Entrée en vigueur du contrôle de la charge à l’essieu : le Mali entend respecter ses engagements

0

Les acteurs du transport sont d’accord sur la pertinence du règlement communautaire et sur la nécessité pour notre pays de l’appliquer. 

Aujourd’hui, entre en vigueur le règlement n° 14/2005/CM de l’UEMOA relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle du gabarit, du poids et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transports de marchandises dans les États membres. Cette mesure est destinée à préserver les infrastructures routières et à contribuer à la durabilité des investissements réalisés dans les routes. A partir de ce 1er juin donc, tout véhicule de plus de 51 tonnes de poids total roulant est passible d’une amende de 20 000 Fcfa par tonne de surcharge pour le transport national et de 60 000 Fcfa pour le transport international. En plus de la sanction, les services compétents procèdent au délestage de la surcharge aux frais de son propriétaire.

Il  y a quelques semaines, le comité de pilotage de ce règlement dirigé par Adama Guindo, conseiller technique au ministère de l’Équipement, des Transports et du Désenclavement, s’était rendu au poste de péage-pesage de Kati pour vérifier les dispositions prises pour l’application de la mesure. La visite s’est prolongée par un point de presse au siège de l’Autorité routière pour préciser les contours de la décision communautaire. Étaient présents pour l’occasion, le directeur général de l’Autorité routière, Baba Moulaye Haïdara, le directeur national des transports, terrestres, maritimes et fluviaux, Malick Kassé, les présidents du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Youssouf Traoré, du Conseil malien des chargeurs (CMC), Ousmane Babalaye Daou, des représentants de l’Agence de sécurité routière (Anaser) et de l’Union européenne.

La surcharge routière constitue un véritable fléau en Afrique de l’Ouest. Environ 80% des camions circulant sur les routes des États membres de l’UEMOA sont surchargés, occasionnant des victimes humaines et une dégradation prématurée des routes pour un coût estimé entre 35 et 45 milliards par an selon les États, a expliqué Adama Guindo. La mesure de l’UEMOA a pour avantage, poursuit-il, de préserver nos routes, de contribuer à la sécurité routière et au rallongement de la durée de vie des véhicules.

Malick Kassé a expliqué qu’outre l’application du règlement, des mesures d’accompagnement sont en cours pour atténuer ses effets négatifs sur les transporteurs et les consommateurs. Il s’agit notamment de la facilitation du transport à travers la réduction des postes de contrôle, du renouvellement du parc auto, de l’assainissement du secteur des transports, du suivi électronique des véhicules ou encore de l’adaptation du gabarit des véhicules à la charge à l’essieu autorisée sur nos routes.

Youssouf Traoré a assuré de l’intérêt que les transporteurs accordent à la protection des routes. Cependant, prévient-il, cette mesure n’est pas sans conséquence sur le coût du transport et par ricochet celui des produits, car notre pays est éloigné des ports d’approvisionnement. « Nous sommes à près de 1000 km du port le plus proche. La mesure est surtout contraignante pour les pays continentaux comme le nôtre. Mais il faut y aller, car c’est un engagement des autorités », a dit le président du CMTR.

Le directeur général de l’Autorité routière a insisté sur le rôle de la sensibilisation et de l’information pour la réussite de la mesure qui ne concerne pas seulement notre pays. Baba Moulaye Haïdara a souhaité une mise en synergie de tous les acteurs pour que notre pays puisse respecter cet engagement communautaire. « Il faudra, au fur et à mesure, corriger les imperfections. Pour cela, tous les acteurs surtout les communicateurs doivent contribuer à la mise en œuvre dudit règlement », a indiqué le patron de l’Autorité routière qui a souligné que la protection des routes contre la dégradation allège la charge de l’entretien routier. De même, elle permet d’orienter les ressources financières de l’Autorité routière vers d’autres priorités des populations.

La stratégie de lutte contre la surcharge routière au sein de l’UEMOA a pour objectif ultime de réduire le taux de camions en surcharge de 10% par an, pendant les trois prochaines années, afin de ramener le taux de camions en surcharge sous les 50% au 31 décembre 2017.

Rappelons que le règlement n° 14 a été adopté et signé le 16 décembre 2005 par le Conseil des ministres de l’UEMOA. La Commission de l’UEMOA a organisé successivement, en avril 2009 et mars 2010, deux réunions des ministres pour impulser une dynamique en vue de l’application effective du règlement.

B. COULIBALY

PARTAGER