RESSOURCES MINIERES: De la bauxite au Mali

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Le Mali serait un pays à fort potentiel de bauxite. L’information a été donnée au cours d’une table ronde samedi par les responsables de Mali Mineral Ressources au siège de la société à l’ACI-2000.
 
La carte d’interprétation des images satellitaires démontre aisément que le Mali dispose de plusieurs plateaux de bauxite au nord de Sikasso. Certes, il ne s’agit pas encore d’un gisement de bauxite, mais d’un gîte puisqu’il reste à faire l’ingénierie minérale pour en définir la quantité, la qualité, la dimension, la rentabilité économique et de voir les technologies applicables à la substance minérale pour son extraction.
En attendant la maîtrise de ces contours, la société Mali Mineral Ressources a pris le devant en organisant le 29 juillet dernier dans ses locaux à l’ACI-2000, une table ronde sur le thème « découverte d’un nouveau gîte de bauxite au Mali ». Objectif : informer l’opinion que le Mali dispose de réelles potentialités en matière de bauxite et d’attirer l’attention des décideurs à initier des projets d’infrastructures à l’échelle régionale qui profiteront à d’autres segments de l’économie.
Outre les représentants du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, ont pris part à la rencontre Chiaka Diarassouba, DG de Mali Mining House SA, Dialla Konaté, représentant de Mali Mining House SA auprès du Mali Mineral Ressources et du Mali Gold Fields et Christopher Parrz, directeur régional du Camec (Central African Mining and Exploration). Ensemble, ils ont entretenu l’assistance de l’historique, des enjeux et des perspectives de la bauxite.
Si l’or n’est pas industrialisable, la bauxite l’est. Car, elle participe à la construction de l’aéronautique civile et militaire. Matière la plus utilisée, le nom bauxite est tiré de celui d’un village français : les beaux de Provence de Arles dans le Sud de la France par Pierre Berthier, qui le premier a découvert en 1845 le minerai de bauxite. Elle est la matière la plus largement utilisée dans la production de l’alumine à l’échelle commerciale.
Selon Chiaka Diarassouba, DG de Mali Mining House SA, la combinaison des ressources de bauxites du Mali et de la Guinée (pays frontalier au sud du Mali) est la plus importante au monde. Tandis que la Guinée, grâce à son ouverture sur la côte atlantique, a pu développer ses ressources au point d’être le 2e producteur mondial (17 millions de tonnes de bauxite par an) derrière l’Australie, les problèmes d’infrastructures ont été un frein au développement de la bauxite au Mali.
 
Facteur d’intégration
« Quand les gisements seront là, il faudra construire des routes, des lignes de chemin de fer pour faire la jonction entre Sikasso, Abidjan et Ouagadougou. Cette perspective doit tenir compte des types de projets intégrateurs qui vont justifier la mise en place des infrastructures », a dit Christopher Parrz.
« Nous avons commencé les travaux de télédétection l’année dernière. L’exercice consistait à comprendre si la bauxite existe ou non au Mali. Bientôt, nous allons boucler la première phase d’investigations et nous vous donnerons l’année prochaine les résultats », a promis Dialla Konaté, qui a ajouté que le balayage a concerné tout le Sud du Mali pour arriver à ces indications.
A en croire les organisateurs de la table ronde, les résultats de l’interprétation des images satellitaires sont encourageants. Ils ont révélé que la zone de Koumankoun, à 100 km de Sikasso, renferme des potentialités de bauxite. Mais au stade actuel, la grande inconnue reste la quantité, la qualité de la substance minérale et les technologies applicables. Le récent programme de contrôle au sol a confirmé l’utilité de la technologie de télédétection dans tels exercices.
Mali Mineral Ressources SA, une société de droit malien issue du partenariat entre Camec, une société d’exploitation minière de droit anglais et Mali Mining House SA, la branche commerciale de l’Union nationale des opérateurs miniers (Unomin), a passé en revue le potentiel en bauxites du Mali en début d’année 2006.
En plus des recherches bibliographiques sur les résultats d’anciennes activités d’exploration pour la prospection des bauxites de 1950 à 1970, une étude de télédétection a été entreprise pour arriver à un inventaire complet des plateaux bauxitiques du Sud du Mali et du Nord de la Guinée. L’exercice de télédétection a utilisé des bases de données provenant de la combinaison de deux types de satellites Landsat EDM et SRTM Digital Elevation Model pour identifier les aires géographiques de grande potentialité bauxitique.
Cette étude a confirmé que les bauxites se sont développées sur des sils de dolérite d’âge mésozoïque qui affleurent dans cette région. Alors que les premiers explorateurs avaient sous-estimé les véritables potentialités du Mali en ressources bauxitiques surtout dans les zones de Faléa, Bamako-Ouest et Sikasso-Nord.
Mohamed Daou
Il y a loin de la coupe aux lèvres
D’importance capitale, l’identification du gîte du Nord de Sikasso est considérée comme la découverte d’un potentiel important de bauxite sur 30 à 40 km à l’ouest de la route San-Sikasso où des profils bauxitiques qui se sont développés sur environ une épaisseur de 15 m sont localisées approximativement à 100 km au nord de Sikasso.
D’ailleurs, Mali Mineral Ressources SA, avec l’assistance du Programme de développement des ressources minérales (PDRM), commencera un programme de cartographie détaillée et de fonçage de puits sur les plateaux bauxitiques de Sikasso-Nord afin de mieux caractériser les gîtes de bauxite qui y ont été identifiés. D’ici la fin de l’année un programme d’exploration plus élaboré sera exécuté sur l’ensemble des gîtes de Faléa, Bamako-Ouest et Sikasso-Nord.
De la découverte à la commercialisation en passant par l’exploitation, c’est tout un processus. C’est dire combien Mali Mineral Ressources a encore du chemin à faire avant qu’elle ne soit en mesure de confirmer la vitalité de l’industrie de la bauxite au Mali. Mais au vu des potentialités observées sur les gîtes, on peut incliner à penser que les travaux de Mali Mineral Ressources serviront de déclencheur aux besoins d’infrastructures régionales.
M. D.

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