Exploitation aurifère à Loulo : Le souci du développement rural et de la protection de l’environnement

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Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Ousmane Ag Rhissa avait initié en  mars dernier, une visite de terrain, dans les sociétés minières de Kayes, afin de s’enquérir du respect du code minier sur la gestion environnementale et sociale. Suite à cette visite, des suggestions et des recommandations ont été portées à l’endroit des responsables pour une nette amélioration. C’est dans cette  optique que les 23 et 24 octobre derniers, une équipe de journalistes a effectué une visite sur le site de la Somilo Sa pour s’assurer de la prise en compte des différentes recommandations.

 

 

mine souterraine de Gara. Une séance d'extraction du minerai (photo Clarisse Njkam)
mine souterraine de Gara. Une séance d’extraction du minerai (photo Clarisse Njkam)

Le Mali est le plus grand pays d’Afrique occidentale et accueille trois sites miniers de Randgold : à savoir Loulou, Gounkoto et Morila. L’or est important pour l’économie du Mali, car il représente 19% du PNB selon le World Gold Council. En 2011, les versements fiscaux de Randgold seuls ont représenté plus de 6% des rentrées fiscales totales du Mali.

La mine d’or de Loulo se trouve dans le cercle de Kéniéba, région de Kayes. Elle  est de nos jours, citée comme la plus grosse mine de l’Afrique de l’Ouest. Avec pour spécialité l’exploitation d’une mine souterraine. Elle a démarré en 2005 et les prévisions annoncent sa fin pour 2025.

 

 

 

La société emploie 4 000 personnes, dont 92,7% de Maliens, elle est dirigée depuis 2012 par Chiaka Berthé, un jeune cadre malien, géologue de formation et pur produit de l’ENI. M. Berthé est également membre de l’Australian Institute of Mine and Mettalurgy (AuslMM) et de la Geostatiscal Association of South Africa (Gasa).

 

 

 

Interrogé sur la gestion de la protection environnementale, le premier responsable de la mine a expliqué les conditions dans lesquelles fonctionne sa société. Selon lui, la société minière de Loulo détient une certification ISO depuis bientôt quatre ans. Elle est également inscrite en bourse, ce qui lui impose l’obligation  de se donner une réglementation plus rigoureuse en matière de sécurité et de protection de l’environnement, que ce que prévoit le code minier malien.  C’est pourquoi le DG déclare avec regret : ” Il y a toujours des idées arrêtées sur les mines.

 

 

C’est normal, car elles sont émises par des personnes qui ignorent souvent tout du fonctionnement d’une société minière “.  Les services techniques de la protection de l’environnement viennent chaque année inspecter le site.

 

 

Le DG, a reconnu tout de même que la mine utilise des produits dangereux, mais qu’elle sait comment les neutraliser, « les constructions sont faites de sorte que les habitants ne sentent aucun effet de ces exploitations sur leur environnement “.

 

 

 

Le superviseur de la section réactif, Benoit Diarra a rappelé lors de notre passage que qui parle de mines, parle d’utilisation de produits chimiques. ” 88 à 90 % de l’or produit est extrait d’une roche.  C’est grâce à des produits chimiques que le minerai est traité. Le plus dangereux de ces produits est le cyanure. Or c’est ce produit qui permet de tirer l’or de la roche dans laquelle il est contenu. Et il faut une tonne de roche pour extraire 4 grammes d’or”.

 

 

 

L’or, de par sa nature, se distribue en PPM (partie par million). Selon le superviseur, à Loulo, on a une proportion de  4 PPM (sur le million). Ce sont 360 000 tonnes de roches aurifères qui sont traitées par mois pour extraire 600 kg du métal précieux. Et il n’est pas encore pur. C’est le cyanure qui permet de traiter rapidement la roche pour en tirer le minerai dans une quantité suffisante. Or, le cyanure est un poison. Il se désintègre sous le soleil au bout d’un certain temps. C’est pourquoi un dispositif spécial est installé pour évacuer le cyanure vers le bassin à boue.

 

 

 

Parlant du processus de désintoxication, le technicien explique que pour éviter que le cyanure ne pollue la nappe phréatique, un dispositif constitué d’une argile (roche imperméable) spéciale, la dolomite, sert de revêtement au fond du bassin à boue. ”  Nous avons une stricte politique de gestion du cyanure et appliquons le code cyanure internationalement reconnu comme norme de gestion dans ce domaine “ a-t-il rassuré.

