ARTISANAT ET TOURISME: Les fastes et les charmes au bord de la Seine

0
Jusqu’au 12 octobre, l’artisanat pluriel malien fait l’objet d’un salon itinérant en France. Cette manifestation itinérante qui entre dans le cadre de la 6è édition de la fête de l’artisanat et du tourisme du Mali en France a successivement établi ses quartiers à la Bourse du commerce de Paris (le 19 septembre), Deauville, la Mairie de Montreuil, Asnières, Evry et à l’Arche de la défense.  
 
La politique touristique du gouvernement malien finit progressivement par payer au double plan de la qualité et de la diversification. Depuis septembre 2002, cette politique a connu un rebond qualitatif avec pour empreinte une amplification de la perception de l’image du Mali et de son terroir de loisirs et de découvertes. Des ébauches de réponses ont été apportées à la désorganisation des circuits, la mauvaise réglementation du guidage, l’insuffisance des infrastructures, le déficit de motivation des privés, la concentration administrative, l’anarchie hôtelière, etc.
Virage qualitatif
Ce virage qualitatif qui a eu des effets induits sur les statistiques a passé par l’organisation des rentrées touristiques, des éducateurs et des salons à l’étranger. Le tourisme malien a fini par atteindre un niveau de fiabilité de son produit touristique et de son inépuisable parc artisanal.
A l’issue de ces efforts politiques, les observateurs ont noté un accroissement remarquable de la fréquentation touristique passant à près de 40 000 visiteurs.
L’organisation de salons sur le tourisme et l’artisanat maliens concourt au processus de développement de la destination Mali. Ces espaces permettent à chaque occasion de lever un coin de voile sur les richesses touristiques, artisanales et culturelles du Mali, mais surtout d’inviter les touristes à découvrir le Mali et à provoquer des recettes financières créatrices de richesses et de prospérité. De plus, la récente création du Comité National de Coordination du Secteur Touristique doit permettre de partager et de faire prendre en charge les préoccupations du tourisme par tous les intervenants afin d’améliorer la commercialisation du produit touristique.
La 6è édition du salon du tourisme et de l’artisanat maliens en France a permit de renouveler aux visiteurs potentiels et au public français et européen la fiabilité de la destination Mali dans un ensemble d’agendas divers et variés. Le choix d’organiser des salons en France, en Espagne ou bientôt en Allemagne n’est pas fortuit. En 2004, la France apparaissait comme la première destination touristique mondiale et le tourisme représentait le deuxième poste excédentaire de la balance des paiements française, avec un excédent de plus de 9,8 milliards d’euros en 2004, derrière l’automobile. En dehors de la proximité historique et linguistique avec le Mali, la France compte 228 000 entreprises touristiques, 760 000 salariés et 170 000 bénévoles dans le secteur avec une estimation d’1 million d’emplois induits. Rien qu’en 2005, 34 584 entreprises ont été créées en France dans le secteur. L’Etat français consacre l’équivalent de 1 206 milliards de FCFA au chapitre du tourisme et de la promotion de la France à l’étranger.
En effet, le tourisme malien combine une signature culturelle, artistique et environnementale mondialement reconnue. A la visite classique du Pays Dogon, de Mopti, Djenné et Tombouctou, de nouveaux produits sont mis en marché. Il s’agit tout particulièrement des festivals et des nouveaux sites Koulikoro, Sikasso, Ségou et Kayes. Des expériences sont en cours pour mieux exploiter le produit fleuve avec ses potentialités autour du sport nautique. L’aménagement du Parc du Bafing et du Parc National de la Boucle du Baoulé va permettre d’introduire l’écotourisme dans ces zones qui recèlent de nombreux sites rupestres du néolithique. Ils offrent ainsi des possibilités de randonnées dans un cadre magnifique. Ce sont ces atouts portés à la fois par la volonté politique et l’engagement des privés qui ont été exposés au 28è TopResa de Deauville.  
Destination Mali
Lors de l’ouverture du salon malien à la Bourse de Commerce de Paris, le ministre malien de l’artisanat et du tourisme, Ndiaye BA a insisté sur le fait que cette manifestation accorde une grande place aux opérateurs du tourisme et à la culture malienne à travers une exposition photo, véritable condensé des plus beaux paysages et de la riche mosaïque culturelle et ethnique du Mali et des contacts avec l’Office malien du tourisme et avec nos Agences de voyages, disponibles, et prêts à écouter le visiteur potentiel et le futur partenaire. Contre 500 visiteurs au cours de la première expérience, la 6è édition du salon Place Bourse de Commerce a enregistré près de 800 visiteurs. 
