Manque crucial d’eau à Lafiabougou Des coupures d’eau fréquentes perturbent le sommeil des populations.

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Les populations du quartier Lafiabougou souffrent énormément pour s’approvisionner en eau potable depuis plusieurs mois ou même des années. Des coupures d’eau débutent tôt le matin aux environs de sept heures et se prolongent jusque tard dans la nuit (aux environs de 02h).

Cette situation occasionne de gros désagréments et une véritable galère pour les populations surtout les femmes qui peinent à trouver le « liquide précieux ». L’équipe de KayesInfos qui a effectué une visite dans le quartier a constaté, à des heures tardives de la nuit, que des femmes et des enfants portaient des bassines d’eau sur la tête,  des hommes les bouteilles vides sur les épaules tel était le décor des ruelles avec un spectacle désolant de ces écoliers qui sont à la recherche de quoi se laver avant d’aller à l’école le matin…

En effet, c’est à des heures indues de la nuit, que jeunes garçons, femmes et enfants, marchent entre les ruelles, souvent plongées dans l’obscurité, du quartier de Lafiabougou à  la recherche du liquide précieux à travers des fontaines d’eau. Tous les récipients pouvant contenir de l’eau sont d’usage : bassines, seaux, bouteilles, entre autres. Un véritable calvaire qui cause énormément de soucis et d’insomnie à bien des pères et mères de famille depuis belle lurette. « L’eau n’arrive qu’aux environs de 02h du matin pour repartir à 07 heures, comment peut-on nous traiter de la sorte en nous empêchant d’obtenir cette boisson indispensable ? » s’exclame cette mère d’une quarantaine d’années  dépassée qui interpelle alors les autorités sur l’urgence  de cette situation dramatique.

La plupart des populations qui souffrent de ce manque d’eau courante ne connaissent ou ne comprennent pas les raisons.

« Toute la journée, depuis maintenant plusieurs  semaines, nos robinets ne fonctionnent plus. Pourquoi ? On ne sait pas, or on a au moins le droit de savoir » se lamente Fantoumata. D., la bassine d’eau sur la tête, la fatigue modifiant son visage et l’eau mouillant une partie de son tee-shirt.

Pour faire face à ce calvaire, les plus nantis vont s’approvisionner  avec leurs véhicules ou engins à deux roues dans les quartiers du Khasso ou de Légal-Ségou, les moins lotis font  recours à l’eau des puits avec tous les risques.

Approché par l’équipe de KayesInfos, le directeur  Paul Bayo de la Société  Malienne de Gestion de l’Eau Potable (SOMAGEP) à Kayes, explique ces coupures d’eau fréquentes à Lafiabougou par le fait de problèmes  d’infrastructures et de l’augmentation de la demande. Selon le directeur la production actuelle de la station est limitée à 12.000 m3 par jour (12 millions de litres par jour), or la demande de la population Kayesienne  est aujourd’hui  de l’ordre de 18.000 m3 par jour (soit 18 millions de litres par jour) .selon le directeur Bayo, il y a un déficit de production de 6.000m3 par jour (6 millions de litres par jour). Pour le Directeur de la SOMAGEP.SA de Kayes, il y a même une surproduction de la station pour satisfaire les besoins des populations.

Les populations de ce quartier de Lafiabougou se considèrent oubliées par les autorités compétentes surtout par les élus qui ne posent, selon elles, aucun geste dans le sens de la résolution de ce problème qui couve depuis des années maintenant. Très citoyennes, ces populations, prenant leur mal en patience,  invitent les autorités locales et nationales à intervenir au plus vite pour mettre fin à leur calvaire.

Cependant certains groupuscules commencent à maugréer et menacent même de descendre dans les rues si des solutions ne sont envisagées.

« Awaa ! Diriger, c’est savoir anticiper ! » Dit-on.

Boubacar Niane

 
SOURCE:  du   20 nov 2012.