Office du Niger : 2500 nouveaux hectares aménagés a M’bewani

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hectaresCet investissement financé par l’Union européenne porte le potentiel irrigable en maîtrise totale de l’eau du géant rizicole à 110.000 hectares et permet d’augmenter de 33.000 tonnes les productions de riz et de cultures maraîchères

Le Premier ministre Oumar Tatam Ly a procédé hier à la mise en eau du bloc D du casier rizicole de M’Bewani. Ce périmètre de 2500 hectares nouveaux a été réalisé grâce un financement d’un montant total de 11,2 milliards Fcfa. Il porte désormais le potentiel irrigable en maîtrise totale de l’eau de l’Office du Niger à 110.000 hectares. Cet aménagement comprend également la réalisation d’un drain d’une longueur de 42 kilomètres pour un investissement de 4,5 milliards Fcfa.

Le reboisement de 1000 hectares pour compenser le déboisement effectué à cause de l’aménagement est également prévu pour un montant additionnel de 820 millions Fcfa. Oumar Tatam Ly a également procédé avec le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Ousmane Ag Rhissa et le ministre délégué chargé de l’Elevage, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire, Nango Dembélé à la plantation symbolique des plants d’eucalyptus. Ce geste consacre le lancement officiel de l’opération de reboisement.

L’aménagement du périmètre de M’Bewani est le fruit de la coopération entre notre pays et l’Union européenne qui a investi 15,8 milliards Fcfa. L’inauguration de ce périmètre s’est déroulée en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Richard Zink. Ces investissements au niveau du casier de M’Bewani contribuent à l’objectif de développement de la zone Office du Niger qui ambitionne d’aménager 200.000 hectares à l’horizon 2020. Les parcelles qui sont en cours d’attribution permettent à la fois de créer des emplois au niveau de 2000 exploitations familiales et de lutter contre l’insécurité alimentaire grâce à une production supplémentaire annuelle de 15.000 tonnes de riz paddy et 18.000 tonnes de produits maraîchers.

Richard Zink a rappelé que ces investissements s’inscrivent dans un programme plus large d’appui à l’Office du Niger. La contribution totale de l’UE, sous forme de don non remboursable, s’élève, depuis les années 80, à 19 milliards Fcfa. Ce programme vise à améliorer les rendements rizicoles, promouvoir les cultures maraîchères et valoriser les produits agricoles. L’ambassadeur Richard Zink a souligné que dans le cadre de la coopération, l’Union européenne a apporté une assistance technique dans le domaine de la gestion de l’eau et de la maintenance des aménagements. Il a assuré que l’agriculture restera la priorité de la coopération Mali-UE.  Et a, de ce fait, rappelé que l’UE a engagé 28 millions d’euros (environ 18,2 milliards de Fcfa) pour l’irrigation de proximité  dans les régions de Sikasso et Koulikoro.

Le maire de la commune rurale de Pogo, Badjan Samaké et le représentant des producteurs Badjan Traoré ont tous les deux salué l’Union européenne et le gouvernement pour la réalisation de ce périmètre. Ils ont pris l’engagement que les bénéficiaires ne ménageront aucun effort pour mieux valoriser l’investissement ainsi réalisé. Badjan Traoré a rappelé que ce sont 2256 ménages qui bénéficieront de ces investissements dont 592 femmes qui produiront du riz et des produits maraîchers.

Les jeunes ruraux ne sont pas oubliés, le représentant des bénéficiaires a souhaité que l’APEJ puisse leur apporter un appui conséquent en vue de leur permettre de mettre en valeur les parcelles qui leur sont attribuées. Badjan Traoré a également salué l’activité de reboisement qui se fera à travers la stratégie de haute intensité de main d’œuvre (HIMO). Cette approche a pour objet de fournir du travail aux jeunes ruraux, et a l’avantage d’améliorer la disponibilité de bois énergie pour les ménages.

L’aménagement du périmètre a contribué à augmenter l’effectif de la population locale en raison de l’attrait du travail agricole que cela a suscité. Le représentant des bénéficiaires a ainsi attiré l’attention des autorités sur les besoins que cela occasionne comme la disponibilité de l’eau potable, la réalisation des centres de santé communautaire et d’écoles.

