Rumeurs de dégâts de cyanure à Djidjan Kéniéba : Le démenti formel des services techniques et des chefs coutumiers

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Chiaka Berthe, DG Somilo
Chiaka Berthe, DG Somilo

Depuis quelques jours, une folle rumeur se répand dans notre pays. Rumeur selon laquelle le cyanure utilisé par des professionnels de la société des mines de Loulo (SOMILO) fait ravages. Pour couper court à ce tapage médiatique, la direction de ladite société a organisée une visite de terrain. La délégation comprenait, entre autres, le directeur régional des géologies et des mines, Abou Guissé ; le sous-préfet central de Kéniéba, Amadou H. Maïga ; le directeur régional de la protection civile, lieutenant-colonel Tiécoura Samaké ; la Directrice régionale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances, Mme Aïssata Cissé ; le point focal de l’assainissement de Kéniéba ; Hamady Kassambara ; le chef de l’urbanisme et de l’habitat de Kéniéba, Demba Nassoko ainsi que de nombreux hommes de médias.

                                                    

Si l’utilisation du cyanure pose problème dans certains endroits, tel n’a jamais   été le cas à Loulo. Depuis le début de l’exploitation, il y a une dizaine d’années, aucun cas de mort d’oiseaux, d’animaux ou d’hommes n’a été lié à l’utilisation de ce produit. Néanmoins, pour couper court aux rumeurs infondées, une forte délégation des structures déconcentrées de la région de Kayes, de Kéniéba et les journalistes ont fait le déplacement de Djidjan Kéniéba pour savoir, ce qui s’est réellement passé. Au terme d’une visite de terrain, le constat est le suivant : aucun tuyau n’est troué et le cyanure n’a jamais fait des dégâts. Pire, les responsables des villages de la commune de Sitakily s’insurgent contre ceux qui veulent régler des comptes personnels à la société minière en ne relatant pas la vérité.

 

Qu’à cela ne tienne, la préfecture de Kéniéba, à travers son chef de l’exécutif, Amadou Maïga, pense que «c’est une fausse alerte. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ou de paniquer». C’est ce qu’il a expliqué à l’assistance lors de la réunion de l’ensemble des responsables des structures ayant fait le déplacement de Djidjan pour la circonstance.

 

Pour rappel, la tuyauterie a été mise dans un creux pour contenir les déversements en cas de fuites accidentelles et de réparation pour maintenance. Aussi, le village de Djidjan Kéniéba était localisé à plus de 500 m de la tuyauterie de résidus. Par mesure de sécurité et pour éviter toute surprise désagréable, treize (13) familles, toutes localisées sur le côté gauche en partance de l’usine au barrage, ont été toutes déplacées et compensées. Une enveloppe de 7.493.700 Fcfa a été consentie. Au moment des faits, aucune famille n’était établie sur le côté droit en partance de l’usine au barrage. C’est pourquoi, il est important de souligner que les habitants autour du pipeline sont des migrants.

En tenant compte de tous ces paramètres, on peut dire sans risque de nous tromper que les tuyaux ne peuvent pas péter, parce que l’actuelle tuyauterie de dépôt (tuyaux en acier) a été installée en novembre 2011 et planifiée à être tournée après trois (3) ans de fonctionnement. Avant même le calendrier prévu, c’est-à-dire novembre 2014, 330 mètres ont été déjà tournés. C’est lorsque les techniciens de SOMILO sont arrivés au niveau du village que certaines personnes mal intentionnées ont interprétées les choses à leur manière. L’endroit incriminé se situe à l’entrée du village, mais à quelques encablures de la cité des travailleurs de SOMILO. Donc, s’il y avait eu dérapage, ce sont les travailleurs et leurs familles qui allaient être plus exposés.