 

 

 

Pour éviter toute gestion compromettante de ce bassin à boue, Somilo Sa a préféré sous-traiter avec une société externe spécialisée en la matière, qui s’occupe entièrement de la gestion. Pour ainsi répondre à l’une des préoccupations du ministère de l’environnement et de l’Assainissement qui, lors de son passage, avait recommandé aux responsables de la mine d’améliorer la qualité du traitement des bassins à boue.

 

 

Selon notre constat la recommandation du ministre a été prise en compte, car tout autour du bassin de désintoxication, de nouveaux forages ont été faits pour filtrer et retenir les produits toxiques. Deux autres bassins ont également été créés pour la récupération des eaux de pluie et le traitement des eaux polluées.

 

 

Le responsable environnement, Diakalia Koné de préciser que des contrôles réguliers sont effectués. S’y ajoute que, tous les trois mois, l’Etat, à travers des services appropriés, effectue des vérifications et les résultats sont publiquement remis à la communauté locale à travers ses représentants.

La mine a conservé sa certification ISO 14001 pour le système de gestion de l’environnement à la suite de l’audit de contrôle effectué par la National Quality Assurance (NQA) en décembre 2012. Les résultats sont satisfaisants, a dit M Koné, qui a rappelé que les questions d’environnement font partie du chemin de bataille de la société.

 

 

Pour le Directeur environnement, cette certification, reçue depuis bientôt 4 ans, est la preuve que la mine respecte les conditions d’exploitation définies par les règles du standard international en matière de sécurité et de protection de l’environnement.  ” Toutes les phases de l’activité minière sont prises en compte : le transport, le traitement, le nettoyage, la détoxication, etc “, révèle-t-il. Cette année, pour obtenir la recertification, d’intenses vérifications ont été faites. Cela ne dépend pas seulement de la mine, mais de tous ses partenaires qui n’acceptent pas que leur argent soit injecté dans une entreprise qui détériore l’environnement ou qui tue des vies

 

 

La santé et la sécurité sont les mots d’ordre

Le chef sécurité, Mamadi Maré expliquera que SOMILO Sa  injecte, chaque mois, 14 millions de F CFA dans les médicaments pour équiper les structures de santé du cercle de Kéniéba. Sans compter la prise en charge gratuite  des femmes enceintes et des malades. Les services médicaux ont traité 10 411 patients issus de la communauté et continuent d’assurer gratuitement les premiers secours, l’évacuation, le planning familial, le conseil en VIH et le dépistage volontaire par le personnel de la mine, au dispensaire du village. En plus d’un programme d’immunisation qui a été mis en œuvre en association avec le centre de santé de Kéniéba.

 

 

 

Parlant de la sécurité, M. Maré explique qu’au cours de l’exercice 2012,  le taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt (TFAA) a reculé de façon significative de 2.29 à 1.59. Par ailleurs, le million d’heure sans accident avec arrêt a été atteint deux fois au cours de l’exercice 2012. Aucun décès n’a été enregistré pour la deuxième année consécutive. Le système de gestion de la sécurité a été mis en œuvre conformément aux prescriptions OHSAS 18001 et la certification a été recommandée au troisième trimestre 2012.

 

 

Réduction de la poussière

L’une des recommandations du ministre était de minimiser le dégagement de la poussière au niveau des chantiers et la protection des populations environnantes. Le directeur général, Chiaka Berthé explique “nous avons bitumé les routes d’accès, pour minimiser ces problèmes. Nous pulvérisons nos routes de mélasse pour empêcher la poussière. Sans oublier que nous avons mis sur pied un vaste programme de contrôle à base de sceaux à poussière disposés à travers les zones minières ainsi que dans les hameaux environnants’’.

 

 

Mais vu le climat de la région, “ je pense que la solution sera de bitumer la route nationale, qui est fréquentée par les transports en commun, et non par les engins de la société. Il y a quelques années de cela, ma société avait  exprimé le vœu de  bitumer la route nationale Kenieba-Kayes, mais les autorités de l’époque ont rappellé que cet exercice relevait du rôle de l’Etat et non d’une société privée. Nous attendons toujours l’Etat. C’est dommage que les  populations riveraines chaque fois nous rejettent le tord ” a-t-il dit avec désolation.

