Économie en berne, l’autre crise malienne

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Bamako, dans le quartier de Sogonikko, le marché alimentaire et très populaire de Sébénikoro.

Le coup d’Etat du 22 mars et l’occupation du nord du Mali par des groupes islamistes armés ont évidemment des conséquences politiques et sécuritaires. Mais également des conséquences économiques et sociales dévastatrices. Le Mali est en récession et les populations souffrent durement de ce ralentissement.

 Avant les événements, le Mali tablait sur une croissance de plus de 5%. L’économie devrait finalement être en récession d’environ 2%, et l’Etat estime le coût de cette crise pour les finances publiques à 400 milliards de FCFA (600 millions d’euros).

« Je gagne environ moitié moins que l’année dernière, affirme Djigui Keïta, chauffeur de taxi à Bamako depuis une dizaine d’années. C’est dur ! Il faut se priver ! ». Pour lui, la cause est simple : « Avant, j’avais beaucoup de clients européens, mais maintenant ils ne sont plus là ».

Depuis plusieurs années déjà, la menace dans le nord du Mali des preneurs d’otages d’Aqmi dissuadait largement les touristes. Mais il en restait et, surtout, la présence de tous les entrepreneurs, coopérants et autres personnels d’ONG venus de l’étranger constituait encore une immense source d’activité.

Mais depuis le coup d’Etat du 22 mars, la plupart des ressortissants occidentaux ont plié bagages. « Depuis le coup d’Etat, tout s’est arrêté, confirme Mamoutou Dicko, chef réceptionniste d’un hôtel de Bamako. L’année dernière, à cette période, on avait une dizaine de clients, on pouvait même faire le plein. Actuellement nous avons deux clients, des ressortissants de la sous-région qui sont de passage ».

Sur le marché de Sébénikoro, les commerçants ressentent les effets de la crise.
RFI

« Ce sont les populations qui souffrent ! »

Après les hommes, ce sont les capitaux qui fuient le Mali. L’aide internationale représente près d’un tiers du budget malien. Mais après le coup d’Etat militaire, les bailleurs de fonds décident de sanctionner les putschistes : les aides sont suspendues.

« L’ Ėtat reste le premier client des entreprises maliennes, explique Djibril Baba Traoré, chef d’entreprise et président au Mali du Réseau des entreprises en Afrique de l’Ouest. Elles ont donc toutes été affectées. La désertion des ONG, elles aussi clientes, a également posé problème. Aujourd’hui, les entreprises indiquent des chiffres d’affaires en baisse de 30 à 50% ! ».

« L’impact social de cette baisse d’activité est énorme, poursuit-il. Les entreprises sont obligées de faire du chômage technique et les populations sont privées de leurs revenus ».

Hamma Abba Cissé, deuxième vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, ne décolère pas : « Ces sanctions sont injustes, car ce sont les populations qui en souffrent ! Les ministres n’en souffrent pas, ni leurs chefs de cabinet ! Moi-même, je peux nourrir ma famille… mais pour ceux qui ne peuvent pas ? C’est un autre problème ! », tempête-t-il.

D’autant que les Maliens, entreprises et particuliers, sont mis à contribution. Pas le choix, les prélèvements sont l’ultime ressource de l’Etat. Les subventions sur l’essence et le gaz diminuent. Et les impôts, eux, augmentent. Pour tous, les difficultés s’accumulent.

« Ces derniers mois, on s’en sort mal, se lamente Astou Ba, promotrice d’un salon de coiffure bamakois. Les gens n’ont plus d’argent, ils ne viennent plus. Nous bradons nos prix pour que les clientes viennent, mais j’ai dû licencier la moitié de mes employés. Personnellement, j’ai même déménagé dans un appartement moins cher ».

Entassés entre Railda et la cathédrale de Bamako, les étals du Grand marché se succèdent. Ici, on trouve absolument tout : de la bouilloire en platique au poisson séché, en passant par les sacs à main d’occasion, les maillots de foot et les assiettes de riz sauce. « Je vends des accessoires pour les voitures, dit Mohamed Dembélé. Mais en ce moment je ne vends rien. Les gens ne dépensent plus leur argent que pour acheter à manger ».

« Les temps sont trop durs »

Et encore… De l’autre côté du fleuve, Fatoumata Koné est vendeuse sur le marché alimentaire et très populaire de Sébénikoro. Pâtes, cubes Maggi, tomate concentrée… « Les gens n’ont pas d’argent, répète-t-elle à son tour, les temps sont trop durs. Je ne vends rien, je n’ai presque pas de revenus. Je n’arrive pas à faire face à tous mes besoins pratiques ».

À quelques mètres, Sita Maricko vend des boulettes de poisson. « Avant je préparais d’autres plats. J’achetais du riz, des haricots, du mouton… Mais les prix ont trop augmenté ! Moi-même je mangeais des ignames, des pâtes, des pommes de terre… Aujourd’hui, je ne peux plus me le permettre ». Et de conclure par ce souhait, décuplé par le désarroi d’une vie devenue plus difficile : « Il faut que le Mali se stabilise ».

 

pAR Par David Baché /  rfi / 17/11/2012

5 Réactions à Économie en berne, l’autre crise malienne

  1. Kassin

    Pourquoi les « concertations nationales » sont dangereuses dans le contexte actuel du Mali?

    Les dates des « concertations nationales » sont fixées pour les 26, 27 et 28 novembre 2012.

    Pour sortir de la crise institutionnelle et sécuritaire en quoi ces « concertations » vont être inutiles et dangereuses au Mali?

    En apportant leur soutien appuyé ou tacite aux auteurs du putsch du 22 mars 2012, les partisans de ces « concertations nationales » (Mp22, Copam, CMD notamment), ont montré clairement leur mépris pour la constitution du Mali du 25/02/1992.

