Complexe d’infériorité puis confiance retrouvée des maliens : Résistance physique

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Il faut d’abord noter que tous les joueurs qui atteignent la phase finale d’une coupe continentale sont capables de bien amortir le ballon par la poitrine ou les cuisses avant de le contrôler à terre sous ses pieds. Bref, ils sont tous dotés d’une bonne  technique de maitrise adéquate du ballon. Quant aux tactiques défensives ou offensives adoptées par les entraineurs, leur bonne application dépend des joueurs.
Donc, c’est la bonne préparation des conditions physiques des joueurs qui détermine leur capacité de résistance durant des compétions se déroulant en plusieurs semaines. Ainsi, entre les équipes qui s’affrontent en 90 ou 120 minutes, celle dont le degré de résistance à la fatigue est plus élevé possède plus de moyens de s’imposer à l’autre si son niveau de confiance en soi est bien mesuré.
Confiance en soi
Elle est la force morale permettant une mise en pratique efficace et efficiente de la résistance physique des joueurs d’une équipe. Tous les joueurs qui ressentent du complexe d’infériorité face à leurs adversaires, réduiront largement leurs capacités physique et morale. Ces complexés, ne croyant pas en leurs valeurs, n’iront que vers une défaite certaine. Envahis par ce complexe d’infériorité, ces joueurs seront moralement désarmés face à ceux renforcés par la confiance en soi avant et pendant les matchs.
C’est comme un boxeur qui, avant de monter sur le ring pour affronter son rival de sa catégorie, se met en tête qu’il doit se débrouiller pour éviter le K O en allant vers la défaite. Avec cette mentalité, même si son adversaire baisse souvent la garde par erreur, le complexé n’osera pas, par manque de confiance en soi, lancer des coups pouvant lui donner la victoire.
Telle fut le cas entre les aigles du Mali et les éléphants de la Côte d’Ivoire lors de leur match en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations au Gabon. À quelques heures de cette rencontre, le capitaine des aigles, Seydou Kéita, n’avait-il pas annoncé avec résignation que l’équipe du Mali jouera sans pression contrairement à celle de la Côte d’Ivoire ? Alors que logiquement, chaque équipe nationale doit jouer sous une pression : Celle de faire honneur à son pays. Mais, avec une mentalité d’équipe défaitiste, les maliens ont commencé et terminé la rencontre étant crispé par la peur d’encaisser beaucoup de buts. Même après avoir encaissé un but en première mi-temps, les maliens, sous cette crispation, n’ont pu avoir le sursaut d’orgueil nécessaire pour égaliser ou au moins dominer l’adversaire ivoirien. Dès après la fin du match sur cette victoire ivoirienne, un grand entraineur malien, Djibril Dramé, qui commentait dans le studio de la télévision malienne n’a pas hésité de refléter la mentalité dominante des maliens en félicitant les aigles qui n’ont pas encaissé qu’un seul but contrairement à ce que croyaient beaucoup de gens. Quel complexe ?
Confiance retrouvée des maliens
Lors de leur premier match contre le Ghana, les aigles s’étaient inclinés par un score de 02 buts à 0. Pour obtenir la 3eme place continentale, les aigles ont retrouvé leur confiance en soi grâce à laquelle ils ont pu dominer et battre, le samedi 11 février,  les mêmes ghanéens par 02 buts à 0. Cette glorieuse victoire des aigles leur a valu un accueil très euphorique, le dimanche 12 février, par une grande foule à l’aéroport et ensuite par le président de la République dans un stade plein d’admirateurs. Quand une équipe se débarrassera de son complexe d’infériorité et de ses improvisations pour  s’adonner à de bonnes préparations physique et morale appropriées, elle aura la capacité de prendre au moins une fois la coupe d’Afrique.  Tel fut le cas de la jeune équipe zambienne qui, avec détermination s’est armée d’engagement physique et de confiance en soi pour battre, ce même dimanche 12 février, les ivoiriens au terme des prolongations et des tirs au but. Avant les hostilités de cette finale, l’entraineur de l’équipe nationale de la Zambie, Hervé Renard avait lancé, lors d’une conférence de presse, avec une grande détermination que « La Zambie n’a peur de personne » car, tous les pronostiques étaient favorables à la Côte d’Ivoire
À cette coupe d’Afrique de football conjointement organisée par le Gabon et la Guinée équatoriale, on peut retenir que les plus belles victoires et les plus bêtes défaites ont été réalisées en grande partie grâce à la résistance physique et la  confiance en soi qui permettent aux équipes de jouer avec les 100% de leurs capacités.
Lacine Diawara, Option

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