Le groupement interbancaire monétique de l’Uemoa a célébré ses dix ans à Dakar :  » Optimaliser les ressources des banques grâce à la généralisation du paiement électronique  »

Commentaires fermés [-] Texte [+] Email Imprimer

Dix ans après sa création à Abidjan ( Côte d’Ivoire ) le Groupement Interbancaire Monétique de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ( GIM-UEMOA ) peut se prévaloir d’un parcours digne d’éloge dans la mission à lui assignée par ses initiateurs dont les principaux sont Abdoulaye Daffé, PDG de la BDM-Sa et Abdoul Mbaye, l’actuel Premier ministre du Sénégal. L’introduction du paiement électronique dans le système bancaire de l’UEMOA, perçu à l’époque comme une gageure, voire une absurdité dans les milieux bancaires occidentaux, a gagné du terrain. Et est en passe de devenir une source d’enrichissement pour les banques concernées.

 

Le PDG de la BNDA lors de son intervention

C’est en 2002, alors que Abdoulaye Daffé, PDG de la BDM-Sa, présidait la Fédération des Associations Professionnelles des Banques et Etablissements Financiers ( FAPBEF ) qu’a été créé le GIM-UEMOA avec pour mission d’œuvrer à l’introduction du paiement électronique dans le système bancaire de l’UEMOA pour le rendre plus performant et le hisser au diapason de ce qui se pratiquait déjà ailleurs depuis de longues années. L’initiative fut accueillie avec circonscription par beaucoup de banques à l’intérieur de l’UEMOA et de commisération par les banques partenaires européennes, ces dernières la jugeant inopportune, voire stupide eu égard à l’état embryonnaire du système bancaire ciblé et à l’environnement socio-culturel dans lequel il est immergé.

Les débuts s’avèreront bien difficiles et il faudra de la persévérance, de l’opiniâtreté et de l’ingéniosité à la petiteéquipe dirigée par Blaise Ahouantchedê, ne disposant au départ pour tout trésor de guerre que de 100 millions de francs CFA, pour créer les conditions de la mise en circulation de toutes premières cartes bancaires. C’était en 2007. Seules 44 banques s’étaient laissées tenter par le nouveau mode de paiement qui leur était proposé et les transactions avaient porté sur 8 milliards de F CFA.

Cinq années plus tard, en 2012, elles sont 104 banques à l’avoir adopté et le volume des transactions a atteint 120 milliards de F CFA pour 2 millions d’utilisateurs de cartes bancaires et 3.000 points d’acceptation : guichets automatiques de billets ( GAB ) et terminaux de paiement électronique  ( TPE ).

Le succès est donc incontestable et a été salué par tous les participants à la journée monétique organisée à Dakar pour célébrer les dix ans du GIM-UEMOA. Au nombre de ceux-ci figuraient au premier plan plusieurs hauts responsables de banques de l’espace UEMOA. La BDM-Sa et la BNDA du Mali étaient représentées par Abdoulaye Daffé et Moussa Alassane Diallo, ce dernier étant par ailleurs président de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Mali ( APBEF). Le PDG de la BMS-Sa s’était fait représenter par un haut cadre de sa banque.

De nombreux professionnels du secteur de la monétique, partenaires du GIM-UEMOA, ont également fait le déplacement à cette  » Journée Monétique régionale  » dont le thème était :  » La Monétique au service de l’inclusion financière et de la bancarisation « .

Parmi eux des fournisseurs de GAB ( Diebold, CFAO Technologies, NCR , Servitech ) des personnaliseurs de cartes ( Oberthur, Chaka, ICS, S2M Production ) des fournisseurs de TPE ( Ingenico, Verifone ) des fournisseurs de solutions monétiques ( HPS/S2M ) des fournisseurs de systèmes d’information bancaire et d’interfaces ( Prestatech, Bitetech ) les réseaux  internationaux ( Visa, Mastercard ) la Sécurité PCI-DSS ( Data Protect ).

