Exploitation de phosphate à Bourem : Togouna n’inspire pas confiance

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Richesse naturelle de grande valeur, le phosphate de Tilimsi n’a pu être exploité à bon escient. C’est dans ce contexte alambiqué que l’Etat a jeté son dévolu sur Togouna agro-industrie. Ce qui suscite des remous et des interprétations diverses en raison du fait que la société de Seydou Nantoumé n’inspire pas confiance. C’est pourquoi  une pétition exige l’arrêt de l’exploitation.

C’est presque sans grand intérêt que l’Etat a accordé l’exploitation du phosphate de Tilimsi à la société Togouna agro-industrie de Seydou Nantoumé. Au détriment des populations riveraines, qui estiment n’avoir pas été associées au processus. C’est pourquoi une pétition est en cours pour dénoncer le bradage de la ressource au profil de Togouna, une entreprise dont les actionnaires se recrutent dans le cercle proche de la famille présidentielle. Selon toute vraisemblance, Nantoumé n’a fourni aucun effort pour se faire attribuer le permis d’exploitation d’une aussi grande richesse.

Toute chose qui amplifie le courroux des initiateurs de la pétition. Lesquels expliquent que l’Etat a intérêt à rendre public le contenu de la convention qui le lie à Togouna mais aussi préciser pourquoi c’est la seule société qui a été retenue. Alors qu’elle n’a aucune expérience en la matière, selon nos informations. «Nous allons faire en sorte que ce qui se cache derrière cette convention puisse être dévoilé. Et qu’on définisse carrément la part des populations de la zone», affirme Idrissa Souleymane l’un des initiateurs de la pétition et ressortissant de Bourem. Les inquiétudes de ce dernier sont soutenues par un élu communal de la localité qui ne comprend pas pourquoi «il y a un mystère autour de l’exploitation du phosphate. Il faut qu’on précise la part des collectivités ; nous ne voulons pas que note richesse soit exploitée sans qu’on en bénéfice. Il revient à l’Etat de bien négocier la part des collectivités. Les  informations qu’on a eues ne militent pas en faveur de Togouna agro-industrie », soutient mordicus Alpha Almoudou.

Pour se rendre à l’évidence, nous nous sommes entretenus avec un spécialiste de la question qui était sur l’usine au moment de son exploitation. Selon ce dernier, Alain Koula, chimiste : «L’Etat a bradé l’usine. Le montant payé par Togouna agro-industrie est vraiment dérisoire. Les capacités de production sont grandes et peuvent aller au-delà de ce qu’on a officiellement dit. Ce qui veut dire qu’il y a des gens que cette situation arrange. En tous cas, je pense sincèrement que Togouna n’a pas l’expertise qu’il faut pour mener à bien cette opération». En raison de tout ce qui précède, les pétitionnaires entendent se battre pour  que l’Etat revoie sa copie, dans les jours à venir.

Mahamane Cissé

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