Djibril Sidibé, le directeur de régulation de la circulation et des transports urbains de la ville de Bamako : “Nous travaillons à rendre ce secteur plus professionnel pour que les usagers se déplacent dans les meilleures conditions”

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Djibril Sidibé, le directeur de  régulation de la circulation et des  transports urbains de la ville de Bamako
Djibril Sidibé, le directeur de régulation de la circulation et des transports urbains de la ville de Bamako

Les transports urbains, devenus l’un des moyens de déplacement le plus populaire connaissent d’énormes difficultés. Et, cela sous divers angle, du côté des usagers, des chauffeurs, ainsi que des responsables chargés de cette régulation. C’est ainsi que nous avons approché M. Djibril Sidibé, Directeur  la Régulation de la circulation et des transports urbains de la mairie du district de Bamako.

Bamako-Hebdo : Quelles sont les missions de votre structure ?

Le Directeur du DRCTU, Djibril Sidibé : La Direction de la régulation de la circulation et des transports urbains à pour mission de concevoir, d’élaborer et de conduire la technique des programmes des transports urbains. La régulation de la circulation par l’éclairage public.

C’est d’abord l’étude d’établissement du plan de circulation de la ville, le suivi de son application ; l’étude et la mise en place de signalisation routière ; l’étude des coordinations et contrôle des actions en matière d’équipements urbains des transports collectifs ; la gestion des gares routières ; du domaine public routier ; du parking de la mairie du district de Bamako et le suivi de l’application de la convention d’éclairage public.

Quels sont les objectifs de la DRCTU ?

Nos objectifs sont d’améliorer la circulation routière contre la fluidité du trafic afin que la mobilité soit assurée dans la ville de Bamako, organiser le secteur des transports notamment, par l’élaboration de la réglementation au compte du maire du district de Bamako et cela rentre dans le cadre d’une bonne mobilité dans la ville de Bamako.

Comment la fluidité de la circulation est-elle gérée ?

Il est nécessaire de faire la part des choses entre la circulation et le transport. Au niveau de la circulation, il s’agit d’assurer un bon écoulement des trafics au niveau des grands carrefours par la programmation des feux tricolores et les panneaux, mais s’il n y a pas de feux, c’est les panneaux de signalisation verticale qui permettent d’organiser le trafic au niveau des carrefours qui constituent des nez dans la circulation.

Il y a les sens de circulation sur certaines artères, il s’agit de définir les sens qu’il faut privilégier. Nous élaborons les plans sectoriels de circulation et à titre d’exemple on peut citer le déplacement sur le pont des Martyrs qui dévient à certaines heures un sens unique. Toutes ces mesures sont élaborées pour permettre une meilleure fluidité du trafic quand on sait que l’essentiel du trafic est concentré sur le centre-ville. Il s’agit de faire en sorte que la ville soit accessible par les usagers de la route.

Sur le plan transport, il s’agit d’organiser le secteur, car il est caractérisé par une forte présence du secteur informel, les moyens de transport mis à la disposition des populations rentrent dans le cadre informel. Donc les véhicules de transport qui appartiennent à des privés comme les entreprises individuelles sont mises en circulation pour exploiter le réseau de transport.

Donc, nous essayons d’organiser en rapport avec les corporations et les syndicats de ce secteur la définition des lignes de transport qui existent (une ligne de transport c’est un point A et B sur lesquels les véhicules de transports circulent et la plupart des lignes viennent chuter au niveau du centre-ville).

Après une définition des lignes de transports, nous identifions les points d’arrêts sur chaque ligne, nous avons un certain nombre d’endroits sur lesquels ces véhicules sont habilités à embarquer et débarquer les passagers. Tout le long de ces lignes doit faire l’objet du respect des véhicules par les points d’arrêts simples et les arrêts de régulation.

Les bus sont rares en milieu de transports urbains dans la capitale, qu’est ce qui explique cela ?

Nous soutenons bien ce sous-secteur qui peut transporter le maximum d’usagers en un seul déplacement et malheureusement de 2002 à nos jours, nous avons connus plus d’une dizaine de société de bus, mais seul le Bani Transport évolue actuellement dans le secteur du transport urbain. La gestion des bus demande plus du professionnalisme et il revient évidemment aux usagers de faire le choix entre les bus, Sotrama et Taxi.

Quelles sont les mesures prises contre les tricycles qui ne sont pas dans le cadre des transports urbains?

Les tricycles ont été initiés par le département du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. L’idée, c’était de créer de l’emploi aux jeunes dans les zones périphériques du pays. Nous avons demandé la relecture du Code de la route et les tricycles qui sont indiqués dans le Code de la route sont pour les personnes handicapées et autres.

Face à ce phénomène, nous avons sollicité la relecture du Code de la route qui est en cours avec la participation de l’ensemble des acteurs afin d’intégrer les nouvelles dispositions dans le cadre du transport urbain. Et, au sortir de cela, ils auront une réglementation pure et dure. Pour déterminer dans quelle chaussée, ils doivent circuler avec des règlementions sur le tonnage et les heures de circulation parce qu’ils ont un aspect trompeur la nuit.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontré dans l’atteinte de vos objectifs ?

