DĂ©clin du transport ferroviaire au Mali : Remettre Transrail sur les rails

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gare-ferroviaireIl faut rappeler que le transport des voyageurs Ă  l’international, appelĂ© Ă©galement Express (Bamako-Dakar-Bamako), a toujours Ă©tĂ© dĂ©ficitaire. Bien que la circulation ait Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  la structure privĂ©e, c’est l’Etat qui supporte, par la subvention, la continuitĂ© du train Express. Les nostalgiques rappellent que le transport ferroviaire malien a connu son Ăąge d’or avant la privatisation. À cette Ă©poque, les trains Express Ă©taient sur l’axe des deux capitales toute la semaine presque. Le n°1 quittait Dakar tandis que le n°2 dĂ©collait de Bamako. L’Express a continuĂ© quelque temps aprĂšs la privatisation, mais il s’est arrĂȘtĂ© depuis maintenant plusieurs annĂ©es. Il ne reste plus que la ligne intĂ©rieure animĂ©e par ce qu’on appelle les trains de banlieues tels que ceux de Kayes-Mahina et de Kita-Bamako, par exemple. Avant la privatisation, ceux-ci Ă©taient Ă©galement quotidiens.

 

Par ailleurs, le temps mis entre Kayes et Bamako Ă©tait des plus attractifs, car n’excĂ©dant pas six heures. En terme de distance, l’on en tirait donc un rĂ©el avantage. Tandis que la voie bitumĂ©e de Kayes-DiĂ©ma-Bamako est longue d’environ 600 Km, la voie ferrĂ©e Kayes-Bamako est d’environ 500 Km. Soit une diffĂ©rence de 100 Km. AprĂšs la privatisation, ce rythme aussi connaĂźt un ralentissement. Il est ramenĂ© Ă  trois dĂ©parts par semaine. Ce qui fut vĂ©cu par les populations des villages riverains de Diamou, Mahina, Oualia, Fangala, Tokoto et bien d’autres comme une sĂ©vĂšre punition. Mais le clou va s’enfoncer davantage suite Ă  l’incendie qui a touchĂ© l’une des locomotives, il y a environ deux mois. DĂ©sormais, il n’y a plus qu’un seul train pour passagers et il roule une fois dans la semaine. ConsĂ©quence, plusieurs localitĂ©s comme Tokoto sont dans un isolement qui rappelle la quarantaine. En effet, sur l’axe Kayes-Bamako, plusieurs villages sont dans un enclavement tel que le train est le seul moyen de se rendre dans les grands centres urbains. Et comble du calvaire, les passagers doivent trimer, dĂ©sormais, non pas six heures, mais vingt (24) heures. En somme, ce transport est dans un Ă©tat comateux. Les populations de ThiĂšs au SĂ©nĂ©gal ont dĂ©jĂ  demandĂ© avec insistance, au PrĂ©sident Macky Sall, de remettre le train international, l’Express, en marche le plus tĂŽt possible. Si au Mali il n’y a pas encore de grogne audible des usagers, l’urgence est patente. Pour Ă©viter qu’elle n’aille piquer du nez dans le sable des berges du fleuve Niger, il faut vite remettre la sociĂ©tĂ© de chemin de fer Transrail sur les rails.

 

Une victime collatérale : le commissariat spécial entre vétusté et morosité

Le commissariat spĂ©cial dĂ©diĂ© au chemin de fer est chargĂ© de l’escorte du train voyageurs et de la gestion des cas d’infraction et d’accidents. À Kayes, il est situĂ© en face et du cĂŽtĂ© ouest des bureaux de la gare ferroviaire. Bien que placĂ© lĂ , en tant que service public, il a longtemps bĂ©nĂ©ficiĂ© du concours du chemin de fer pour l’exĂ©cution de ses missions. Appui consĂ©quent, mais qui n’était plus constant depuis un certain temps. Aujourd’hui, il n’existe tout simplement plus. Le chef des lieux, le commissaire principal IsmaĂ«l TraorĂ© nous explique sans dĂ©tour la situation de dĂ©nuement dans laquelle son service exerce au quotidien. Il rappelle qu’à son arrivĂ©e, en dĂ©but 2014, il y avait trois dĂ©parts du train autorail (Kayes-Bamako-Kayes) par semaine. Mais depuis dĂ©cembre 2014, un seul train pratique la ligne. D’oĂč la grande morositĂ© qui gagne le commissaire TraorĂ© et ses hommes. Mais pas seulement.