Le constat, qui découledes bilans dressés par les uns et les autres est qu’au cours des dix dernières années, la monétique a transformé le paysage bancaire au sein de l’UEMOA. Elle a boosté le taux de bancarisation qui oscille actuellement entre 10 et 20% si l’on prend en compte le secteur de la micro-finance. Beaucoup de gens ont adhéré au système bancaire quand ils ont compris les avantages énormes que procure la détention d’une carte électronique. On n’est plus astreint aux longues files d’attente devant le guichet pour opérer un retrait d’espèces. A toute heure du jour et de la nuit, ce retrait peut être effectué au GAB. Cela soulage lorsqu’on doit transporter son épouse à la clinique ou à l’hôpital pour un accouchement ou acheter des médicaments pour un malade.

Plus besoin non plus de s’encombrer d’une mallette bourrée de billets de banque pour aller faire des achats de marchandises à Abidjan, Paris, Dubaï ou Hong Kong. Avec le risque de se la faire retirer dans un aéroport pour violation de la règlementation internationale sur le transfert des devises. Combien de commerçants maliens, par ignorance, ont été victimes d’une telle mésaventure face à laquelle les autorités consulaires dont ils sollicitent le concours sont totalement impuissantes ? C’est si simple et si sécurisant d’avoir sa carte dans son portefeuille et d’opérer ses paiements une fois rendu sur place. C’est vrai aussi pour les TPE qui font leur apparition dans nos villes. Porter de l’argent liquide sur soi est toujours risqué, surtout en ces temps d’insécurité envahissante. Avec l’augmentation du taux de bancarisation, les banques sont gagnantes. Leurs ressources s’accroissent. En outre, le personnel préposé au paiement manuel est libéré pour s’occuper de taches plus utiles tels le marketing pour conforter le portefeuille clientèle de la banque.

Autre constat : la monétique a nécessité l’interbancarité. Un intervenant a relevé qu’avant le GIM-UEMOA, l’interbancarité n’existait pas dans cet espace économique et monétaire. Seuls quelques cadres privilégiés possédaient des cartes visa et Mastercard pour effectuer des débits ou des paiements à des TPE installés chez des opérateurs par une banque donnée. Avec l’avènement du GIM, «   un marché interbancaire monétique démocratisé  » est en train de se mettre en place, note cet intervenant. En dix ans, deux millions de personnes sont porteuses de cartes bancaires dans l’espace UEMOA, mais cet espace compte 80 millionsd’habitants . Il y a donc là un véritable gisement qu’il s’agit de conquérir.

Cela ne se fera pas sans efforts. Le GIM doit se constituer en  »  pôle d’excellence  » pour matérialiser ce marché potentiel et se l’approprier. Et, pour cela, proposer des produits d’utilisation facile à un coût d’acquisition  le plus bas possible.

Le Mobile Banking, dont il a déjà ouvert le chantier, est l’un de ces produits. L’on s’attend qu’il opère une révolution financièreau cours des cinq années à venir, à condition qu’il ne se limite pas au seul transfert d’argent connue c’est le cas actuellement, mais qu’il se prête à toutes les transactions : consultation de compte, retrait, règlement.

La carte prépayée pour immigrés peut être un autre de ces produits. Des participants plus audacieux ont même suggéré que la carte d’identité nationale, dotée d’une puce, puisse servir d’outil de paiement  comme au Nigéria. Idem pour la carte d’étudiant comme le Groupe Attijariwafa Bank l’a réussi au Maroc ou le passeport à Dubaï.

Mais toutes ces belles idées seraient difficilement réalisables si des contraintes n’étaient pas levées et la qualité du service améliorée.

Les contraintes sont liées au manque de  confiance chez le client, à la traçabilité des opérations, à l’indisponibilité des cartes, à la gestion des contentieux voire à la fraude.

La qualité du service, comme a eu à le relever le PDG de la BNDA, Moussa Alassane Diallo dans une brillante intervention, passe par plusieurs facteurs.

