Quand l’eau se fait désirer : Qu’attend la SOMAGEP pour enclencher les grands travaux ?

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SomagepLa Société malienne pour la gestion de l’eau potable (SOMAGEP) a pour but de développer le secteur de l’eau pour un service de qualité au Mali. Quant à la Société malienne de patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP-SA) ; c’est une nouvelle société issue de la restructuration des secteurs de l’électricité et de l’eau potable ayant conduit à la séparation des deux secteurs. Mais avec le début de la saison sèche, des quartiers sont en manque d’eau durant la journée.

Aussi doivent-ils attendre tard dans la nuit pour espérer voir le «sésame de la vie» (l’eau) couler de leurs robinets. Il est donc temps que la SOMAPEP engage les travaux pour satisfaire le besoin des populations en eau potable.                                               Créée par l’Ordonnance N°10-039/P-RM du 5 août 2010, cette société a été investie de la mission de développement de l’hydraulique urbaine au Mali. A ce titre, elle est chargée d’assurer les investissements de production et de distribution d’eau potable dans les principaux centres urbains du pays, la gestion du patrimoine d’hydraulique urbain faisant partie du périmètre de concession, le contrôle de la qualité de l’exploitation du service public de production de transport, de distribution et de commercialisation d’eau potable. Au regard de ces missions, la SOMAPEP-SA constitue un acteur essentiel du développement du service public d’eau potable dans le périmètre de concession.

Des reformes institutionnelles probantes 

Au niveau de la SOMAGEP, dans un contexte où la population augmente à une vitesse vertigineuse, un accent particulier a été mis sur la promotion du secteur Eau à travers différentes initiatives. Il en est ainsi de l’adoption de mesures d’urgence comme la réhabilitation de la station de pompage de Djicoroni-Para par l’insertion de lamelles et la construction de nouveaux filtres qui ont permis d’augmenter sa capacité de production de 90 000 à 130 000 m3 par jour. Cependant, ces avancées n’ayant pas pu combler tous les déficits, la demande toujours pressante a conduit les autorités à passer à la vitesse supérieure.  En 2007, des mesures urgentes ont été mises en œuvre avec un financement de la Coopération néerlandaise. Ce programme d’urgence a porté sur la construction de 4 nouveaux filtres à la station de traitement de Djicoroni-Para pour une production additionnelle de 4000 m3 par jour, l’équipement et le raccordement au réseau de 5 forages de la zone aéroportuaire d’une production additionnelle de 36000 m3, l’amélioration de l’efficience du réseau par la réhabilitation de canalisations vétustes et enfin, les mesures d’économie d’eau par la pose de stabilisateur de pression. Pour consolider ces acquis, un second plan triennal 2008-2010 a été élaboré avec la construction, sur budget national, de deux batteries de stations compactes de potabilisation de 300 m3/h chacune à Magnambougou et Baco-Djicoroni. Un an plus tard, ces deux stations ont fait l’objet d’extension pour un coût de 12 milliards de FCFA, portant ainsi leur capacité cumulée à 36 000 m3. A ces différents projets s’ajoutent ceux relatifs à la construction de nouvelles stations compactes. Celle de Missabougou (12000 m3par jour) est financée sur un prêt de l’Agence française de développement (AFD), et celle de Kalabancoro (18 500 m3 par jour) bénéficie d’un prêt de la Banque islamique de développement (BID). Mais malgré tout, l’eau potable se fait de plus en plus rare dans certains quartiers de Bamako, notamment à Kalaban-Coura, Sangarébougou et Dialakorodji

Bassines et autres bidons en mains, le visage fermé et épuisées par de longues marches, les jeunes filles et les femmes de la commune rurale de Sangarébougou arpentent les rues, tantôt par petits groupes, tantôt en file indienne, à la recherche de points d’eau. Ces derniers temps, l’eau potable se fait de plus en plus rare à Bamako. Les jours se suivent et se ressemblent pour ces populations déjà habituées à aller chaque jour un peu plus loin pour obtenir de l’eau potable. «Depuis le début de la saison sèche, nous n’arrivons plus à nous approvisionner en eau potable. Au début, l’eau venait au compte-goutte, mais maintenant, il n’y a plus d’eau durant la journée. On ne comprend plus rien», s’alarme Mme Maïga Madeleine, rencontrée à Kalaban-Coura, vers le CSCOM. Les habitants de Yirimadjo n’ont pas été épargnés. «Depuis un bon moment, l’eau se fait rare dans les robinets», témoigne Van, un résidant du quartier. Les personnes résidant dans des immeubles en souffrent le plus. En effet, malgré les maigres moyens à leur disposition, la SOMAPEP est décidée à satisfaire sa clientèle, mais sans que ses installations en subissent les conséquences. La société  sera donc obligée de procéder à  une distribution rationnelle de l’eau dans plusieurs quartiers de Bamako.

En attendant l’entrée en action de la SOMAPEP

Depuis sa création en fin 2012, la SOMAPEP-SA,  en tant que nouvelle société,  se devait de relever deux grands défis : celui de l’organisation et celui de l’opérationnalisation. Il n’y a pas de défi de développement sans une planification stratégique. C’est pourquoi la SOMAPEP s’est rapidement dotée d’un plan d’affaires (Business plan) et a entrepris, avec le soutien financier de la Banque européenne d’investissement et de la Coopération dano-suédoise pour un projet qui conduira, entre autres, à l’élaboration d’un schéma directeur pour tous les centres d’affaires de la société. En attendant de disposer de plans de développement cohérents pour tous les centres de concession, la SOMAPEP a préparé un programme prioritaire d’activités. Dans le cadre de la mise en œuvre du programme, au titre de l’exercice 2012, sur les acomptes de redevance 18,4km de réseaux et 6 bornes fontaines publiques ont été réalisés à Bamako. Mais cela reste encore insuffisant pour permettre à sa société-sœur de la SOMAPEP de satisfaire les besoins de la population en eau courante, surtout que les cas des coupures d’eau en saison sèche deviennent répétitifs chaque année. Il faudra donc engager de grands chantiers pour permettre un meilleur approvisionnement du pays en eau potable.

Paul N’Guessan

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1 commentaire

  1. Quelle honte pour la peau noire car on ne peut rien gerer du tout.
    il faudra doonc faire appel à un blanc alors.
    le mot SOMAGEP me donne les nausés aujourd’hui.

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