 

Réalisé par Clarisse NJIKAM

Le développement rural, un privilège pour Somilo Sa

Dans après sa première exploration sur le site de Loulo, le développement de la région de nos jours est remarquable. La population du village de Djidjan Kéniéba est passée de 300 habitants en 2003 à plus de 15 000. A cette époque, seulement 15% de la population locale était économiquement active, il n’y avait que peu d’accès aux soins médicaux et avec un seul puits dans la région. Pour permettre de mieux contribuer au développement du cercle, un comité de développement de la communauté (CDC) a été mis sur pied, sous la coordination de la société et sous la présidence du maire de la commune de Sitakily, avec comme membres les chefs des 9 villages, les représentants des groupes de femmes et de la jeunesse.

Depuis le démarrage de la mine en 2005, le CDC a distribué plus de 900 000 dollars à des projets locaux, avec plus de 200 000 dollars dépensés rien qu’en 2012. Dans le domaine de l’eau potable, 23 puits d’eau potable et d’irrigation ont été installés. Sans compter les frais de la formation et de l’équipement de sept habitants locaux pour l’entretien et la réparation de ces sources d’eau à long terme.

 

 

 

En éducation de base,  six écoles ont été construites pour environ 2 500 élèves. Ainsi que la prise en charge des fournitures de base, et des ressources pédagogiques supplémentaires.

 

 

Le développement économique : pour compléter l’emploi direct de la mine, le CDC a pris l’initiative de créer de nouvelles possibilités économiques dans la région, particulièrement dans l’agriculture. Un tracteur et un équipement de labour ont été acquis pour chaque village pour récolter le maïs et le riz. Ces projets ont eu un effet catalyseur sur la région et ont incité d’autres services du secteur privé comme les banques, les réseaux de téléphonie mobile, les stations-services etc… à s’établir dans la région.

Partenariats et production de richesses

La mine d’or de Loulo paie des taxes  s’élevant à 75 000 F CFA par mètre carré de terre exploitée à Kéniéba. Elle consomme 7 millions F CFA de gaz oil par mois pour faire tourner ses générateurs. L’approvisionnement est assuré en grande partie par Ben & Co, en moyenne 708 millions de dollars U S y sont injectés chaque année. En 2012, la société a produit 15,6 tonnes d’or sur les 50 tonnes produites au Mali. Ce qui équivaut, a ajouté Chiaka Berthé,  à 10 % du budget du pays, soit environ 200 milliards F CFA.

 

 

Au même moment Loulo a un crédit de près de 450 milliards F CFA. Parallèlement, elle doit dépenser une somme très élevée, l’exploitation de l’or revenant très chère. C’est pourquoi, en cas de chute des cours sur le marché mondial, certaines sociétés subissent des pertes énormes ou mettent carrément la clé sous la porte.

 

 

’Les gens se plaignent souvent que l’or ne brille pas pour les Maliens. Une façon de dire que ceux-ci ne voient pas la couleur de l’or produit chez eux. Le directeur répond à ce sujet que la société minière n’enrichit pas un pays, mais tire l’industrie. Quitte à l’Etat d’utiliser une bonne politique de gestion pour en faire profiter le pays“.

Avant d’avouer avec désolation que les autorités maliennes ne savent pas comment saisir les opportunités que créent les mines d’or pour en tirer profit. Et c’est regrettable.

 

 

Comment comprendre qu’il n’y aucune école de formation de miniers au Mali ? L’Etat ne songe pas à former dans ce domaine. Tant que les décideurs ne sont pas formés, ils ne pourront défendre quoi que ce soit dans ce secteur. Je suis Malien qu’est-ce qu’on fait les autorités pour profiter de mon expérience ? Souvent j’ai honte…  dira le Dg avec regret.

 Clarisse NJIKAM

 

Les brèves :

Les sociétés Semos Sa et  Endeavour Mining en fuyard…

DG Semos Sa
DG Semos Sa
Dg endeavour mining
Dg endeavour mining

La visite des journalistes dans les sociétés minières de Kayes visait à s’assurer de la prise en compte des recommandations faites par le ministre de l’environnement et de l’assainissement, lors de sa visite en Mars dernier. Une lettre d’information avait été envoyée aux différents sites sur le programme de la visite des hommes de médias.

