Après 27 ans, 324 mois, 118 260 jours de pouvoir : La rue chasse Blaise Compaoré de Kosyam

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Après 27 ans, 324 mois, 118 260 jours de pouvoir : La rue chasse Blaise Compaoré de Kosyam
Ahmed M. Thiam Journal Infosept

Blaise Compaoré, après 27 ans de pouvoir sans partage est tombé de son piédestal. Le peuple burkinabé, dans un élan populaire sans précédent, une première pour un pays subsaharien, a eu raison de ce qu’était devenu l’ex président burkinabé au fil des ans : un Monarque Constitutionnel.  Un vent de liberté démocratique souffle désormais sur le pays des Hommes intègres et pourrait bien arriver dans d’autres pays d’Afrique.

Ainsi donc, le scénario que nous avions connu chez nous au Mali en 1990 est en train de se répéter au pays des hommes intègres. Comme au Mali, la population est sortie en masse dans la rue pour exiger le départ d’un homme qui n’a que trop duré au pouvoir. Comme au Mali, l’armée censée être proche du pouvoir, est celle qui s’en est emparée poussée par une légitimité à elle octroyée par la Rue.  Comme au Mali, encore, un Conseil de Transition sera en charge de diriger le pays jusqu’à l’organisation d’un scrutin présidentielle libre et crédible.

L’artiste ivoirien ne croyait pas si bien dire lorsqu’il chantait dans les années 1990, qu’un coup d’Etat finit toujours par un coup d’Etat.

Âgé de 63 ans, Blaise a été le personnage central de la diplomatie ouest-africaine et il est arrivé au pouvoir en 1987 en renversant son ex-compagnon d’armes Thomas Sankara, tué lors du putsch.

Il a ensuite effectué deux septennats (1992-1998 et 1998-2005) et terminera fin 2015 son deuxième quinquennat (2005-2010, 2010-2015), soit 23 ans de pouvoir sans partage.

En prenant le choix ferme et éclairé d’un mode de gouvernance démocratique dans tous les sens du terme, le peuple burkinabé n’a-t-il pas envoyé un signal fort aux autres peuples d’Afrique notamment ? En effet, en 2015 et en 2016, des présidentiels sont prévues dans une vingtaine de pays africains  dont cinq qui envisage sérieusement de marcher sur les pas de Blaise Compaoré en voulant changer la Constitution. Il s’agit du Congo Brazzaville, du Burundi, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Bénin. En voyant, le noble et victorieux combat que les Hommes intègres ont mené face à un homme qui se croyait doté de la monarchie du droit divin, les populations de ces pays-là vont-ils accepter de se laisser diriger par un despote ?

Il ya de fortes chances que l’on assiste à un printemps subsaharien après celui du Maghreb. Car, les ingrédients, çà et là sont globalement pareils : concentration de la richesse entre les mains d’une élite minoritaire, conditions de vie précaire pour les jeunes, un régime autoritaire et absence d’alternance politique, assassinats et tortures des opposés au régimes,…….

Entre temps, il est souhaitable que les Chefs d’Etats africains qui espèrent passer outre la volonté populaire en se maintenant au pouvoir à vie s’inspire du cas burkinabé pour le bien de tous. L’année 2015 sera-t-elle une autre année de crise pour le continent africain ?

Datés clés de la gouvernance de Blaise

Rappel des dates-clés depuis l’arrivée au pouvoir de Blaise Compaoré en 1987 au Burkina Faso, où l’armée a pris le pouvoir jeudi soir après une journée d’émeute contre son régime.

– 15 oct 1987: Blaise Compaoré, que des divergences opposent au “père” de la révolution burkinabè Thomas Sankara, s’empare du pouvoir lors d’un coup d’Etat au cours duquel Sankara et 12 de ses collaborateurs sont tués. Début d’un “processus de rectification” de la révolution.

– 18 sept 1989: Exécution de quatre militaires, dont deux chefs historiques de la révolution, accusés de tentative de coup d’Etat.

– 2 juin 1991: Une nouvelle Constitution instaure le multipartisme et met fin à onze ans de régime militaire.

– 1er déc : Compaoré est élu à la présidence lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.

– 11 mai 1997: Victoire écrasante aux législatives du parti présidentiel, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

– 13 déc 1998: Le journaliste Norbert Zongo est assassiné avec trois compagnons à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, alors qu’il enquêtait sur la mort du chauffeur du frère cadet du président. “L’affaire Zongo” provoque une grave crise politique, un mois après la réélection de Blaise Compaoré lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.

– 11 avr 2000: Les députés adoptent une modification de la Constitution ramenant à cinq ans le mandat du président, qui ne sera désormais rééligible qu’une fois. En 1997, les députés, appartenant en grande majorité au parti de Compaoré, avaient adopté une révision constitutionnelle qui rendait illimité le septennat.

– 24 sept 2002: Compaoré est accusé d’être “le seul et unique déstabilisateur de la Côte d’Ivoire” par le journal du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), quelques jours après le début d’une rébellion dans ce pays. Le Burkina dément.

