-auteurs de l’initiative sectorielle en faveur du coton africain à l’OMC (C-4) “.

Depuis le 20 avril 2015, le Mali assure la coordination du C-4. A ce titre, le ministre du Commerce du Mali est le ministre coordonnateur du groupe. Ainsi, sous cette présidence portée par le ministre Abdel Karim Konaté, le C-4 a initié et obtenu une décision lors de la 10ème conférence ministérielle de l’OMC, tenue à Nairobi au Kenya, du 15 au 19 décembre 2015.

Selon cette décision, les Etats membres de l’OMC s’engagent à autoriser l’accès à leurs marchés du coton et  de ses produits dérivés des pays les moins avancés (PMA) producteurs et exportateurs à compter du 1er janvier 2016.

Pour la concurrence à l’exportation, les disciplines et les engagements de la décision ministérielle seront observés pour le coton et ses dérivés des PMA par les pays développés membres à partir du 19 décembre 2015 et par les pays en développement membres à compter du 1er janvier 2017.

Les pays membres ont décidé, également d’assurer, au titre du développement, le financement des projets et programmes intégrateurs nationaux et régionaux en faveur de la filière coton.

C’est dans ce contexte que le Mali, à la faveur de la réunion ministérielle de  coordination prévue à Bamako du 26 au 28 octobre 2016, ambitionne de mieux structurer le C-4 et le rendre plus opérationnel pour plus d’efficacité afin d’assurer la promotion de la filière coton du Mali, du Bénin, du Burkina Faso, du Tchad ainsi que des autres pays d’Afrique et des PMA producteurs et exportateurs du coton.

Il faut souligner que le Directeur général de l’OMC, le diplomate brésilien Roberto Carvalho Azevêdo est attendu à cette rencontre qui devra marquer un tournant important dans l’avenir du C-4.

Dès le 26 octobre, premier jour de la rencontre, les experts vont passer au peigne fin les différents documents  qui seront soumis aux ministres le lendemain. Une sortie de terrain est programmée le 28 à Fana où les participants auront l’opportunité de visiter l’usine d’égrainage de la CMDT  et un champ de coton.

Le coton : une aubaine pour le Mali

Le coton représente une part importante dans l’exportation des quatre pays membres de C-4. Pour le Mali, après l’or, le coton occupe la deuxième position en termes de recettes d’exportations pour le trésor public. Plus de 3,5 millions de personnes vivent de cette production qui est aussi un moteur d’accroissement de la productivité des cultures céréalières. La production attendue cette année par la CMDT est de 650 000 tonnes et un objectif de 800 000 tonnes en 2018.

Après avoir mis l’accent ces dernières années sur la qualité au détriment de la quantité, la CMDT a décidé d’étoffer et de moderniser son parc industriel pour l’égrainage d’une forte production.

YC

 

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