Accidents de la route, Code de la déroute

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En l’espace de deux semaines, notre pays a essuyer deux tragédies dont le bilan mortel n’a jamais été égalé ! S’il faut pleurer nos morts (pauvres innocents !), il faut surtout en punir les auteurs, sans pitié ! Car ces drames inqualifiables sont l’œuvre d’assassins (il faut le dire !) dépourvus de toute considération pour la vie humaine…

Le 23 septembre dernier, c’est une collision, entre un mini bus et un car de Djiguiya-Transport. Bilan : 27 morts. Le 8 octobre, c’est encore une autre collision entre un camion citerne et un car de la compagnie Binkè Transport. Bilan : 18 morts. Au total, 45 morts, en l’espace de 15 jours ! De quoi donner une peur bleue des compagnies de transport. Mais aussi de l’axe Bamako-Mopti-Gao. On ne s’étonne plus, du reste, lorsqu’on constate que ces compagnies n’utilisent… qu’un seul chauffeur pour ce long trajet : 1.200 km. La fatigue aidant, le sommeil s’empare du chauffeur. Et bonjour les dégâts ! Le plus curieux, c’est que ces drames se sont déroulés sur le même tronçon Mopti-San-Ségou. Et les, fanatiques, ont tôt fait d’en accuser la fatalité… ou la présence de djinns malfaisants en ces lieux. Fadaises et billevesées ! S’il est vrai que nul n’échappe à son destin – la mort en particulier -, il est encore plus vrai, que ces tragédies sont dues au mauvais comportement des conducteurs. Et s’il faut accuser, il faut impliquer Tout le monde : l’Etat, les Collectivités locales, les Syndicats des transporteurs, les Services de sécurité, les Services de contrôle, les Assurances, les usagers…

 Il faut, surtout, dénoncer et sévir contre l’anarchie, qui a transformé les habitudes en une loi de la jungle, où l’irresponsabilité n’a d’égales que l’insouciance et l’inconscience. On ne sortira de l’au-berge… des accidents de la route que lorsque seront bannis ces tares : le non-respect de la législation routière, surtout la limitation de vitesse, l’ignorance et le mépris du code de la route, l’imprudence et la témérité des conducteurs, surtout des engins à deux roues, l’absence de panneaux de signalisation, l’état défectueux des routes, la vétusté des véhicules, la complicité entre les agents de la circulation et des centres de contrôle technique des véhicules, la distribution anarchique et mafieuse des permis de conduire…

Bref, ces accidents ne sont pas une fatalité, ce sont « les hommes, et ces hommes, c’est nous tous » comme l’a si bien martelé ATT. Il ne reste plus qu’à renforcer, sans état d’âme, les mesures de répression à l’encore du contrevenant. Le gouvernement ne doit plus « contempler », sans réagir, à ces excès. L’Etat procédera, sans délai, à la mise en œuvre des états généraux des services de sécurité et de tous les acteurs impliqués dans la circulation routière. Très bien ! Mais il s’agit, désormais, de trouver les moyens pour éradiquer le fléau. Surtout que le Généralus léopardis en connaît plus d’un rayon : « La route tue, dit-on. Ce n’est pas la route qui tue, c’est nous-mêmes qui nous tuons… ».

Reste à savoir si le « sacre » des 750 nouveaux agents de police – 176 officiers et 574 sous-officiers-, pourrait, un tant soit peu, résorber le taux des accidents ?! Quand on sait qu’au Mali, il y a un policier pour 3.500 personnes, et que, selon les normes internationales, il faut un policier pour 300 personnes, on craint que notre pays soit loin du compte. Il faut espérer que nos forces de sécurité ne prennent pas les instructions d’ATT à la légère, surtout, lorsqu’il s’agit de… la sécurité : « La police nationale a une lourde responsabilité qu’elle doit assumer ». Sans parti pris, ni magouille, pourrait-on ajouter ! Le bandit, lui, ne se formalise pas, avertit ATT : « Chaque fois que vous vous instruisez à l’école de police, le bandit aussi s’instruit. Chaque fois que vous vous dotez en matériel, il se dote aussi en armes plus sophistiquées. Et il n’hésitera pas à vous tirer dessus… ».

 Voilà qui devrait inciter nos forces de l’ordre à débusquer les malfrats de leurs retranchements. En luttant contre le banditisme, les forces de sécurité auront contribué à lutter contre l’incivisme. Espérons que cette fois, le Généralus léopardis ne serait pas sorti de ses gongs. En tout cas, il a lancé, sans ambages, à l’encontre de ceux qui sévissent, ou qui sont tentés de sévir, en son nom : « Le meilleur mensonge qu’on puisse faire, c’est de le coller sur le dos du Président de la République ». A bon entendeur, ou âme tenté, salut !…

Le Viator

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