INSPECTION DES MARCHANDISES: LES NON DITS D’UN DOSSIER TRUQUE !

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Le dépouillement des offres des sociétés soumissionnaires (quatre au total) de l’appel d’offres international concernant le dossier PVI a été réalisé, le 2 octobre dernier, dans une terrible confusion où l’incompétence a rivalisé avec les irrégularités procédurières de toutes sortes. Comment le ministère de tutelle compte-t-il s’y prendre pour garantir la sincérité d’une opération aussi importante que celle-ci relative à la sécurisation des marchandises importées ?
 
Le traitement des offres des quatre sociétés soumissionnaires de l’appel d’offres international ouvert dans le pays, pour le recrutement d’une société d’inspection avant expédition et de scanning à destination des marchandises importées au Mali, n’a pas respecté l’orthodoxie commerciale en la matière. De graves irrégularités décelées çà et là ont entaché l’opération en question qui s’est soldée par la mise à l’écart de Cotecna, la société d’inspection en activité, et l’ITS. A l’issue de cette opération de dépouillement, deux autres seront retenues : BIVAC et la SGS, l’ancienne société d’inspection détrônée par Cotecna.
Le lundi, 2 octobre, il y a eu le dépouillement des offres au niveau du patronat. Les irrégularités ont été énormes, selon de nombreuses sources proches du dossier. Et pour preuve ! Concernant la SGS, société disqualifiée techniquement, il est à remarquer cette société était frappée par les prescriptions du dossier d’appel d’offres relativement au programme de vérification des marchandises, tel qu’il est concerné dans ce marché. De la même manière, cette société, qui a été retenue pour accompagner BIVAC, après l’écartement de Cotecna, n’a aucune expérience commerciale avérée de la gestion du scanner. D’ailleurs, dans le cahier de charges, il est expressément stipulé que la société qui gagne le marché du PVI, intégré au scanner, devra commencer dès le 1er janvier prochain à mettre sur place cette technologie. Or, sans ses offres techniques, la SGS a proposé qu’elle ne sera en mesure de débuter cette activité qu’après deux années d’exercice. On le voit, cette société ne répondait pas aux exigences formulées par ce marché. Pourtant, elle a été retenue par la commission de dépouillement au détriment du Cotecna qui, elle, bénéficie des cinq années d’expérience dans le domaine du PVI intégré au scanner. Elle est d’ailleurs la seule société soumissionnaire à revendiquer une telle performance commerciale.
A l’analyse de ce dossier, on se rend compte d’un manque de sérieux évident dans le traitement d’une affaire d’intérêt national, comme le PVI, où le défi est lié à la sécurité des recettes du pays. Aussi, dans le même dossier, l’incompétence des structures d’encadrement, comme le patronat en tête, est-elle notoire d’autant que la SGS devrait être écartée à cause des irrégularités contenues dans son offre technique. Au lieu de cela, on a fait usage de subterfuges pour colmater les brèches. Car, dit-on, l’élimination de la SGS à ce stade de la compétition était assimilable à un arrêt définitif d’autant que BIVAC ne pouvait pas être opposée à elle après l’élimination des trois autres sociétés. L’incompétence est également liée au fait que Cotecna a été écarté à cause d’une confusion entretenue entre le K.biss ( simple équivalent du numéro du registre de commerce) et le quitus fiscal international qui n’existe d’ailleurs pas en réalité. Cotecna, qui multiplie les marchés en Afrique, n’entend pas baiser les bras face à une telle situation, manifestement assimilable à de graves anomalies commerciales. C’est pour cela, dit-on dans l’entourage de cette société, que des avocats de renom, membres de Transparency international et ayant de grandes aptitudes en matière des procédures de passation de marchés publics, sont déjà commis pour défendre les intérêts lésés de la société qui entend coûte que coûte faire triompher la légalité dans ce domaine économique et fiscal ô combien stratégique pour l’Etat.

Par Sékouba SAMAKE  

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