 

Cette opération de maintenance de la tuyauterie consiste à tourner 1500 mètres sur 7400 mètres identifiés comme zones à haut risque d’ici fin août 2015. Pour minimiser les risques, 330 mètres ont été tournés avant le calendrier prévu, novembre 2014. Il comprend 13 séquences ; 132 mètres par séquence. Pour cela, le temps d’arrêt nécessaire de l’usine est de 138 heures soit 12 heures pour chaque séquence. Alors que chaque arrêt de l’usine coûte 45 millions de nos francs. Pour revenir à la tuyauterie, le restant des 5900 mètres est programmé pour 2016.

 

                              

Les vraies raisons de la rotation

Contrairement à certaines déclarations, les mesures de contrôle sont efficaces : un creux tout au long de la tuyauterie pour contenir le déversement (7300 mètres de long et 5metres de large) ; une patrouille 24h/24 le long de la tuyauterie ; la sensibilisation des communautés ; les perturbations de trafic ; la clôture de la route lors de l’entretien et 30 % de boue sont utilisés dans le remblayage. À court terme, le remplacement des portions usées (continuer à tourner les tuyaux à 132 mètres par mois), le ciblage de 1500 mètres (330 déjà tournés) et le suivi d’usure des épaisseurs de tuyau (test d’épaisseur). À long terme : obtenir des capitaux pour remplacer la tuyauterie pour sécuriser 4,6 M tonnes par an.

 

En somme, à chaque fois qu’une opération nécessite une interruption de la circulation, certains interprètent cela à leur manière. D’où des polémiques et diffusions de fausses nouvelles.

 

Au terme de cette visite de terrain, l’ensemble des services déconcentrés de la région, impliqués dans la question des mines, ont affirmé qu’il n’y a aucune anomalie concernant la maîtrise totale du cyanure.

 

Amadou Maïga, sous-préfet central de Kéniéba : «C’est une fausse alerte»

 

Rumeurs de dégâts de cyanure à Djidjan Kéniéba

Amadou Maïga, sous-préfet central de

Pour nous, c’est une fausse alerte. Nous avons appris ces informations erronées au moment où nous étions avec le gouverneur de Kayes dans un séminaire. Franchement, nous avons considéré cette information comme une rumeur. Parce que ni le chef de village, ni le maire encore moins la mine n’avaient alerté notre attention sur un quelconque souci. C’est pourquoi, nous avons continué notre travail, comme si de rien n’était. Néanmoins, le gouverneur a tenu à ce que les services déconcentrés de la région puissent venir faire leur constat sur le terrain. À l’unanimité, ils viennent d’affirmer que c’est une fausse alerte. Donc, force est de constater qu’aucun tuyau n’a pété et qu’il y a aucun problème sanitaire. C’est-à-dire qu’aucun oiseau n’est mort, encore moins un cas de maladie n’a été constaté.

 

                Chiaka Berthé, Directeur général de SOMILO :

«Le changement de tuyau était programmé depuis trois ans»

Personnellement, j’ai été surpris en apprenant cette nouvelle parce que je savais qu’il n’y a pas de problème à la mine de Loulo. Ce travail était programmé depuis trois ans. Lorsque l’information a fait le tour, nous avons décidé d’inviter tous les services techniques déconcentrés de la région de Kayes, impliqués dans la gestion de la mine, pour qu’ils se rendent eux-mêmes sur le terrain afin de mieux savoir. Aussi, nous voulons que les compatriotes comprennent que la mine appartient à Randgold et au Mali. C’est pourquoi une telle fausse révélation ne sert à personne. La seule mine au Mali qui transporte depuis 2011 par tuyauterie jusqu’à 8 km, est SOMILO. Il avait été programmé depuis trois ans que les tuyaux seront renversés. Cela n’a rien de particulier. Aussi, il est important que les gens sachent que le renouvellement de la tuyauterie coûte au moins plus de deux milliards de nos francs. À noter également que cela peut intervenir à tout moment puisque l’usine est arrêtée chaque mois pendant 12 heures pour permettre aux techniciens d’apporter des changements nécessaires, afin d’éviter des surprises désagréables. Si un tel problème majeur se pose, nous avons l’obligation d’informer nos responsables villageois et administratifs.