    Alors que rien ne justifiait la dissolution de cette constitution, les mutins de Kati et leurs apôtres de politiciens affamés ont juré de mettre le grappin sur le système démocratique du Mali, en s’attaquant d’abord à notre loi fondamentale et à nos institutions de la république sous le couvert fallacieux d’un coup d’état contre ATT et son régime qui rappelons le seraient de toutes les façons partis le 8 juin 2012, à l’issue de l’investiture du nouveau président démocratique élu par le scrutin qu’ils ont avorté, et dont le premier tour était prévu le 29/04/2012.

    Par la détermination de la communauté internationale, des amis du Mali et de la Cedeao, les aventuriers du 22 mars 2012, qui n’ont honoré aucun de leurs engagements devant le peuple malien (trahison de serment militaire, et non reconquête du nord comme annoncée dans les communiqués CNRDRE difficilement lus par les soldats de la garnison de Kati), n’ont pas réussi à triompher sur la constitution plébiscitée par le peuple malien par référendum le 25/02/1992.

    Mais à la manière des charognards qui n’abandonnent jamais la dépouille d’un cadavre gisant dans la nature, les opportunistes de tout acabit, dépeints en patriotes de la 25ème heure, organisent un bal masqué, sous le nom de « concertations » pour afin venir à bout du peu de légalité qui existe encore au Mali.

    Ces apprentis sorciers rêvent d’un « remake » de la conférence nationale de 1991 mais seulement à l’envers.

    Pourquoi?

    Tout simplement, la constitution qui est en vigueur au Mali, est une émanation de la volonté populaire clairement exprimée des maliens de toutes les régions alors que la mascarade qui débute le 26 novembre 2012, n’est ni moins ni plus qu’un business privé savamment orchestré pour assurer la promotion privée d’une bande de copains de circonstance qui ont juré de maintenir le Mali à genou pendant plusieurs décennies rien qu’en naviguant dans l’illégalité et en piétinant indéfiniment notre loi fondamentale et nos institutions de la république.

    Peuples du Mali ne soyez pas étonnés si le bal masqué des opportunistes vient vous dicter une architecture institutionnelle et politique totalement anticonstitutionnelle pour conduire la transition politique au Mali.

    C’est leur seul dessein et leur seule préoccupation, parvenir à remplacer notre constitution par une mascarade de texte issu des concertations qu’ils veulent nationales alors qu’elles n’ont même pas la qualité requise pour être locales à fortiori régionales.
    A l’issue de ce grand théâtre vous verrez certainement des propositions contre nature sur la gouvernance au Mali qui donnera sans nul doute une place de choix aux putschistes du 22 mars et de leur premier ministre  » pleins pouvoirs de l’usurpation » (grand voyageur inutile de la république) contre toutes les dispositions constitutionnelles qui régissent les fondements et le fonctionnement des pouvoirs et des institutions en république du Mali.

    L’heure est grave mes chers compatriotes et soyez vigilants pour préserver le caractère démocratique des textes qui régissent notre république et surtout leur bonne exécution dans la conduite de la transition politique au Mali.

    Aux députés élus à l’assemblée nationale du Mali, à nos juges constitutionnels, restez les gardiens de la légalité au Mali, il en va de la crédibilité du Mali en un moment charnière de la vie de notre nation.

  2. le scientifique

    eop , tu penses vraiment qu’au mali il n’y a pas de sdf .

  3. Aliba

    Toute chose a une fin. :cry: :cry: :cry:

  4. A vos armes, prêts, partez!

    Amusante cette information! tordante, même! N’a-t-on pas encore en mémoire notre cmd qui, grand spécialiste du mensonge et du « moi je », se vantait triomphalement en affirmant aux naïfs qu’avec sa « gestion exceptionnelle », le Mali s’en sortait très bien sans l’aide extérieure!?!?!?

    Je me souviens avoir expliqué à l’époque, il n’y avait alors que le grand Kassi pour voir la même chose, que ce connard était tout simplement en train de taper dans ce qui restait des fonds d’équipements destinés aux routes, aux ponts, aux infrastructures, etc… Et je me souviens avoir écrit dans la foulée, que ces fonds eux-mêmes n’étaient pas éternels, et que cet imbécile irresponsable allait nous amener à la situation suivante: Plus un franc pour le moindre chantier, ET en même temps, le pays en faillite! NOUS Y SOMMES! Il n’y a plus un chantier à Bamako, les routes sont dans état qui nous rappelle le Bamako des années 90, et maintenant, on est en plus obligés de mendier en extrême urgence pour pouvoir assurer le quotidien!

    Bravo pour la gestion débile d’un pm débile et manipulateur! Tout ce qu’il a gagné, c’est soigner son image de grand gestionnaire (auprès des illetrés de rue) quelques mois de plus, et maintenant, le Mali n’a plus RIEN grâce à lui: Ni fonds d’équipements, ni de quoi vivre!
    Mais partant du principe établi qu’ici au Mali, on met généralement des mois avant de comprendre ce que tous les observateurs extérieurs comprenne aussitôt, il s’en trouve encore pour applaudir cette nullité, comme il se trouve encore quelques cerveaux atrophiés pour admirer sanogo! :-D :-D :-D :-D

  5. eop

    En France c’est encore plus dur avec des centaines de personnes qui meurrent malheureusement dans la rue.Au MALI, tout le monde a une maison son emtreprise(les champs).Les Maliens doivent savoir que personne n’a ceux qu’ils ont.Evidemment, il faut continuer encore à travailler toujours travailler.Pauvre journaliste David BACHE!