Rencontre des donateurs pour le Mali : L’effet Fily à Bruxelles

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Mme-Bouare-Fily-SissokoLa deuxième réunion internationale de suivi de la conférence des donateurs pour le développement du Mali était beaucoup attendue dans les milieux diplomatiques comme événement politique phare de la semaine écoulée.

 
Elle a eu lieu dans une grande solennité, au siège de la commission de l’Union Européenne,  avec l’implication des partenaires techniques et financiers qui ont exprimé tout leur soutien en faveur d’un pays qui a réalisé, en si peu de temps, de grandes performances économiques dans le cadre de sa reconstruction,  après la grave crise sécuritaire qu’il a connue et qui a eu des conséquences négatives sur son essor économique.

 
Si le Premier ministre, Oumar Tatam Ly, a dirigé la forte délégation nationale, qui comprenait pas moins de sept membres du gouvernement, c’est surtout la ministre de l’économie et des finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, qui a été la principale attraction de cet événement avec les engagements et autres mesures du gouvernement en matière de politique économique et financière et dont les effets positifs ont directement impacté la relance économique du pays.
Autres grands dossiers de l’Etat ayant motivé l’adhésion des partenaires, ce sont les efforts colossaux du ministre de la justice, Me Mohamed Ali Bathily, en matière de lutte contre la corruption et la délinquance  financière ; du ministre délégué de la promotion des investissements et du secteur privé, Ben Barka, dans le domaine de l’amélioration du climat des affaires ; du ministre de la réconciliation nationale, Cheick Oumar Diarra, qui a mis en exergue la stratégie du gouvernement d’aller plus rapidement à la paix sociale. Les ministres du plan et de la prospective, Cheickna  Seydi Ahamadi Diawara, du délégué chargé de l’élevage, Nango Dembélé, qui a exposé les priorités en matière de développement agricole. Les agropoles régionaux, dit-on ici, ont également imprimé une touche particulière à la démarche du gouvernement d’aller plus rapidement au renouveau du Mali dont espère toute la communauté internationale.

 
Le ministre de l’économie et des finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, a créé un intérêt évident des partenaires financiers et techniques qui ont exprimé leur volonté d’aider le pays à retrouver ses marques. En 2013, le Mali a renoué avec la croissance économique qui a atteint 5,1% contre une croissance négative en 2012. Dans le même temps, en raison de la rigueur de gestion instaurée dans les dépenses publiques, l’inflation a baissé littéralement et s’est focalisée autour de 1%.

 

 
La prudence imprimée dans la gestion des fonds publics, qui s’est manifestée par une forte régulation, et la rigueur instaurée dans la gestion, qui s’est focalisée sur l’amélioration de la qualité des dépenses publiques en conditionnant l’ouverture des crédits d’investissement, sont autant de facteurs positifs, parmi tant d’autres, qui ont nettement crédibilisé la  gestion  budgétaire.

 
Cette atmosphère de détente économique a également favorisé la mise en place d’institutions fortes et crédibles, la restauration de la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national, la mise en place d’une politique hardie de réconciliation nationale, le développement des ressources humaines (éducation, santé et développement social), la reconstruction des régions affectées par la crise sécuritaire, la relance de l’activité économique et le développement du secteur productif.

 
Ce n’est pas tout : des efforts de l’Etat ont concerné le rétablissement de l’administration publique et la restauration des capacités de l’Etat à fournir les services sociaux de base. Dans ce domaine, le gouvernement a fait des réalisations importantes dont le montant est estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs. Il s’agit notamment de l’augmentation des dotations pour l’appui aux collectivités de plus de dix milliards de nos francs, la mise en place des mesures incitatives (frais de transport et indemnité d’équipement) pour le retour du personnel de l’administration dans les régions du nord, soit un effort financier de plus de trois milliards de francs CFA.

 
C’est également le cas du financement des activités de reconstruction des bâtiments publics et des services sociaux de base qui a coûté à l’Etat plus de dix milliards de nos francs. La subvention à l’EDM et la SOMAGEP pour la fourniture  gratuite de l’électricité et la réhabilitation des infrastructures hydrauliques dans les régions sinistrées ainsi que le retour des réfugiés ont coûté plus de quatre milliards de francs CFA à l’Etat, lequel s’est aussi illustré en matière d’allocation pour la reconstitution de stock de sécurité nationale et la subvention aux intrants agricoles avec respectivement 7,5 et 35 milliards de nos francs.
C’est dans cette dynamique de consolidation des acquis économiques que les bailleurs de fonds se sont félicités de la tenue de ce rendez-vous de Bruxelles qui du reste, a permis de maintenir l’élan des réformes engagées par le gouvernement et la dynamique de solidarité de la communauté internationale pour remettre plus durablement le Mali sur le chemin d’une croissance économique et sociale.
Dado Camara       

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