 

 

Demba Kéita, chef du village de Sackola : «C’est purement de l’intox»

Je veux poser la question de savoir qui est à l’origine de ces fausses nouvelles ? Il est important que nous démasquions l’identité réelle de ces personnes. Comme, ils ne sont pas connus, nous sommes obligés de nous contenter des déclarations. Tout ce qu’ils disent est archi-faux. Je vis dans ce village depuis des dizaines d’années, aucun habitant ne pourra dire que moi, le plus âgé (patriarche), est impliqué dans une calomnie. Je détiens avec Mogotafing les clés de notre cimetière. C’est pourquoi on ne pourra enterrer qui que ce soit, sans que je ne sois pas impliqué dans les cérémonies funèbres. Nous n’avons aucun souci avec la mine. C’est d’ailleurs le lieu pour moi de les remercier à cause du respect mutuel entre nous. Pour moi, cela relève de l’intoxication. Heureusement que les structures déconcentrées de la région ont fait le déplacement pour constater d’eux-mêmes.

 

 

Mogotafing Sissoko, chef de village de Djidjan Kéniéba

« Ici, le cyanure n’a jamais tué même un poulet»

 Mogotafing Sissoko, chef de village de Djidjan Kéniéba

Mogotafing Sissoko, chef de village de Djidjan Kéniéba

Ce sont des propos mensongers. Parce que je n’ai jamais vu que le cyanure a tué même un poulet dans notre village. À Djidjan, notre cimetière est clôturé et je détiens l’une des clés. Aucune personne ne peut enterrer son corps sans que je ne sois au courant. Il ne peut pas avoir un tel problème sans que la mine ne m’informe à temps réel. Je me rappelle qu’une fois qu’un tuyau a pété, la mine a pris toutes les dispositions à temps réel en nous impliquant le processus du début à la fin. Nous sommes en contact régulièrement avec SOMILO à travers un comité présidé par le sous-préfet central qui se réunit pour discuter de tous les problèmes qui se posent. Aujourd’hui, il n’y a aucun problème particulier entre SOMILO et Djidjan Kéniéba. Etant le premier responsable du village, je n’hésiterai pas à informer le préfet central, si on avait un tel souci parce que je suis en contact avec presque tous les jours avec lui.

 

 

Falaye Sissoko, conseiller municipal et opérateur cyanure :

«Si quelqu’un devrait mourir de cyanure, c’est moi»

Vous savez, je suis un fils du village en même temps conseiller municipal et opérateur cyanure. Si quelqu’un doit mourir de cyanure, c’est bien sûr moi, parce que j’y travaille depuis l’arrivée de SOMILO dans notre commune. Si quelqu’un veut régler ses comptes personnels avec la société, il peut le faire, mais pas à mentir de la sorte. Si le cyanure pose problème à la population, je serai le premier à alerter mes parents. Les gens racontent des choses qu’ils ne maîtrisent pas du tout. Ce qui est grave dans ça, c’est le fait qu’aucune personne ne peut avouer qu’il a vu un oiseau mort ou un habitant qui vomit, à plus forte raison mourir. Je défie qui ce soit, de nous produire la moindre preuve de ses propos. Falaye Sissoko a une triple casquette, puisqu’il est conseiller du chef de village, conseiller municipal, mais aussi opérateur cyanure.

 

 

Fassara Kéïta dit ancien, chef de village de Loulo :

«Nous sommes concertés dans toutes les prises de décision»

Fassara Kéïta dit ancien, chef de village de Loulo
Fassara Kéïta dit ancien, chef de village de Loulo

Quand j’ai appris cette information, je me suis posé la question de savoir qui est à la base de cette machination. Depuis l’arrivée de la mine chez nous, elle n’a pris aucune décision importante sans impliquer l’ensemble des responsables villageois de la Commune de Sitakily. Je ne sais pas comment certaines peuvent se permettre de parler de mort d’oiseaux ou d’hommes chez nous, sans que nous-mêmes ne soyons pas au courant. Il est important que chacun d’entre nous sache qu’un jour, il y aura un dernier jugement. Si quelqu’un devrait mourir, c’est bien sûr l’un de nos fils parce qu’il est un opérateur cyanure depuis l’arrivée de la mine. En aucun instant, il n’est venu se plaindre d’un quelconque déversement de ce produit. C’est un fils du village, il ne peut pas travailler contre ses parents que nous sommes. Nous n’avons pas constaté même la mort d’un oiseau, à plus forte raison d’une personne. C’est une pure imagination de certaines personnes qui veulent ternir l’image de SOMILO.

