CONSEIL MALIEN DES CHARGEURS:Déjà la guerre des tranchées

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A un an des élections consulaires du conseil malien des chargeurs, des voix s’élèvent prématurément pour jeter l’opprobre sur la gestion de l’équipe du président Amadou DJIGUE. Cependant, tous les ressortissants de l’institution ne sont pas sur la même longueur d’onde. Une écrasante majorité ayant juré "fidélité " au sieur DJIGUE qu’elle estime pour les actions réalisées en peu de temps et malgré les nombreux écueils et les crises de parcours.
 
Créé en 1999, le Conseil Malien des Chargeurs répondait à la volonté des pouvoirs publics de faire participer les professionnels à l’organisation et à la gestion des activités liées au transport des marchandises. Cependant, dès le départ, il est apparu que les missions dévolues au Conseil, dans son texte de création, n’ont pas été clairement définies. Ce qui a donné lieu à des conflits d’interprétation et d’intérêts notamment au niveau de la direction nationale des transports (DNT) qui concentrait toujours les compétences du CMC. Il a fallu donc que le bureau du CMC élu en 2002 s’investisse pour que l’Etat revoie la copie des textes de base et assigne à l’institution des missions claires et bien définies.
Des amendements textuels ont alors été effectués en 2003 et en 2005 pour corriger les lacunes juridiques. Dorénavant les missions du CMC concernent toute la chaîne des transports : la gestion du trafic maritime ; l’assistance aux chargeurs dans les ports ; le suivi de l’évolution des tarifs, des coûts et de la qualité de services. En réalité ce n’est que le 6 janvier 2006 que le Conseil malien des chargeurs du Mali a été doté de textes régissant son organisation et son fonctionnement. Cette lenteur administrative devait avoir une répercussion sur la durée du mandat à moins de démentir le précédant de la prorogation du Haut conseil des collectivités territoriales.
L’adoption d’une formule de financement pérenne des activités des Conseils des chargeurs constituait le second axe majeur des réformes des conseils des chargeurs. Les moyens du conseil sont encore rudimentaires et bien en dessous des subvenions accordées dans les autres Etats de la sous-région. Entre temps le président DJIGUE a pris le soin de déléguer l’ensemble de la gestion financière et comptable de l’institution à des agents publics nommés par le ministre de l’économie et de finances.
Le chef du gouvernement avait lui-même reconnu, lors de sa visite auprès du CMC, que l’institution méritait d’avoir un cadre d’attributions clairement définies. Cependant, de 2002 à nos jours, l’institution a joué un rôle primordial dans l’approvisionnement correct du pays, le désenclavement extérieur, l’équipement, le maintien du cordon ivoirien, la gestion de la crise alimentaire de 2005, etc. Les professionnels sont les premiers à confesser le rôle déterminant et l’implication du président des chargeurs dans l’approvisionnement du pays en fret et autres produits, au plus fort de la crise ivoirienne, mais aussi pour le règlement de nombreux conflits interprofessionnels entre routiers, l’évacuation du coton, l’importation du ciment, etc. Ils souhaitent que ce rythme soit maintenu et que l’institution, qui est de plus en plus convoitée par des fonctionnaires retraités, reste dans le giron des seuls professionnels qui sont vraiment actifs dans ce secteur.
En février dernier, le CMC a accueilli la première réunion des présidents des conseils d’administration et des directeurs généraux des organismes membres de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA) forte de 16 Etats. Lors de la visite de courtoisie effectuée par les délégués, le président de la République a témoigné toute sa considération pour le dynamisme de ce secteur tout en s’engagent à apporter son soutien à la corporation. En effet, le CMC regroupe les chargeurs, les importateurs, les exportateurs et transitaires agréés au Mali, propriétaires ou non de la marchandise et chargés de l’expédition maritime de celle-ci. C’est seulement en 2002 qu’un bureau a été élu avec pour président Amadou DJIGUE, qui cumule plus de 40 ans d’expérience dans le secteur des transports et du transit.

Par Ibrahim SANGALA

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