La BCEAO a diffusé hier les comptes extérieurs du Mali pour 2013 : Les exportations établies à 1 420 milliards de FCFA dont 964 milliards pour l’or seul et les importations à 1 542 milliards

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Le ministre des Finances, Mamadou Igor Diarra (m) au cours de la cérémonie
Le ministre des Finances, Mamadou Igor Diarra (m) au cours de la cérémonie

Le déficit commercial s’est établi à 123 milliards de FCFA alors que la balance des paiements a dégagé un solde global excédentaire substantiel de 64 milliards de FCFA. Ces données ont été fournies hier par le Directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) Konzo Traoré, lors de la journée de diffusion des comptes extérieurs du Mali. La cérémonie, qui a eu lieu à l’hôtel Salam, était présidée par le ministre de l’Economie et des finances, Mamadou Igor Diarra, en présence de la crème du monde des affaires, des finances et des PTF.

Précieux outil pour la formulation  et la mise en œuvre efficace des politiques économiques, particulièrement dans le contexte de la mondialisation, la balance des paiements retient une attention particulière par la BCEAO. Au sein de l’UEMOA, celle-ci s’est vue confier la mission d’établir la balance des paiements extérieurs et de la position extérieure globale des huit Etats membres  à travers le règlement N°09/2010/CM/UEMOA du 1er octobre 2010. C’est la septième fois que la Banque centrale diffuse les informations collectées dans ce cadre auprès des agents économiques. Le thème retenu pour la journée est “Investissements directs étrangers dans les pays de l’UEMOA : dynamique sectorielle et attractivité“.  Il faut souligner que le règlement communautaire  garantit le strict respect du caractère anonyme et confidentiel des informations collectées.

Le Directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré, a donc profité de la cérémonie pour saluer la promptitude et le sérieux avec lesquels bon nombre d’opérateurs économiques donnent les renseignements. Cependant, il a relevé des difficultés persistantes dans la collecte des données auprès d’un nombre encore significatif d’agents économiques, ce qui est de nature à affecter la qualité des informations compilées et la pertinence et l’analyse y afférente. Ainsi, au terme de l’année 2013, les exportations du Mali se sont établies  à 1 420 milliards de FCFA contre 1 532 milliards en 2012, soit un repli de 7,4%, imputable essentiellement à l’or, qui représente, malgré tout, 68% des exportations, avec  une valeur de 964 milliards de FCFA.

Quant aux importations, elles sont ressorties  en valeur FOB à 1 542 milliards de FCFA, en hausse de 4,6% par rapport à l’année précédente, d’où un déficit commercial de 123 milliards. M. Traoré de rappeler que pour la première fois depuis longtemps, un solde commercial excédentaire avait été enregistré en 2012, grâce à l’or.

Le solde courant hors transferts officiels, un indicateur clé des comptes extérieurs, s’est détérioré, représentant 15% du PIB en 2013 contre 3,6% en 2012. Nonobstant cette forte dégradation du solde courant, la balance des paiements a dégagé un solde global excédentaire substantiel à hauteur de 64 milliards de FCFA contre 1 milliard en 2012, à la faveur des aides extérieures et des autres mouvements de capitaux.

Faire du Mali un pays attractif

La consolidation du solde courant reste un défi majeur pour assurer la viabilité de la position extérieure du pays. Cette consolidation passe par des mesures hardies visant à réduire la volatilité des exportations, à travers la réussite de la diversification annoncée depuis longtemps. Le solde se portera également mieux, à travers une plus grande participation des agents économiques résidant dans les activités de prestation de service. Il faut savoir que le déficit des services de la balance des paiements du Mali  est abyssal, frôlant les 400 milliards en année normale. Le chiffre de 854 milliards de 2013 a un caractère spécifique ” a expliqué le Directeur national de la BCEAO.

Le ministre de l’Economie et des finances a salué cette initiative louable avant de noter, qu’ “au cours des dernières années, les performances sont restées erratiques. Cette situation interpelle tous les acteurs économiques, l’Etat et le secteur privé en vue de réussir la nécessaire diversification et la valorisation des produits d’exportation. La promotion de l’industrialisation serait également  un facteur permettant de limiter les importations tout en favorisant  la création d’emplois et l’accroissement des revenus. Nous devons produire plus et produire mieux “.

Face aux besoins d’investissements dans le pays, il a souligné que le gouvernement  a fourni  beaucoup d’efforts notamment la mise en place du guichet unique pour la création d’entreprises, l’opérationnalisation du document unique du TRIE sur certains corridors, la relecture du code des investissements, l’aménagement de zones industrielles et la réalisation d’investissements en énergie électrique.  ” Ces reformes seront poursuivies et approfondies pour faire du Mali un pays attractif pour les investissements ” a conclu Mamadou Igor Diarra.

Youssouf CAMARA

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