En amont un personnel bancaire bien formé, qualifié, ayant une conscience professionnelle aigue. Il est à la fois créateur de PNB s’il exécute correctement ses obligations professionnelles mais aussi destructeur de PNB s’il manque de professionnalisme. Son rôle est donc déterminant dans la mise en confiance des clients, eu égard au fait que la monétique est un métier récent dans notre environnement.

L’information, la sensibilisation, l’éducation financière sont des exigences que les banques se doivent satisfaire, de même qu’une bonne communication sur les produits et les services, les coûts et les systèmes de facturations. L’accueil au GAB étant «  virtuel  » la qualité et la disponibilité de l’équipement ne doivent souffrir d’aucun défaut.

En aval une gestion administrative appropriée, une infrastructure bancaire de qualité, l’accèset la fiabilité des services, la sécurité des opérations sont indispensables.

Toutes choses qui font dire à Moussa Alassane Diallo que  » les canaux bancaires «  sans agence  » ou à distance ( solutions mobiles ou par carte ) prenant en charge les opérations de dépôts, de retraits, les relevés de comptes, les consultations de soldes, les demandes de moyens de paiements et de prêts doivent être des outils précieux pour la banque de demain :  » la banque nouvelle génération « .

Les partenaires au développement ont, de leur côté, formulé des propositions pour aider à lever les obstacles, rendre la monétique toujours plus fiable et attrayante, favoriser une migration massive vers le paiement électronique, débarrasser notre espace de l’argent sale ( au sens médical et juridique ) et faire du GIM le principal instrument de promotion et de développement de l’inclusion financière et de la bancarisation en Afrique de l’Ouest.

Au-delà des débats très enrichissants, deux temps forts ont marqué cette  » Journée monétique régionale  » : la remise du Certificat de conformité à la norme PCI DSS level 1 au Directeur Général  du GIM-UEMOA, Blaise Ahouantchedê et l’hommage rendu à Abdoulaye Daffé pour le rôle pionnier qu’il a tenu dans l’introduction de la monétique dans l’espace UEMOA.

Il a eu droit à un  » standing ovation  » qui a servi d’apothéose à cette rencontre célébrant les dix ans du GIM-UEMOA.

 

Saouti Labass HAIDARA

Correspondance particulière de Dakar

 

Réunion du conseil d’administration de la Bdu à Dakar le 15 decembre dernier

Les bons comptes de 2011 confirmés en 2012

Une session de Conseil d’administration de la Banco Da Uniao( BDU ) de Guinée Bissau s’est tenue, le 15 Décembre dernier, au Radisson Blu Hôtel de Dakar ( Sénégal ). C’était sous la présidence de Hugo Henrique Dos Reis Borges, Président dudit Conseil et en présence de Abdoulaye Daffé, Président Directeur Général de la BDM-Sa, propriétaire de la BDU à 70%. Elle a pris acte de ce que  » les bons comptes  » obtenus en 2011 seront probablement confirmés à la clôture de l’exercice 2012 au 31 Décembre prochain.

Le président du CA de la BDU, Hugo Henrique Dos R Borgre avec le Dirpub de l’Indépendant, Saouti L Haidara

Les administrateurs de la Banco Da Uniao( BDU ) de Guinée Bissau étaient au chevet de leur banque le 15 Décembre à Dakar. Ils ont procédé à une pré-évaluation de l’exercice 2012 qui sera officiellement bouclé le 31 Décembre à venir, donc dans une quinzaine de jours. De cet examen s’est dégagé le constat suivant : les résultats attendus cette année confirmeront probablement la tendance enregistrée au terme de l’exercice précédent, 2011.

