Importation et distribution des hydrocarbures : La Société Yattassaye et Compagnie (SOYATT) impliquée dans une affaire de scandale des Exonérations

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A la Société Yattassaye et Compagnie (SOYATT), il se trame en sous-marin un grand hold-up contre le trésor public. Et pour cause : des exonérations accordées au groupe GDCM pour le compte de sa zone riziculture de l’Office du Niger et portant sur plusieurs millions de litres de carburant (Gazoil) sont volontairement détournées sur le dos du contribuable au bénéfice de la société Yattassaye et Compagnie, au grand dam de l’Etat. Le manque à gagner pour les caisses de l’Etat occasionne par ce subterfuge porterait sur 1,3 milliard de FCFA si l’on sait que ce manège est savamment exécuté en complicité avec des agents du Bureau des produits pétroliers des douanes du Mali. Avec cette faveur, la Société Yattassaye et Compagnie mène une concurrence déloyale aux autres sociétés de distribution de carburant avec les conséquences y afférentes. Sur toute la ligne, les pertes sont énormes pour l’Etat avec notamment une chute drastique des recettes enregistrée ces trois derniers mois au niveau du Bureau des pétroles et par ricochet au niveau des objectifs de recettes des douanes, désormais incertains d’être atteints. Informé de la situation, le Sous-Directeur des enquêtes douanières, le colonel Mamadou Sarro, a décidé d’en savoir un peu plus. Une enquête est ouverte pour situer les responsabilités à tous les niveaux.

La question qui est sur toutes les lèvres est de savoir avec quels équipements la Société GDCM peut utiliser tous ces carburants en un espace de temps. Quand on sait que la durée des exonérations ne dépasse pas trois mois.

La société Yattassaye et Compagnie contribue lentement, mais sûrement à l’effondrement du régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta. En effet, dans un contexte global caractérisé par une crise de trésorerie sans précédent dans l’histoire du Mali, cette société se spécialise dans les scandales de magouilles et de malversations en association avec des agents douaniers au détriment du trésor public. En complicité avec certains douaniers du Bureau des produits pétroliers, elle a instauré un système de détournement à la pelle de deniers publics via des exonérations détournées.

De quoi s’agit-il ?

La société Grand Distributeur Céréalier du Mali, plus connue sous le sigle GDCM du richissime opérateur économique, Modibo Kéïta, bénéficie auprès de l’Etat malien une exonération de 6,5 millions de litres de carburant pour ses activités dans la zone de l’Office du Niger. Elle a pour objectif, rappelons-le, l’importation et l’exportation de produits céréaliers et alimentaires. Elle assure leurs distributions sous forme de vente en gros et demis gros sur le marché national. GDCM-SA est de nos jours, la première société du Mali dans la vente et dans la distribution de produits céréaliers grâce à son important réseau de distribution reparti sur l’ensemble du territoire national avec des magasins à Bamako et dans toutes les régions du Mali. Elle dispose également des usines de traitement et de reconditionnement du riz à Ségou et à Mopti.

C’est cette exonération de GDCM qui est indûment exploitée par la société Yattassaye et Compagnie, nul ne sait par quelle malice. Cependant, une certitude : dans ses manœuvres frauduleuses, elle bénéficie d’une chaîne de complicités au sein du Bureau des produits pétroliers dirigé par Mamadou Traoré et même au-delà.

Si au début, ce complot contre les intérêts de l’Etat passait quasiment inaperçu, au fil du temps il a été étalé au grand jour à cause des importants dégâts occasionnés en terme de manque à gagner pour le trésor public.

Pas plus tard que le mardi 11 octobre dernier, 62 camions destinés dans la zone riziculture de GDCM au niveau de l’Office de Niger, ont été finalement détournés en faveur de la Société Yattassaye et Compagnie. Du coup, le marché local a été inondé par ces produits.  Si l’on sait que le prix de revient tourne autour de 500 ou 505 FCFA pour chaque litre. Ce qui fait une perte de 1,3 milliard de FCFA pour l’Etat.

En plus, cette fraude à ciel ouvert permet à la société Yattassaye et Compagnie de livrer une concurrence déloyale aux autres sociétés de vente des hydrocarbures puisque ces sociétés sont dans les règles (elles payent légalement de droits et taxes).

Le hic est que SOYATT  sabote le prix sur le marché local. Au lieu de 520 FCFA par litre, cette société livre à 450 FCFA, soit une différence substantielle de 70 FCFA. Pas de photo ! Le client a vite fait le choix du moins cher. Si l’on ne met pas un holà à une telle injustice, cela engendre des brèches de grogne sociale. Donc, il n’est pas exclu que le landerneau du front social soit mouvementé dans les semaines, voire les jours à venir, du fait de cette discrimination créée pour favoriser un opérateur au détriment d’autres du même secteur. Les autorités sont interpellées !

Au-delà de cette menace d’ébullition du front social, le scandale Yattassaye et frères commence à peser lourdement et négativement sur les recettes mensuelles du Bureau des produits pétroliers. Les chiffres des trois derniers mois sont alarmants et extrêmement inquiétants.

D’un peu plus de 17 milliards de FCFA en début d’année, les recettes de ce bureau stratégique dans le dispositif des douanes du Mali sont passées à 14,206 milliards en juillet 2016, avant de chuter à nouveau à 13,153 milliards en août et de stagner à 13,556 milliards le mois dernier ; alors que la moyenne mensuelle de ce Bureau est de 15,7 milliards de FCFA. Ce qui fait un déficit de 6,3 milliards de FCFA en trois mois.

Ce tableau est d’autant plus inquiétant dans la perspective de l’atteinte des objectifs de recettes (fixés à 512 milliards cette année) que le Bureau des produits pétroliers représente environ 49% des recettes douanières du pays. Cette chute libre des recettes se répercute au niveau des entrées globales des douanes où les nouvelles ne sont pas meilleures. Tout ça à cause d’une société : Yattassaye et frères. Celle-ci bénéficie-t-elle du soutien d’un Haut placé du régime ? Qui sont ses complices au niveau des services des douanes ?

A toutes ces questions, le colonel Mamadou Sarro, Sous-Directeur des enquêtes douanières, est décidé à apporter des réponses. Il a ouvert une enquête afin de situer toutes les responsabilités. A commencer par le Bureau des produits pétroliers.

 

Kanfougouna  TRAORE

Inspecteur des finances

Bamako

 

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5 COMMENTAIRES

  1. Mr TRAORE bravo vous connaissez votre job Il faut dénoncer les criminels à cols blancs car ils ont peur que leurs bassesses ne soient étalées sur la place publique Ils sont pires que les djihadistes du nord

  2. Geste patriotique et courageux de la part de Mr Traore…..Le reste est a qui DE DROIT pour tirer au clair cette affaire……. quand dans un pays on ne songe qu’a mettre dans sa poche et non dans le tresor Public ce sont des affaires comme celle la qui arrivent…..

  3. Bien que parfaitement NORMAL, je trouve néanmoins courageux pour l’auteur de ce coup de gueule mettant nommément en cause la société Yattassaye, de signer ce dernier noir sur blanc, avec nom et fonction!

    Belle leçon à tous nos apprentis journaleux à deux balles qui passent leur temps à “dénoncer” par simples allusions et sans jamais avoir les c… d’écrire un seul NOM, ou les mêmes apprentis journaleux tellement dégonflés qu’ils préfèrent signer leurs papiers d’un prudent “La Redaction” par exemple!

    Respect.
    I Traoré.

    • Mr. Traoré est a saluer, bravo et espérons que nos autorités, pourries, prendront en donneront suite.
      Bravo

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