La gestion du trafic routier dans nos villes sont compliquées parce que le professionnalisme au niveau du transport urbain n’existe pas beaucoup. Donc, les motivations et les objectifs recherchés ne sont pas d’abord la qualité du service.

Comme ce sont les entreprises privées en général chacun veut faire un maximum de rentabilité. Cela porte un coup dur à la qualité de service et c’est à cela que nous sommes en train de travailler pour rendre le secteur plus professionnel. Et que les usagers puissent se déplacer aux moyens de ces transports dans les meilleures conditions de confort, de sécurité et de fiabilité.

Par ailleurs, les chauffeurs n’ont pas un plan de carrière et la plupart le font en attendant d’avoir un autre travail, raison pour laquelle, depuis plus de 10 ans nous organisons des séances de formation mais les conducteurs ne restent pas car, la plupart sont des apprentis chauffeurs.

Nous formons aussi des personnes qui conduisent les charrettes, mais la plupart sont des saisonnières et changent de travail à leur retour. Entre le respect des codes de la route, les itinéraires, les points d’arrêts et les prises de risques, il y a un problème de civisme que nous essayons de combattre.

Quelles sont les structures avec lesquelles vous travaillez pour une amélioration du secteur des transports urbains ?

L’État est le premier partenaire de la direction des transports des routes par rapport à la bonne tenue et la conception au niveau des projets routiers. Pour concevoir l’aménagement au niveau des carrefours que ce soit les giratoires et giro et les agences d’exécution des services routiers, les syndicats et coopératives, la police, la gendarmerie, les services de voirie. Chaque année nous dressons un bilan des accidents corporels qui aboutissent à des recommandations. Donc, à cet effet, nous travaillons avec l’ANASER (Agence Nationale de la Sécurité Routière).

Pourquoi les feux tricolores ne sont  pas toujours en bon état ?

Il y a l’aspect de vandalisme sur ces outils, les effets climatiques, la chaleur et les intempéries qui font que s’il y a des pannes ça peut prendre du temps. Nous avons fondamentalement les problèmes de moyens mais, aujourd’hui la plupart des carrefours sont équipés de feux tricolores.

Il s’agit d’assurer la maintenance de l’existant et aussi initier le programme d’équipements en feux tricolores. C’est souvent les questions de moyens dont les disponibilités en pièces d’échange. Donc si un feu tombe en panne, il va falloir aller dans un autre pays pour les chercher.

Quel est votre dernier mot ?

J’appelle les usagers à plus de civisme et la route est un espace partagé entre tous les usagers. Que chacun respecte les règles de conduite.

   Réalisé par Oumar BARRY

 

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5 COMMENTAIRES

  1. M . SIDIBE, la circulation à Bamako va de mal en pis et il n y a aucun indicateur pour une prochaine amélioration. Tout ce que vos services savent faire c est arrêter les pauvres charretiers et petits marchands ambulants.

  2. Repose toi tu ne pourras jamais car ta capile n’a même pas de plan d’urbanisation a plus forte raison permettre aux usagers de circuler librement.

  3. C’est toujours avec un plaisir non dissimulé que je vous lise cher Vision2015 tant vos analyses sont pertinentes et tranchent avec la réalité, j’ai comme l’impression souvent que vous lisez dans ma pensée, aussi je m’abstiens le plus souvent de poster un commentaire… Merci encore…

  4. Mr. Sidibe on voit que vous n’apportez aucun effet reel dans l’amelioration de la circulation a Bamako. Quant aux jargons du domaine que etalez ici, ils ne servent absolument a rien pour ceux qui perdent leurs proches en accident chaque jour sur les routes macabres de Bamako. La realite est que vous etes incapables de reguler quoi que ce soit! Pour preuves:
    – Parking anarchiques de gros porteurs aux bords de toutes les grandes arteres
    – Circulation de camions carosseries aux heures interdites (accompagnes par des policier payes pour la violation)
    – Circulation sans control de voitures sans plaque (propre au seul notre pays)
    – Non regulation de l’age de vieux vehicules importes de l’Europe et d’Amerique
    – Eclairage publique ridicule (poteaux pacotilles qui tombent partout sur les routes)
    – Laisser-aller incontrollables de millions Diakartas dont 90% de condicteurs ignore les codes basiques de la route.
    – Non application de la limite de vitesse en ville… la plupart de Diakartas allant jusqu’a 120km/h
    – Le transport de 2 a 3 enfants sur les Diakartas sans casque
    – La faillite de l’Etat et de la Mairie a construire de veritables routes sur les grandes arteres de la ville.
    -Non investissement dans l’infrastricture du Transport publique.

    Mr. Sidibe, Laissez nous tranquille avec de belles paroles! Vous ne faite rien de concret… meme la route Yirimadio que les chinois voulez construire jusqu’a la Tour d’Afrique a ete stoppee et les chinois ont plie bagage apres la poste! De toute maniere vous meme et vos familles n’echapperont pas a la circulation infernale de Bamako qui sera invivable dans 2 a 3 ans!

    • Vision15, vous avez tout dit. Ils ne font que parler mais la realite sur le terrain est connu de tous les usagers qui souffrent quotidiennement. IBK n’a aucun projet de route depuis deux ans cest les projet de ATT seulement qu’il est entrain de completer.

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