Le secteur privé et la crise : Vers un accord gouvernement / patronat

Commentaires fermés [-] Texte [+] Email Imprimer

Accorder les violons sur les voies et moyens appropriés pour sortir le secteur privé de notre pays du marasme dans lequel la crise politique et sécuritaire actuelle l’a plongé. Voilà l’objectif des négociations qui ont commencé le samedi 5 janvier 2013 entre le Gouvernement et le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM).

Mamadou Sidibe, président patronat du Mali

Ce cadre de concertations Gouvernement / Secteur privé échangera sur un document intitulé «Observations sur les préoccupations du Conseil National du Patronat du Mali au regard de la crise actuelle». Ce document, soumis au gouvernement depuis le mois de juin 2012, retrace les principales préoccupations du secteur privé et met l’accent sur un certain nombre de mesures dont la mise en œuvre favoriserait la compétitivité des entreprises maliennes.

Il s’agit de la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Mali, de la sécurité des personnes et des biens, de la relance de l’économie malienne et de l’organisation d’élections libres et transparentes. Sur la relance de l’économie nationale, les solutions préconisées par le CNPM sont, entre autres: le soulagement des entreprises par l’apurement des arriérés de factures impayées de l’Etat, notamment au niveau du Trésor Public, le remboursement des obligations et autres titres de l’Etat échus, la création par l’Etat d’un Fonds d’indemnisation des victimes de guerre, avec une implication des assureurs dans la gestion dudit fonds, l’implication du secteur privé dans le processus de relance des activités de l’économie nationale à travers notamment, l’examen rapide par le Comité macroéconomique du document des 39 mesures en faveur de l’industrie malienne et l’annulation du lancement des appels d’offres dans les régions du Nord occupées jusqu’à leur libération.

S’agissant de la sauvegarde de l’intégrité territoriale de notre pays, le CNPM pense qu’elle doit se traduire par une implication effective du secteur privé dans la libération des villes du Nord occupées, par des contributions financières, techniques, sociales et humanitaires à l’Etat malien, en vue de lui permettre de faire face à l’effort de guerre, et, surtout, par l’encouragement du partenariat public-privé dans la recherche de solutions sécuritaires, logistiques et de la reconstruction du Nord du pays. Pour Mamadou Sidibé, Président du Patronat, le document soumis au gouvernement est résultat d’une large concertation que le Conseil National du Patronat du Mali a initié avec l’ensemble des groupements professionnels et autres structures d’encadrement du secteur privé.

Cependant, ces larges concertations n’ont pas empêché d’autres composantes, comme les artisans, de soulever des préoccupations spécifiques à leurs secteurs. Ainsi, Mamadou Minkoro Traoré, a, au nom de l’APCM, demandé l’accès des artisans aux marchés de l’Etat pour la création de richesses. Au nom du Gouvernement du Mali, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdel Karim Konaté, a, au cours de cette cérémonie, remercié le secteur privé pour ses multiples soutiens à l’Etat  pendant les moments les plus critiques, à savoir le Ramadan et la période de soudure.

Il faut souligner que, pour la mise en œuvre des recommandations de ces négociations, une commission de suivi a été mise en place au niveau du CNPM. Elle est dirigée par Moussa Alassane Diallo de l’Association Professionnelle des Banques. Au finish, cette commission doit fusionner avec une autre commission gouvernementale, dirigée par le Secrétaire général du ministère du Commerce et de l’Industrie et composée de représentants de 9 autres départements.

Yaya Samaké

SOURCE:  du   7 jan 2013.