 

 

Semos (Yatela et Sadiola) et Endeavour Mining (Tabakoto) n’ont pas répondu favorablement à cette lettre, sous prétexte qu’il fallait une lettre officielle du ministère.

 

Ceci est la preuve que certaines sociétés exploitant au Mali se reprochent beaucoup de chose quant à la protection de l’environnement, et l’Etat à travers le ministère en charge de l’assainissement doit s’assurer du respect total du code minier par ces sociétés, avant qu’il ne soit trop tard.

Il faut rappeler que ces deux sociétés sont régulièrement accusées de licenciement abusif.

Une autre raison de plus qui devrait attirer l’attention des autorités sur le respect des droits de l’homme et de l’environnement de ces sociétés…

 

 

 

La population de Loulo en veut plus…

Le village de Loulo se trouve à 3 km de la mine qui porte son nom. Ce village de 2000 habitants est totalement désert le jour. Presque tous ses habitants travaillent à la mine ou s’adonnent à l’aléatoire métier de l’orpaillage traditionnel. Au milieu des cases de ce village se dressent 6 nouvelles salles de classes construites par la société minière. Les fournitures scolaires sont garanties par la Somilo, a expliqué M Traoré, responsable du développement communautaire de la société, en plus du fonctionnement du CDC, qui prend en compte toutes les préoccupations des villageois.

 

Malgré tous ces efforts, la population de Loulo en veut plus. C’est ce qui ressort de notre entretien avec le chef du village de Loulo, Fassara Kéïta, qui, reconnait que le village a bénéficié de l’arrivée de la Somilo, mais demande encore plus, notamment le bitumage des routes du village, la solution aux explosions dans les carrières, qui endommagent les maisons par les fissures et bien évidemment la politique de recrutement des jeunes au sein de la société.

 

Le DG de la Somilo trouve normales ces revendications, car selon lui, c’est l’une des preuves qu’il y a le développement. Il dira qu’entre le village de Loulo et la Somilo, c’est plutôt un problème familial. La preuve, lors du mariage de la cinquième femme du chef du village, c’est le DG qui, humblement avait remis son véhicule pour servir de transport du couple. Comme quoi, tout baigne dans l’huile, malgré qu’on ne soit jamais satisfait.

 

 

La prostitution bat son plein à Djidjan

Djidjan est un autre village du Tambaoura. Sa population est estimée à près de 6 000 âmes. L’activité minière a attiré du monde vers ces localités. Des ressortissants de plus d’une vingtaine de nationalités ont élu domicile ici. La chefferie villageoise affirme vivre en bonne intelligence avec ces étrangers. En plus des activités aurifères, le commerce du sexe bat  son plein.

 

A notre arrivée, nous avons fait escale dans un coin chaud du village ; question de se désaltérer. Un maquis en plein air, avec de l’ambiance, le son de la musique à plus de 1000 décibels. Ici l’alcool se consomme à une vitesse vertigineuse, même les singes en commencent.  Mais aussi le commerce du sexe fonctionne  mille à l’heure.

 

Pour un plaisir d’une heure, il suffit de débloquer la modique somme de 5000 Fcfa, y compris l’hébergement. Le choix est permis les filles passent à tour de rôle devant les consommateurs, qui les contemplent et font leur choix au fur et à mesure. En tout cas on a dit développement et tout ce qui  suit…

 

                  Réalisées par Clarisse NJIKAM

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1 commentaire

  1. Bravo pour cette campagne de communication. Indépendant, tu as eu combien pour publier cet article rédigé par la société elle même? Clarisse, tu n’as fait que du copier coller. On t’a remis l’article et de l’argent pour que tu le publies. Sinon tu n’as fait aucune investigation dans ce que tu as dit. Les minières peuvent bourrer le citoyen lambda avec des articles pareils, mais pas ceux qui s’y connaissent en environnement. Leurs impacts négatifs sont connus et elles n’ont jamais respecter les procédures en matière d’environnement comme il se doit. Ce n’est que de la poudre aux yeux de dire que Somilo voulait bitumer la route Kayes-Kéniéba. Quelle autorité refuserait une offre pareille. N’importe quoi. Comme on le dit: montre l’or à celui qui le connait.

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