Le rapport annuel 2011 du BVG remis au président de la République par intérim: Un manquant à gagner de 10,10 milliards de FCFA pour l’Etat

Commentaires fermés [-] Texte [+] Email Imprimer

Le vérificateur général, Amadou Ousmane Touré, a remis officiellement, le vendredi dernier, son rapport annuel 2011 au président de la République par intérim.  Le document, qui est le résultat d’une année d’activités de vérification à travers neuf missions de vérification financière et une mission de vérification de performance a concerne les  services de l’Administration publique, toutes structures confondues. Il  révèle un manque à gagner de 10, 10 milliards de FCFA pour le trésor public.

C’est en application de l’article 18 de la Loi n°2012-009 du 08 février 2012, que le Vérificateur général a remis ce document qui était fin prêt depuis avril 2012. Cette remise tardive, s’explique-t-elle par l’instabilité institutionnelle suite aux événements du 22 mars 2012 et l’indisponibilité pour raisons de santé du Pr Dioncounda Traoré, et enfin, un agenda politique surchargé depuis son retour de France.

Selon Amadou Ousmane Touré, les faits révélés dans ce document ont la garantie et l’assurance d’être objectifs, impartiaux, sérieux et fiables. Ainsi, le Vérificateur Général a décidé conformément à l’article 17 de la loi qui l’institue et qui l’y autorise de saisir lui-même et directement le Procureur de la République des dénonciations des faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale.  Pour l’année 2011, les requêtes aux fins de dénonciations, qui sont déjà prêtes,  concernent sept structures publiques et pourraient impliquer un nombre important de gestionnaires, décideurs ou agents. Elles seront transmises dans les prochains jours au  Procureur de la République de la Commune III, afin que l’impunité soif l’exception et l’application de la loi, la règle, parce que la justice ne peut connaître d’éclipses.   Le rapport 2011 fait la synthèse des résultats de neuf missions de vérification financière et une mission de vérification de performance. Les constats faits, montrent à suffisance que la vraie fraude et celle déguisée sous forme de mauvaise gestion, ainsi que la réelle mauvaise gestion, constituent des indices pertinents du dysfonctionnement administratif. Avec des irrégularités, qui ont causé des pertes financières à l’Etat, s’élevant à 10,10 milliards FCFA (pour les 8 rapports), ces constats indiquent clairement qu’il importe de maintenir le rythme de la dissuasion en renforçant les sanctions des fautifs et en moralisant davantage la gestion publique.

Ces pertes sont d’autant plus inquiétantes qu’elles ont été décelées dans les principales structures pourvoyeuses de recettes. C’est pourquoi, M. Touré de rappeler,  «  qu’un Etat fort dispose d’une bonne administration, par contre une administration faible, corrompue et sans morale dénote une crise d’autorité du pouvoir public. Ceci est d’autant plus vrai, que l’Etat est jugé à travers ses grands corps tels les forces armées et de sécurité, les Administrateurs civils, les Magistrats (j’exclus les juges), les Inspecteurs des services économiques et financiers, les médecins, les ingénieurs, les enseignants qui exercent tous leurs fonctions sous l’autorité du pouvoir politique« . Le Vérificateur général a donné l’assurance au président de la République par intérim de l’engagement constant du personnel du Bureau  à assurer avec honneur et dignité la mission qui leur a été assignée.  Aussi, dit-il, le Bureau du Vérificateur Général suit avec beaucoup d’attention le déroulement de la transition et espère que le processus engagé pourra à terme doter le pays d’une stabilité durable, d’institutions fortes et renforcer l’autorité de l’Etat sans laquelle aucune action rigoureuse de contrôle, en général, ne saurait être entreprise.

 Youssouf Camara

 
SOURCE:  du   5 nov 2012.