Utilisation de gaz butane dans les taxis Ă  Ouaga : Des avis divergents sur la question

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L’usage du gaz butane comme carburant par les taxis prend des proportions depuis quelques années au Burkina Faso. Malgré les mesures d’interdiction prises par les autorités, le phénomène persiste. Et les avis des différents acteurs divergents sur la question.

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, grouille de monde avec  plus de 2 millions d’habitants. Dans le vrombissement incessant des engins des citadins, un phénomène continue de créer la polémique : l’usage du gaz butane comme carburant par les taxis !

En effet, son usage par ces véhicules de transport urbain continue de diviser les syndicats de taximen, les usagers et les autorités. La pomme de discorde tourne autour des multiples risques de cet hydrocarbure.

Pour le président de la Fédération nationale des syndicats des taximen et des acteurs du transport urbain du Burkina, Adama Emmanuel Nacoulma, l’utilisation du gaz butane comme carburant par les taxis constitue sans aucun doute, un véritable danger pour les usagers, les taximan eux-mêmes  et pour le public.

A ses dires, sur 3.500 taxis, 1500 sont des utilisateurs de gaz butane. Il a également soutenu que les cas d’incendies et des conducteurs atteints de maladies respiratoires ont été signalés par les membres de son syndicat.

Aly Traoré fait partie des 1500 conducteurs de taxis qui utilisent le gaz butane comme carburant. Et, comme beaucoup de ses camarades, il est conscient du danger de cette utilisation. «Quand vous avez le moteur de votre véhicule qui est fatigué, vous n’avez que le gaz comme solution. Sinon nous savons les risques que nous courons…», indique-t-il.

Les risques encourus ne sont pas partagés par l’autre syndicat dirigé par Oumarou Kiéma qui défend l’utilisation du gaz butane comme carburant. «Il n’y a aucun danger à utiliser le gaz comme carburant. En tout cas nous n’en avons pas entendu parler», insiste le président du syndicat national des taximan et des travailleurs du secteur de transport du Burkina-Faso.

Le président Kiéma est conforté dans sa position par le taximan Bandé Boubacar qui estime qu’il n’y a pas eu de désagrément depuis 2008, date à laquelle il a commencé à utiliser le gaz butane comme carburant. «Le gaz est utilisé dans les pays de la sous-région. Depuis 2008 je l’utilise et je n’ai jamais eu de problème», s’est-il défendu.

Dans cette polémique, les usagers ne savent  à quel Saint se vouer. Ainsi Boureima Ouédraogo et Aminata Soulama confient que c’est toujours la peur au ventre qu’ils empruntent les taxis.

En tous cas, les portes du dialogue ne sont pas fermées. Les syndicats des taximen, toutes tendances confondues ; ne sont pas contre l’idée d’abandon de l’utilisation du gaz. Ils réclament cependant des mesures d’accompagnement des autorités pour soulager la souffrance des taximen.

«Nous ne sommes pas contre l’abandon du gaz comme carburant. Nous voulons seulement un accompagnement de l’Etat. Cet accompagnement permettra de transformer les moteurs ou de les changer complètement voire d’acheter de véhicules neufs», plaide Oumarou Kiéma, le président du syndicat national des taximen et des travailleurs du secteur de transport du Burkina-Faso.

 

Aliou Touré , De retour de Ouagadougou, Burkina Faso

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