ODRS : Annonce de travaux d’envergure

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C’est par le repiquage de deux pieds de riz que le patron de l’Office de développement rural de Sélingué (ODRS) a donné ce lundi le coup d’envoi officiel de la campagne agricole de contre-saison 2012. Profitant de l’occasion, Ousmane Maïga a annoncé plusieurs chantiers d’aménagement et de mesures indispensables, selon lui, à l’atteinte des objectifs.

 

En ce lundi 12 mars 2012, au matin la température était relativement clémente à Sélingué, malgré les rayons de soleil très brillants. Les anciens nous apprennent que quand le soleil revêt une telle apparence, il annonce une bonne nouvelle. Ce jour-là, au périmètre irrigué de Sélingué, la bonne nouvelle était le lancement de la campagne de contre-saison en riz à l’Office de développement rural de Sélingué (ODRS).

Pour l’occasion, le directeur était accompagné des autorités politiques et administratives de la localité, les représentants d’associations villageoises, les encadreurs de producteurs, etc.  Ce lancement, précise Ousmane Maïga, procède de la volonté de l’Office d’organiser au mieux la production agricole de manière, dit-il, à renforcer la sécurité alimentaire des ménages à faible revenu.

Pour la présente campagne, l’ODRS et ses partenaires ont revu leurs ambitions à la hausse. Si la saison écoulée a été marquée par une production de plus de 6 tonnes à l’hectare, cette année l’Office table sur un aménagement d’environ1200 hectares, pour une production de 7 tonnes à l’hectare.

« L’on sait qu’en dépit des bons résultats de la campagne d’hivernage 2010-2011 en production de riz, les spéculations complémentaires tels que le maïs, le sorgho et le petit mil n’ont pas été satisfaisantes. Il est donc possible que nos zones de production connaissent dans les mois à venir une pénurie alimentaire », analyse Ousmane Maïga. Et d’ajouter : « C’est pour cela que l’ODRS s’est vite attelé à lancer un programme spécial de maraichage, il y a deux mois, et insiste aujourd’hui sur la bonne organisation de la contre-saison du riz dans la zone de Sélingué ».

 

Dans un contexte de flux vers les mines

Le défi à relever cette saison est de taille pour l’ODRS et les producteurs, quand on sait que cette campagne de contre-saison intervient au moment où la main d’œuvre se fait de plus en plus rare. Beaucoup de producteurs ont abandonné les champs pour des sites d’exploitation traditionnelle d’or. Au total dans la zone, on compte quatre sites d’orpaillage, repartis entre Farabacoura, Kamégnéla, Soumaya et Gnéouléni.

A cause de cette situation, la main d’œuvre est massivement dans les zones d’orpaillage au lieu des sites de production. Conséquence : le calendrier agricole connaît un drôle de retard. Commencée le 10 février dernier, la campagne de repiquage devait prendre fin ce 10 mars. Malheureusement, ce sont seulement 1/3 des champs qui ont été repiqués. Pour le directeur, il y a urgence à agir.

Tout comme l’ont dit le sous-préfet, le maire, le chef de village, le syndicat des producteurs, le DG de l’ODRS pense qu’il faut intensifier les campagnes de sensibilisation à l’endroit des producteurs. Ceci est d’autant plus important qu’il constitue un passage obligé vers l’atteinte des objectifs de production. D’ores et déjà, précise M. Maïga, des mesures d’accompagnement, comme la subvention de l’engrais, la mise à disposition de motoculteurs et autres mesures incitatives, sont prévues.

Les femmes de l’Association « Benkadi », elles, semblent prendre la mesure de l’ampleur du problème, en recommandant aux militantes de se consacrer aux travaux de repiquage. « Ensemble nous avons pris la décision de repiquer les champs de nos maris. Après, chacune est libre d’aller sur les sites d’orpaillage », témoigne la présidente de « Benkadi », Mme Awa Kaïta.

Pour cette année 2012, l’ODRS engage de grands chantiers visant à améliorer ses capacités de production. Pour cela, explique le DG, l’un travaux majeurs prévus constitue le curage des canaux secondaires et des drains. « La prospective impose des choix stratégiques clairs axés sur la professionnalisation de la production agricole et l’abandon de la politique subsistance », déclare-t-il. Il annonce l’accélération de la mécanisation, des aménagements hydro-agricole, l’adoption des méthodes intensives de production, la création des plantations industrielles et de professionnalisation  des filières agricoles, etc.

« Les perspectives de développement de la zone du bassin du Sankarani sont à la mesure de son immense potentiel de développement agricole… Notre ambition est de créer un véritable pole de développement économique autour du barrage de Sélingué », conclut le directeur général de l’ODRS.

Issa Fakaba Sissoko

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