Tracasseries routières dans la sous-région : Un léger mieux

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Tracasseries routières dans la sous-région : UN LEGER MIEUXSelon 24è rapport de l’Observatoire des pratiques anormales, depuis un an, la tendance moyenne des tracasseries sur les corridors couverts par l’initiative connaît une petite amélioration.

Les tracasseries routières constituent un véritable frein au développement des échanges entre les pays de la sous-région. Malgré la volonté politique affichée de nos dirigeants, les nombreux postes de contrôle et les barrières non tarifaires érigés sur nos routes entravent la libre circulation des personnes et des biens.

L’Observatoire des pratiques anormales (OPA) lutte contre cette situation. Il organise en ce moment un atelier national de restitution et de diffusion des résultats de son 24ème rapport, qui s’est ouvert hier au Grand hôtel de Bamako. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré. C’était en présence du commissaire de l’UEMOA en charge du département du Développement humain, notre compatriote Seydou Cissouma, représentant son homologue en charge de l’Aménagement du territoire communautaire et des Transports.

Initié par l’UEMOA en collaboration avec Borderless Alliance et le CILSS, l’objectif de l’OPA est d’instaurer une bonne gouvernance routière sur les principaux axes routiers de l’Afrique de l’Ouest. Les corridors étudiés sont Tema-Ouagadougou, Ouagadougou-Bamako via Koury, Ouagadougou-Bamako via Hérémakono, Lomé-Ouagadougou, Dakar-Bamako, Abidjan-Bamako et Cotonou-Niamey.  L’observatoire entend bientôt intégrer également l’axe Bissau-Dakar.

Le 24è rapport établit que depuis un an, la tendance moyenne des tracasseries sur les corridors couverts par l’initiative connaît une légère amélioration. Au cours du deuxième trimestre 2013, tous les indicateurs ont baissé. Les prélèvements illicites ont diminué de 18%. De même les retards et les contrôles ont subi la même trajectoire de 30% et 17% respectivement. Le Togo reste le pays le moins tracassier alors que le Mali reste toujours le plus mauvais élève de gouvernance routière en Afrique de l’Ouest, indique le rapport.

Au Mali, tous les corps habillés sont à blâmer pour les contrôles intempestifs. Le Burkina Faso suit le Mali, comme le pays  faisant le plus de contrôles. Des significatifs ont été réalisés par tous les corps au Sénégal en particulier la Douane. Par contre,  relève le document, en Côte d’Ivoire on observe une recrudescence des contrôles, en particulier de la part des gendarmes et de la police. La même tendance vaut pour le Togo.

Le classement des pays  en matière de contrôles par le rapport, reste quasiment inchangé et les améliorations limitées dans chaque pays. La seule exception concerne le Sénégal où les contrôles ont subi une régression de 30% ce trimestre et atteignent leur meilleur niveau de façon consécutive depuis le début de l’initiative dans ce pays en 2009.

S’agissant des prélèvement illicites, le 24è rapport de l’OPA note que pendant le 2ème trimestre 2013, le corridor Bamako-Ouagadougou a été celui où les perceptions illicites ont été les plus élevées surtout  sur le territoire malien et ce depuis maintenant plus d’un an. Quant aux corridors Lomé-Ouagadougou et Tema-Ouagadougou, l’ampleur des pots-de-vin y restent inchangés depuis le trimestre précédent.

C’est à Heremakono, à la frontière de notre pays avec le Burkina Faso, que les transporteurs paient le plus avec plus de 13 000 Fcfa de prélèvements illicites par camion et par voyage alors que la frontière de Paga au Ghana est la moins chère de la sous-région avec moins de 300 Fcfa par passage.

Concernant le contrôle, les corridors Dakar-Bamako et Ouagadougou-Bamako accumulent les plus longs retards avec une moyenne de 5 heures d’arrêts cumulés. L’axe Bamako-Abidjan devient quant à lui le plus rapide avec moins d’une heure d’attente aux postes de contrôle. La frontière Kidira-Diboli entre le Sénégal et Mali reste la plus longue à traverser avec plus de 2 heures et demie d’attente et la plus rapide est Pogo-Zégoua entre la Côte d’Ivoire et le Mali, note le rapport qui souligne que les temps de contrôle demeurent toujours élevés au niveau de tous les corridors.

« Nous ne faisons le procès d’un corps, l’objectif est d’arriver à un changement de comportement pour rendre nos corridor plus fluide », a commenté le responsable de l’UEMOA.

Les perceptions illicites et retards induits sur l’ensemble des corridors de l’Union en général et sur le corridor Bamako-Dakar, Abidjan-Bamako et Ouagadougou-Bamako en particulier, affectent les performances commerciales des pays, a constaté Seydou Cissouma qui a regretté que les normes communautaires en la matière ne soient respectées sur aucun des corridors.

Pour lui, la diffusion du présent rapport vise à attirer l’attention des autorités politiques sur la question et sensibiliser les différents acteurs du système des transports aux fins d’un changement de comportement des agents en charge du contrôle.

Le ministre Mamadou Hachim Koumaré a exprimé l’intérêt que le gouvernement accorde au travail de l’OPA. « Une route sur laquelle les transporteurs et les chauffeurs sont soumis à plusieurs tracasseries est un investissement perdu. En outre, les tracasseries obèrent les coûts de transport qui sont répercutés sur les consommateurs d’où une accentuation de la pauvreté », a analysé le ministre Koumaré.

Depuis 2008, a-t-il indiqué, le Mali dispose de législations en vue d’éliminer toutes les formes de tracasseries dans les couloirs de transit. « Toutefois, force est de constater que dans la pratique des efforts supplémentaires sont à déployer pour éradiquer les mauvaises habitudes. L’objectif affiché par les autorités compétentes du Mali est d’identifier, d’analyser et de publier sur une base régulière, neutre et impartiale les faits, les pratiques, les irrégularités et les abus constatés sur les axes routiers dans le cadre du transport inter-Etats de personnes et de marchandises », a rappelé le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement.

Prennent part à  l’atelier, les agents des douanes, de la police, de la gendarmerie, des Eaux et Forêts, des services de santé et phytosanitaires, des représentants d’associations de transporteurs, de conducteurs et de la société civile.

Be COULIBALY

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