Marché central à poisson de Bamako : La modernisation de la filière en marche

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Les intervenants de la filière poisson à Bamako ont le sourire. Ils ont désormais à leur disposition une infrastructure moderne : le Marché central à poisson inauguré jeudi par le président de la République, Amadou Toumani Touré (voir l’Essor de vendredi).

ATT à la cérémonie d’inauguration du Marché central à poisson de Bamako

A la cérémonie d’inauguration, le président de la Coordination des pêcheurs du Mali, Abdoulaye Kontao, a exprimé la reconnaissance des professionnels de la filière à l’endroit du gouvernement et du Japon. Cette infrastructure moderne, a-t-il fait remarquer, place notre pays au même niveau que les autres Etats de la sous-région dans le domaine. Il a promis que grand soin sera pris des installations. Abdoulaye Kontao a cependant souhaité que le gouvernement « pense » aux acteurs de la pêche dans le cadre des mesures d’urgence qu’il a prises en direction du monde rural afin d’atténuer les effets négatifs de la mauvaise campagne agricole. L’ambassadeur du Japon dans notre pays, Masahiro Kawada, a expliqué que ce marché permettra d’assurer la disponibilité stable du poisson frais de haute qualité par la création de conditions nécessaires à sa collecte dans les zones de pêche. Le diplomate a annoncé par ailleurs que son gouvernement projetait de mener une étude sur la protection du delta central du fleuve Niger en vue de contribuer à une exploitation durable et raisonnable des ressources halieutiques. Il a invité à une bonne gestion du marché en insistant sur l’entretien et le renouvellement des installations. Le Japon va du reste accompagner les pouvoirs publics dans cette démarche. Cette annonce a été saluée par le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Bokary Tréta, qui a souligné combien le Mali avait besoin de l’expertise avérée du Japon en matière d’exploitation et de consommation de poisson.

Au plan technique, notre pays a choisi de développer des stratégies alternatives permettant d’assurer le maintien du dynamisme de la pêche et la préservation des ressources halieutiques. Ces stratégies visent notamment la rationalisation de la pêche et le développement de l’aquaculture sous toutes ses formes. Elles concernent la formation des jeunes aux techniques de reproduction artificielle des carpes et silures, la création de viviers pour la conservation des alevins, l’empoissonnement des plans d’eau, la pisciculture en étangs, la rizi-pisciculture et la pisciculture de type intensif comme les cages flottantes. Le ministre Tréta a évoqué quelques défis auxquels est confrontée la filière poisson : la mise en place d’un système informatique de collecte et de traitement des données statistiques en vue de procéder à l’actualisation des statistiques sur la production nationale et sur le nombre de pêcheurs, l’amélioration des investissements et des appuis en faveur du sous-secteur de la pêche, qui ont été relativement faibles ces dernières années. Avant de souligner que la pêche ne bénéficie que de 0,02% des fonds publics, alors qu’elle contribue pour 4,2% au PIB.

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