– 7 oct 2003: Les autorités burkinabè affirment avoir déjoué une tentative de coup d’Etat. Le Togo et la Côte d’Ivoire, mis en cause, démentent tout lien avec les présumés putschistes.

– 20-21 déc 2006: Affrontements entre policiers et militaires: cinq morts et plusieurs dizaines de blessés dans la capitale. En février-mars 2008, manifestations violentes contre la vie chère.

– 21 nov 2010: Compaoré remporte la présidentielle dès le premier tour, des opposants dénoncent de “graves irrégularités”.

– Mars-juin 2011: La quasi-totalité des casernes, y compris la garde prétorienne du chef de l’Etat, se mutinent, parallèlement à des manifestations populaires, ébranlant le régime. Les violentes mutineries forcent le président à quitter momentanément la capitale.

– 2 déc 2012: Le CDP conserve la majorité absolue à l’issue des législatives et remporte une très large victoire aux municipales.

– 2 jan 2013: Compaoré forme un nouveau gouvernement et y garde le portefeuille de la Défense qu’il s’était attribué pendant les mutineries de 2011.

– 12 déc: Compaoré évoque l’idée d’un référendum pour modifier un article de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, qui l’empêcherait de participer à l’élection de 2015. L’opposition accuse le président de préparer un “coup d’Etat constitutionnel”.

– 28 oct 2014: Des centaines de milliers de Burkinabè descendent dans la rue pour dénoncer le projet de révision constitutionnelle controversée qui permettrait le maintien au pouvoir de Compaoré, l’opposition évoquant “un million” de personnes. Des affrontements opposent manifestants et forces de l’ordre.

– 30 oct: Journée d’émeute contre le régime de Compaoré. L’Assemblée nationale est incendiée, la télévision publique prise d’assaut et des violences éclatent en province.

Dans la soirée, l’armée annonce la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée et instaure un couvre-feu. Les pouvoirs exécutifs et législatifs seront assumés par un organe de transition, avec l’objectif d’un retour à l’ordre constitutionnel “dans un délai de douze mois”, selon un communiqué du chef d’état-major des armées Nabéré Honoré Traoré.

Ahmed M. Thiam

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  1. AVIS DE RECRUTEMENT D’UN MEDIATEUR POUR LE COMPTE DE LA CEDEAO :
    Dans le cadre de processus de la mise en place d’un organe transitoire au Burkina Faso nous cherchons pour le compte de la CEDEAO un médiateur pour mener la médiation entre la population et les forces armées qui ont volé le pouvoir du peuple.
    Profil exigé :
    – Etre de nationalité d’un pays membre de la CEDEAO et UEMOA
    – Etre complice d’un assassinat politique au Burkina Faso d’un certain Tomas S vers 1987
    – Avoir un Prénom et nom Initial B.C
    – Avoir mené des médiations dans les rebellions voisines notamment en Cote d’ivoire, au Mali j’en passe….
    – Etre complice ou commanditaire des rebellions MALI, COTE D’IVOIRE, SERRA LEONNE, LIBERIA.
    – Etre déchu en fin du mois d’octobre année encours
    – Etre réfugié dans un pays voisin

    Expériences : Avoir 27 ans au pourvoir
    Toutes personnes répondant à ces critères ci-dessus peuvent nous parvenir leurs dossiers .
    Infos : n’hésitez de me contacter.

  2. AVIS DE RECRUTEMENT D’UN MEDIATEUR POUR LE COMPTE DE LA CEDEAO :
    Dans le cadre de processus de la mise en place d’un organe transitoire au Burkina Faso nous cherchons pour le compte de la CEDEAO un médiateur pour mener la médiation entre la population et les forces armées qui ont volé le pouvoir du peuple.
    Profil exigé :
    – Etre de nationalité d’un pays membre de la CEDEAO et UEMOA
    – Etre complice d’un assassinat politique au Burkina Faso d’un certain Tomas S vers 1987
    – Avoir un Prénom et nom Initial B.C
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    – Etre complice ou commanditaire des rebellions MALI, COTE D’IVOIRE, SERRA LEONNE, LIBERIA.
    – Etre déchu en fin du mois d’octobre année encours
    – Etre réfugié dans un pays voisin

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    Dans le cadre de processus de la mise en place d’un organe transitoire au Burkina Faso nous cherchons pour le compte de la CEDEAO un médiateur pour mener la médiation entre la population et les forces armées qui ont volé le pouvoir du peuple.
    Profil exigé :
    – Etre de nationalité d’un pays membre de la CEDEAO et UEMOA
    – Etre complice d’un assassinat politique au Burkina Faso d’un certain Tomas S vers 1987
    – Avoir un Prénom et nom Initial B.C
    – Avoir mené des médiations dans les rebellions voisines notamment en Cote d’ivoire, au Mali j’en passe….
    – Etre complice ou commanditaire des rebellions MALI, COTE D’IVOIRE, SERRA LEONNE, LIBERIA.
    – Etre déchu en fin du mois d’octobre année encours
    – Etre réfugié dans un pays voisin

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