La BDU avait alors affiché un total de bilan de 30 milliards de francs CFA. Ses ressources avaient été évaluées à 26 milliards de francs CFA et son résultat net bénéficiaire de 1,060 milliard de francs CFA. Une performance à saluer pour une banque qui en est à sa cinquième année d’existence et qui, de surcroit, a évolué dans  » un environnement très difficile  » relève le président de son Conseil d’administration, le Bissau Guinéen Hugo Henrique Dos Reis Borges.

L’exercice en cours n’a pas échappé à cet  «   environnement très difficile  » avec le coup d’Etat militaire survenu en Avril , en pleine campagne commerciale de la noix de cajou, principale richesse de la Guinée Bissau ( elle en est le deuxième producteur mondial après la Côte d’Ivoire et le premier exportateur mondial ).  » Il nous reste encore des stocks à évacuer sur l’Inde, le premier pays acheteur de ce produit  » précise Dos Reis Borges.

Autre facteur qui a impacté sur l’activité de la banque, la concurrence avec la présence de deux autres établissements bancaires venus s’ajouter au deux qui existaient, y compris la BDU, portant à quatre le nombre des banques dans un pays où le tissu économique est faible. L’une de ces banques est portugaise, l’autre, c’est ECOBANK, toutes les deux disposant d’une capacité financière étendue.

Ces contraintes n’ont pas empêché la BDU de fonctionner normalement. Elle a continué à financer l’économie bissau guinéenne en accordant une attention particulière au secteur privé.  » Nous avons soutenu comme par le passé les opérations d’import-export, l’acquisition des biens et des services, voire des activités relevant de l’industrie. La banque a aussi apporté sa garantie aux opérateurs économiques locaux dans les appels d’offres internationaux. Elle continue à être attrayante grâce à la qualité de ses services à moindre coût  » soutient le président de son Conseil d’administration.

Ce n’est pas tout. Pour se rapprocher de la clientèle  et densifier son portefeuille, la banque a ouvert des agences à Bissau, la capitale et à Gabou, une importante localité de l’intérieur.

Mais elle a conscience que l’accroissement de sa part de marché passe nécessairement par une diversification de ses ressources. Aussi a-t-elle entrepris, ces derniers mois, de capter une partie de l’argent généré par la diaspora bissau guinéenne au Sénégal, au Portugal, en Espagne, en France.  » Il s’agit de doter la banque de ressources plus importantes et plus stables en proposant à la communauté bissau guinéenne à l’extérieur de nouveaux produits correspondant à ses besoins  » commente Dos Reis Borges.

Un choix stratégique qui a été fortement encouragé par les administrateurs.

Pour rappel, la BDU est une filiale de la Banque de Développement du Mali ( BDM-Sa ). C’est suite à un appel d’offre lancé par l’UEMOA pour doter la Guinée Bissau ( pays lusophone qui venait de la rejoindre pour rompre son isolement ) d’une structure bancaire pour appuyer ses efforts de développement que la BDM-Sa a été retenue. En raison sans doute du succès managérial qui l’a portée au rang des banques leaders en Afrique de l’Ouest, voire dans la Zone Franc. Elle a reçu la double mission d’en assurer le montage financier et de conduire ses premiers pas. Dès les premières années, le succès a dépassé les attentes.

La BDU a favorisé l’accès d’un nombre considérable de Bissau Guinéens au système bancaire dont ils étaient, jusque-là, exclus. Elle a insufflé une dynamique longtemps espérée a une économie marginale, suscitant peu d’intérêt pour les grands groupes bancaires qui ont fini par l’inscrire dans leur agenda.

A l’heure actuelle, la BDU est dirigée par deux Maliens : Souleymane Keïta(Directeur Général ) et Amadou Sangaré ( Directeur Général Adjoint ). Elle emploie une centaine de salariés en majorité des Bissau Guinéens. La BDM-Sa en est le principal actionnaire avec 70% du capital social, suivie de la CRRAE-UEMOA avec 24%, de la SOAGA 4% et du FOUNDEI 2%.

       Saouti Labass HAIDARA

 Correspondance particulière  de Dakar

SOURCE:  du   19 déc 2012.