Le ministre de l’Economie et des finances, Mamadou Igor Diarra au forum de la presse : “Toutes les conditions sont réunies pour relancer l’économie”

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 “Les banques sont à un encours de crédits de 1 400 milliards de FCFA en avril 2015”

Mamadou Igor Diarra, ministre de l'Economie et des finances
Mamadou Igor Diarra, ministre de l’Economie et des finances

Cadre d’expression bimensuel pour les plus hautes autorités initié par la Maison de la presse et l’ORTM,  le forum de la presse avait pour invité, le vendredi 31 juillet, le ministre de l’Economie et des finances, Mamadou Igor Diarra, autour du thème «le budget d’Etat  2015 et la relance économique du Mali». Face à des confrères, le patron de l’hôtel des finances, très à l’aise comme comme à son habitude, a brossé la situation économique de notre pays, les réformes engagées pour accroitre les recettes de 35 à 40 milliards de FCFA par an,  assurer une gestion transparente. S’y ajoutent les actions menées pour la relance économique comme le paiement des arriérés de la dette intérieure, le financement du secteur privé par les banques. 

Arrivé à la tête du département de l’Economie et des finances, le 10 janvier 2015, l’ancien Directeur général de la BOA-Mali, Mamadou Igor Diarra, retrouvait la fonction ministérielle, signe que l’homme a laissé un bon souvenir lors de son passage au gouvernement sous le président ATT où il faut successivement ministre de l’Energie, des mines et de l’eau  et celui de l’Energie et de l’eau.

En retrouvant ainsi la confiance du président IBK et du premier ministre, Modibo Kéïta, il a pris ce département dans un contexte économique très difficile consécutif à la crise multidimen-sionnelle et à la gestion approximative de certains marchés publics. Ainsi, d’entrée de jeu, il dira que quand il prenait fonction, ” le tableau  n’était pas reluisant malgré les efforts des gouvernements précédents».

L’Etat devrait faire face à 175 milliards de FCFA d’arriérés de 2014, à 200 milliards de dépenses en début 2015  et à d’autres nouvelles dépenses comme l’impact financier de l’accord avec l’UNTM, l’accord de paix et autres pour 200 milliards de FCFA.

575 milliards d’engagements à honorer

En somme il s’agissait d’une ardoise de 575 milliards de FCFA d’engagements à honorer.

Mamadou Igor Diarra de rencherir : ” Nous avons tenté d’arrêter l’hémorragie en reconstituant une équipe capable d’aller au front économique et social. Ensuite, nous avons réaménagé certaines dépenses, réduit le train de vie de l’Etat, mobilisé des ressources sur le marché financier et auprès des PTF,  remis en marche certains projets importants. Les objectifs de recettes des Impôts (630 milliards FCFA)  et Douane (450 milliards) franchiront la barre des 1 000 milliards pour la première fois. Il y’a eu l’augmentation de certaines taxes comme celles sur la cigarette, l’alcool.

Les sociétés de téléphonie mobile qui font beaucoup de recettes ont été mises à contribution, de même que les sociétés minières et les banques. La somme de l’ensemble de ces mesures va générer des recettes additionnelles de l’ordre de 35 à 40 milliards de FCFA par an. Aujourd’hui, les recettes sont au beau fixe, les procédures de recouvrement sont faites de la manière la plus transparente “.

Aucun arriéré de dette intérieure et extérieure

Le ministre de l’Economie et des finances a regretté le fait que ” moins de 10% des entreprises maliennes paient plus de 80% des impôts “. C’est pourquoi, il a invité les Maliens à plus de civisme fiscal, car pour qu’un pays se développe il faut que la population contribue.

Aussi, il a souligné que chaque Malien doit se dire qu’il faut éviter les mauvaises dépenses publiques qui font perdre des ressources à l’Etat.

Pour la relance économique, dès sa prise de fonction, le ministre a instruit le règlement rapide de la dette intérieure. Les entreprises et autres prestataires de l’Etat ont été remis dans leur droit à coup de milliards de FCFA. ” Aujourd’hui l’Etat doit quelque 4  milliards de FCFA, un niveau très rare pour notre pays.  Il n’a aucun arriéré sur la dette intérieure et extérieure. Sur les 1 881 milliards du budget d’Etat 2015, nous avons engagé  600 milliards de FCFA.

Le cadre macroéconomique  est cohérent et stable. Tous les indicateurs sont au vert. Toutes les conditions sont réunies pour la relance économique du pays. Les banques ont retrouvé leur habitude de financer à hauteur de souhait l’économie. Elles étaient à plus 1 400 milliards de FCFA d’encours de crédits en avril dernier “.

L’orateur de conclure ainsi : “Le gouvernement s’est engagé à restaurer l’honneur et la dignité des Maliens,  assurer leur bien être comme promis par le président de la République. Les amis du Mali aussi sont au chevet de notre pays. Nous devons tous être mobilisés pour relever le défi “.

Youssouf Camara

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