Mali : Assurances Mamadou Touré, Président du Comité des Compagnies d’Assurance du Mali « Les provisions techniques ont atteint en 2012 le montant de 30 806 millions de francs CFA contre 29,240 millions de francs CFA en 2011 »

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Un vent d’embellie commence à souffler sur le secteur de l’assurance au Mali. Pays de l’hinterland, le marché est pourtant en pleine  ébullition grâce aux niches de croissance et de développement. Le Président du CCAM ( Comité des Compagnies d’Assurance du Mali ), qui a accordé une interview à Les Afriques,  évoque entre autres,  la structuration du marché, l’état du portefeuille des réserves financières, la vision et les ambitions des assureurs maliens. Exclusif 

 

 

Mamadou Touré, Président du Comité des Compagnies d'Assurance du Mali
Mamadou Touré, Président du Comité des Compagnies d’Assurance du Mali

Les Afriques:  Comment est structuré le marché malien de l’assurance ? 

Mamadou Touré, Président du Comité des Compagnies d’Assurance du Mali: Le marché malien compte 11 sociétés dont 8 Non Vie et 3 Vie. Le nombre d’intermédiaires s’élève à 170 dont 32 courtiers, 100 agents généraux et 38 conseillers Vie. Le secteur de l’assurance est placé sous la tutelle du Ministère de l’Economie et des Finances.

 

Les Afriques : Comment se porte le portefeuille des réserves techniques  du marché malien ? 

M T : En 2012, le marché malien des assurances a fait une production de 29 008,6 millions de francs CFA en 2012 contre 27 953,2 millions de francs CFA en 2011, soit une progression de 3,78%.Cette progression est due à la branche Non Vie dont le chiffre d’affaires passe de 21 828,5 millions de francs CFA  en 2011 à 23 753,5  millions de francs CFA   en 2012 soit 08,82% d’évolution

 

Par contre la branche Vie enregistre à cause de la crise une forte baisse de son chiffre d’affaires avec une production de 5 255 millions de francs CFA en 2012 contre 6 124,6 millions de francs CFA en 2011.

 

Le montant total des prestations servies par les sociétés d’Assurances aux assurés et bénéficiaires de contrat en 2012 est de  7 690,1 millions de francs CFA contre 7539,5 millions de francs CFA en 2011 soit une hausse de 2%.

 

 

Les Sociétés d’Assurances du Mali ne se sont pas dérobées à leur mission d’investisseur institutionnel. En 2012 les Placements du marché injectés dans l’économie s’élèvent à 41 814 millions de francs CFA contre 31 618 millions de francs CFA en 2011.

Les provisions techniques ont atteint en 2012 le montant de 30 806 millions de francs CFA contre 29,240 millions de francs CFA en 2011.

 

Malgré la petite taille du marché, vos ambitions sont grandioses pour contribuer au développement de l’économie nationale ? 

 

Le nouveau Bureau que le Comité des Compagnies d’Assurances vient de mettre en place et que je dirige ambitionne de donner à l’assurance malienne toutes ses lettres de noblesse et de contribuer de façon significative audéveloppement de l’assurance et au financement de l’économie malienne. Ce faisant, quelles sont nos priorités ? Une population bien informée et bien éduquée sur les questions d’assurance est une de nos priorités. Il existe un déficit d’information que nous devrions combler à la fois au niveau de certains de nos décideurs et des associations professionnelles faitières. Le paiement diligent des sinistres est aussi un de nos axes prioritaires surtout dans le domaine de l’Automobile ou toute une batterie de dispositif existe :la Commission Nationale d’Arbitrage, la Convention d’Indemnisation Rapide des Assurés, le Pool de coassurance des Risques TPV et bientôt le Fonds de Garantie Automobile.

 

Assurer les couches de population aux revenus modestes au travers de produits de micro assurance avec comme support des contrats rédigés dans les langues nationales.

 

 


A votre avis, y’a t’il des secteurs stratégiques sur lesquels les assureurs peuvent ils s’adosser pour s’affranchir de la continentalité de votre pays ? 

Absolument ! Comme vous le dites, le Mali est un pays de l’hinterland avec une économie peu diversifiée, le tissu industriel peu développé, une grande majorité de la population évolue dans le secteur agricole, le commerce dominé par le secteur informel. C’est dans ce contexte que l’assureur malien trace sa voie en faisant preuve d’imagination et de savoir faire. Il s’agit pour nous de tirer avantage de la continentalité de notre pays.

 

 


Quels sont les défis qui vous interpellent ? 

La participation des assureurs maliens à l’effort d’édification de l’économie nationale aurait pu encore s’améliorer de façon très significative avec l’accompagnement de l’Etat dans le développement de certaines branches d’assurance :

 

La Branche Transports. La production globale est de  3 116 millions de francs CFA en 2012 contre 2 950,2 millions de francs CFA en 2011 soit une évolution de 5,64%. Un contrôle de l’obligation d’assurance en la matière pourrait booster la branche quand on sait que le volume d’importation des marchandises croît d’année en année et que la présentation de l’attestation d’assurance est une conditionnalité de recevabilité de la marchandise à l’arrivée au cordon douanier.

 

 

L’indemnité de fin de carrière. Ce produit commercialisé par les sociétés Vie, vecteurs de la mobilisation de l’épargne, permet aux employeurs d’externaliser la gestion de leurs engagements relatifs aux indemnités à verser à leurs employés en cas de licenciement, de départ à la retraite ou en cas de décès. Il constitue à l’heure actuelle la solution préconisée pour l’employeur qui pourra ainsi faire des économies substantielles tout en transférant cette gestion entre les mains de l’assureur et se consacrer à son activité principale. Contrairement aux autres marchés de la CIMA le Mali n’a toujours pas obtenu ladéductibilité fiscale de ce produit.

 

La branche Automobile. La branche Automobile est freinée dans son développement à cause d’une fiscalité de 20%, la plus élevée dans l’espace CIMA.

 

 

Le Bureau malien relèvera tous ces défis avec l’accompagnement de l’Etat et l’instauration de la paix dans le nord du Mali

 

 

Propos recueillis par Ismael AIDARA, envoyé Spécial à Ouagadougou ( Les Afriques)

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