 

Aïssata Cissé, Directrice Régionale de l’assainissement et contrôle des pollutions et des nuisances : « c’est une rumeur infondée que nous avons constaté sur place »

 Aïssata Cissé, Directrice Régionale de l’assainissement et contrôle des pollutions  et des nuisances

Aïssata Cissé, Directrice Régionale de l’assainissement et contrôle des pollutions et des nuisances

Je suis chargé du contrôle. Nous, en tant que service public, nous veillons sur l’aspect environnemental de l’ensemble des mines de la région. À mon avis, il y a eu un manque de communication entre les acteurs. Sinon, c’est une rumeur infondée parce que nous avons constaté sur place le contraire.

 

Il n’y a eu ni de déversement, encore moins aucun tuyau n’a pété. En somme, il n’y a pas d’inquiétude. Seulement, si la mine doit faire ces genres de travaux qui occasionnent la fermeture d’une voie, elle doit informer d’avance la population pour éviter que certaines personnes mal intentionnées ne puissent interpréter autrement. Franchement, la mine respecte convenablement les règles standards internationales.

 

Boubacar Cissé, Directeur régional de la géologie et des mines

«Dans cette mine, les technologies sont bien maîtrisées»

Je pense que le fait même de venir constater les réalités du terrain, c’est une bonne chose, car ce sont des rumeurs qui courent et de notre constat, il ressort que ce ne sont que des rumeurs non fondées. Vous savez, cette mine a une technologie appropriée. Le complexe de Loulo-Gounkoto, avec des tuyaux qui pèsent plusieurs centaines de tonnes, fait des entretiens suivant un plan très bien déterminé. Par mois, l’usine consacre 12 heures de temps pour l’entretien de ces tuyaux. Ce qui s’est réellement passé ici pendant ces 12 heures, c’est que ces tuyaux étaient plastiques et pour des raisons de sécurité, ils ont été remplacés par des tuyaux en fer de diamètre 0.5. Cela veut dire que ce sont de gros tuyaux. Pour empêcher à la partie qui touche le sol de s’user, ils ont procédé à des rotations en haut. Ils n’ont fait des travaux d’entretien que sur 66m seulement. On est venu avec vous, les journalistes, la société civile, la protection civile et les services déconcentrés de Kayes, mais on n’a rien vu d’inquiétant comme le disent les rumeurs. Je pense que ces rumeurs doivent cesser, car vous savez, toutes ces mines sont certifiées 14001, c’est-à-dire que la question environnementale, c’est zéro tolérance. Vous savez que l’économie du Mali repose sur ces mines. Donc, les individus qui, pour des raisons propres à eux, essaient de nuire à l’image de ces usines, le font contre le Mali. Une chose est sûre, dans ces mines les technologies sont bien maîtrisées. J’appelle les populations à plus de vigilance contre l’intox et la désinformation, car aucun tuyau n’a éclaté ou n’est troué ici. Vous avez fait le constat avec nous.

 

Recueillis par Hamidou CISSE, Envoyé Spécial

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2 COMMENTAIRES

  1. ce n’est un secret pour personne que le CYANURE fait des ravages en polluant la nappe phréatique et en induisant des maladies graves…..Il n’est un secret pour personne qu’au Mali même la dignité s’achete …QUELQUES BILLET ET TOUT LE MONDE DIRA QUE C’EST DES RUMEURS ET TANPIS POUR CEUX QUI MEURENT DE CYANURE….

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