 

Le commissariat rumine une grande galĂšre silencieuse mais rĂ©elle. Il est logĂ© dans un immeuble colonial ĂągĂ© de plus d’un siĂšcle. MalgrĂ© sa stature imposante, il ne dispose pas de suffisamment de piĂšces pour abriter tous les responsables du service en nombre pourtant trĂšs rĂ©duit. Deux murs ont Ă©tĂ© rĂ©cemment dressĂ©s entre le bureau du commissaire principal et celui de son adjoint. L’un servant de bureau et l’autre de toilettes. «Pendant longtemps, les gens venaient de partout, y compris des bars voisins ainsi que de l’HĂŽtel du Rail (situĂ© Ă  quelques mĂštres de lĂ ) pour uriner dans la cour. Le commissariat n’avait ni clĂŽture, ni toilettes. J’ai trouvĂ© les moyens moi-mĂȘme et pris l’initiative de les rĂ©aliser», explique le commissaire TraorĂ©. D’ailleurs, lui et son adjoint Yamadou GoumanĂ© prĂ©cisent que les Ă©quipements de leurs bureaux respectifs leur appartiennent.

En outre, le bĂątiment reprĂ©sente aujourd’hui une vĂ©ritable menace pour ses occupants. Il subit Ă  la fois le poids de l’ñge et celui du manque d’entretien. La façade ouest est rongĂ©e par une Ă©rosion et les pierres commencent Ă  tomber. Le dernier escalier menant Ă  l’étage a presque cĂ©dĂ© et ne tient plus qu’à quelques fils qui menacent de rompre sans prĂ©venir. Pourtant, certains agents y ont de la famille avec femmes et enfants qui y accĂšdent rĂ©guliĂšrement, la peur au ventre.

 

Idrissa DICKO

 

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2 COMMENTAIRES

  1. Salut Foudkg.Tu as raison, si la France a lĂ©guĂ© un seul bel hĂ©ritage au Mali, c’est bien les chemins de fer Dakar-Niger construits sous l’initiative de Louis Faidherbes lui-mĂȘme dans le seul but de l’explotation coloniale des produits africains Ă  la base.Ces chemins de fer dont les travaux ont Ă©tĂ© maintes fois suspendus pour faute de budget (pour achats des rails, matĂ©riaux de terrassement & de construction des voies et batiments…) ont difficilement rĂ©ussi Ă  arriver jusqu’au Niger (Koulikoro) grĂące Ă  la pertinence de l’intĂ©rĂȘt que la France aurait tirĂ© de ces voies qui ont entre autre servi Ă  l’acheminement des tirailleurs sĂ©nĂ©galais recrutĂ©s au Soudan français (Mali), Haute Volta (Burkina), Dahomey (BĂ©nin),RCI…vers le port de Dakar pour leur embarquement pour le mĂ©tropole pendant les campagnes de 14-18 & de 39-45.Ce qui me fait mal, c’est la mauvaise gestion sous le Mali indĂ©pendant (vol de gasoil, Ă©mission de billets parallĂšles,nĂ©potisme, corruption…)qui est parvenue Ă  bout de ce chef d’oeuvre construit avec les travaux forcĂ©s de nos ancestres Ă  qui nous devrions rendre hommage en prenant soin de la sociĂ©tĂ© đŸ˜„ đŸ˜„ đŸ˜„

  2. Quand en 1960 les français ont quittĂ© le Mali , ils ont laissĂ© beaucoup de choses en Ă©tat de marche ,et en particulier la ligne transrail qui relie Bamako Ă  Dakar !!! Mais le matĂ©riel çà s’entretient ,et vous ,fainĂ©ants de nature ,vous avez tout laissĂ© pourrir !! 👿 👿 👿 👿 👿 👿 alors continuez a circuler Ă  dos d’anes que vous etes :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

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