 

D’AUTRES AMENAGEMENTS EN VUE. Le ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire, Nango Dembélé a, de son côté, remercié l’Union européenne pour l’investissement consenti et les entreprises adjudicatrices des travaux pour la livraison des ouvrages dans les délais, malgré la crise institutionnelle qu’a connu le pays. Il a indiqué que les investissements permettront en plus du riz de diversifier la production agricole avec la culture de la pomme de terre, du maïs et de la pisciculture. Le gouvernement prévoit d’installer les agro-pasteurs le long du drain principal, ce qui facilitera l’accès des animaux aux pâturages. Cette approche développera l’élevage, la production de viande et de lait et s’inscrit dans la politique du département de promouvoir des agropoles.

Le Premier ministre Oumar Tatam Ly a remercié au nom du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita et du gouvernement, l’Union européenne pour les appuis multiformes que cette organisation a apporté et continue d’assurer à notre pays. Il a mis l’accent sur l’importance de l’aménagement précieux réalisé au bénéfice de l’Office du Niger. L’UE, a poursuivi le chef du gouvernement, a aidé le Mali à relever de nombreux défis de développement notamment dans le cadre de la lutte contre la pauvreté dont les aménagements agricoles participent de cet effort, la gouvernance politique et la sécurité à travers les formations militaires dispensées.

L’Office du Niger est au cœur de la stratégie d’accélération de la croissance économique, a-t-il indiqué. Il a saisi l’opportunité de l’inauguration pour rappeler certaines grandes actions en direction de l’Office du Niger les démarches ou les discussions en cours pour ouvrir de nouveaux chantiers. Ainsi, il est prévu l’aménagement de 3900 hectares dans le casier de Molodo, 2500  autres hectares, la reprise des travaux du périmètre d’Alatona, l’accroissement de la section du canal du Macina et la réalisation du système complet de drainage de l’Office du Niger.

Oumar Tatam Ly s’est félicité de la possibilité d’agrandir le nombre d’exploitations familiales qui bénéficieront des aménagements à l’Office du Niger. Il a également encouragé l’installation d’opérateurs économiques privés qui voudront investir dans les zones de l’Office du Niger et participer à l’effort de modernisation de la production agricole à travers la transformation. Il a, de ce fait, salué l’initiative de l’opérateur économique Modibo Kéita qui y a déjà beaucoup investi et qui transforme les produits agricoles grâce à ses unités industrielles.

Le chef du gouvernement a, par ailleurs, salué l’ambition des responsables de l’Office du Niger qui veulent augmenter la production rizicole pour la faire passer de 700.000 tonnes à un million de tonnes dans les prochaines années. Les zones de l’Office du Niger sont propices pour expérimenter les agropoles que le gouvernement à travers le département du Développement rural veut promouvoir. Il a salué la politique de reboisement à travers la pratique de la haute intensité de main d’œuvre (HIMO) qui permettra de créer de nombreux emplois ruraux, d’augmenter les revenus monétaires des populations. Toutes ces actions participent des efforts du gouvernement à lutter contre la pauvreté de façon générale et en milieu rural en particulier.

M. COULIBALY

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2 COMMENTAIRES

  1. Donnez les terres ceux qui ont une réelle volonté de les exploiter et non pas à ceux sont pistonnés, ou qui ont payé en dessous de la table ou encore ceux qui ont le seul mérite d’être originaire des lieux. Les opérateurs économique nationaux, la disapo peuvent être incités à y investir. Des courts programmes de formations aux technique agricoles à l’endroit des jeunes et des femmes peuvent beaucoup aider à les déployer dans les zones de l’ON.

  2. Ne pas commettre les erreurs du passé qui consistaient à donner les terres à des gens qui ne sont pas capables ou qui n’ont pas une volonté réelle de les exploiter. Des jeunes ruraux, venant des différentes régions, peuvent suivre de courtes formations et subventionnés pour faire du bon travail dans l’ON. Aussi la diaspo peut être incitée à investir dans le secteur, si elle est rassurée et sécurisée, bien entendue! Actuellement, les critère d’attributions ne sont pas équitables.

    Merci et du courage

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