La manifestation de la Mairie de Montreuil, 3è du genre, s’est déroulée autour d’une exposition vente hebdomadaire et de divers colloques portant notamment sur le co-développement et le tourisme solidaire. Pour le ministre Ndiaye BA les artisans maliens viennent exposer dans cette banlieue parisienne considérée comme une véritable cité malienne sur la Seine. Jean-Jacques JOUCLA, premier adjoint au maire de la ville de Montreuil, a dit toute la fierté du conseil municipal et des populations à l’occasion de l’exposition malienne. Montreuil, qui accueille près de 17.000 Maliens est jumelée à la commune de Yélimané dans la région de Kayes, entend également contribuer au développement de cette localité. Le Paddy en est un exemple révélateur. 
Au même moment, une partie des artisans qui étaient à la Bourse de commerce avait pris ses quartiers à Asnières à la demande de la mairesse de cette banlieue parisienne. L’expo d’Asnières était principalement agrémentée par Mariam THIAM, secrétaire générale de l’Association pour la protection de l’environnement et le développement de l’Ecotourisme (APEDET).
Après Montreuil et Asnières, la banlieue d’Evry a accueilli la 2ème édition de l’exposition vente de produits artisanaux et touristiques du Mali au centre commercial d’Evry. Ce programme sponsorisé par l’Association de la Communauté Malienne de l’Essonne a été inauguré le 5 octobre dernier par Mme MAÏGA Sina DAMBA et le député-maire d’Evry. Il a porté sur la projection de films, une expo de tableaux, des séances de démonstration de fabrication de produits artisanaux et des soirées artistiques.
Phénomène de civilisation
Le Tourisme, on le sait, est devenu un phénomène de civilisation. L’ampleur qu’il a acquise l’a fait passer du plan limité d’un plaisir élitaire au plan général de la vie sociale et économique selon l’Organisation mondiale du tourisme. Selon les statistiques, bien que 2005 ait été, sans conteste, une année agitée, le tourisme international s’est étonnamment bien comporté. En dépit de plusieurs attentats terroristes et catastrophes naturelles, avec les conséquences du tsunami de l’océan Indien et une saison de forts ouragans extraordinairement longue, le redressement, amorcé en 2004, s’est affirmé tout au long de l’année 2005. Décidément, le tourisme est plus puissant que le terrorisme et les catastrophes naturelles ou sanitaires. À l’échelon local, les perturbations subies ont assurément laissé des traces à court terme, mais elles n’ont pas fondamentalement modifié les flux mondiaux ou régionaux.
Des données détaillées du Baromètre, il ressort que le nombre d’arrivées de touristes internationaux en 2005 est estimé à 808 millions. Ce qui non seulement correspond à une progression de 5,5 % par rapport aux 766 millions d’arrivées enregistrées en 2004, mais aussi consolide la croissance exceptionnelle de 10 % de 2004. Le marché mondial du tourisme est évalué pour 2005 à 6 000 milliards de dollars. Les 10 premières destinations du secteur sont : Etats-Unis, Espagne, France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni, Chine, Turquie, Autriche et Australie.
Il faut noter qu’en Afrique l’année 2005 fut particulièrement favorable pour les destinations situées dans la partie nord du continent avec une hausse de 17%, tandis que les destinations de la partie subsaharienne n’enregistraient qu’une hausse de 1%. En tout, la destination Afrique a enregistré une hausse de 10%. Et tant mieux ! Un proverbe dit que les peupliers ne sauraient monter jusqu’au ciel.
Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, est touriste tout visiteur temporaire séjournant au moins 24 heures dans un pays étranger et dont les motifs de voyage sont les loisirs, les vacances, la santé, les affaires, les études, les missions scientifiques, sportives, administratives ou religieuses. Les loisirs sont la raison dominante du tourisme (70% des touristes), suivis par les affaires (14%). Le Nord développé et riche fournit la majeure partie des touristes mondiaux avec l’Asie, les populations des pays pauvres d’Afrique n’ayant aucun pouvoir d’épargne à consacrer aux loisirs.
Au Mali, on peut affirmer sans risque de se tromper que la cohérence et la pertinence de politique touristique ancrée dans une campagne de communication d’envergure ont donné des résultats probants qu’il faut sans cesse maintenir et accroître.

Par Ibrahim SANGALA

PARTAGER