Dégradation de la situation sécuritaire au Mali: Des larmes et du sang pour une souveraineté hypothéquée

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Le Mali est en proie à des attaques récurrentes malgré la présence d’une pléiade de force étrangères. La situation devient de plus en plus inquiétante avec la dernière montée en force des envahisseurs durant tout le mois de janvier et cela intervient curieusement lorsque le président IBK  a décidé que l’Etat Malien s’investisse dans sa propre lutte contre le terrorisme sur son territoire. Le pays est sans doute placé sous occupation et le consortium multidimensionnel de forces d’invasion continue de massacrer civiles et militaires en tirant faveur de l’immaturité d’une classe politique qui s’entredéchire quotidiennement et de façon honteuse pour des considérations personnelles.

Janvier 2018 a été un mois amèrement sanglant pour le Mali. On parle d’un bilan de 75 morts et une trentaine de blessés pour les attaques d’envergures qui se sont produites au centre et au nord du pays. Ce qui prouve que les assaillants ont la facilité de frapper où et quand ils veulent. L’assaut contre le camp militaire de Soumpi dans la nuit du samedi 17 janvier en est une illustration. Des combattants lourdement armés ont réussi  à cerner cette forteresse stratégique dans le dispositif de défense sans donner aucun signal. Et dans un déluge de feu, le monde a été témoin de la puissance de leur arsenal qui n’a offert qu’un choix de repli aux militaires qui se sont vaillamment battus pendant plusieurs heures. Curieusement c’est après l’attaque que des hélicoptères de Barkhane se sont mis à rôder dans le ciel comme pour alerter les assaillants de repartir après une mission accomplie. Ils sont librement retournés vers la frontière de la Mauritanie d’où ils étaient venus. Selon certaines sources, il s’agit d’éléments de l’Etat Islamique au Sahel en collaboration avec Nustra Al Islam Wal Muslimina. On parle aussi de la participation d’un groupe aguerri de djihadistes internationaux invités par Iyad Ag Ghaly, l’homme invisible qui a la réputation de négocier des affaires de libération d’otages occidentaux. Quelques heures avant l’attaque de Soumpi, un véhicule transportant de civiles a sauté sur une mine qui était destinée à un convoi des FAMA. Les soldats maliens sont permanemment ciblés pour donner raison à de pseudos spécialistes français qui ont annoncé que l’armée malienne ne devait pas être indépendante avant au moins cinq ans. Cette démonstration de force intervient au moment où le gouvernement malien a décidé d’accélérer l’opérationnalisation du Plan de Sécurisation Intégré des Régions du Centre. C’était suite à des instructions fermes du président IBK qui avait aussi invité la MINUMA à favoriser le processus du DDR. Aussi le premier Ministre Souméilou Boubeye Maiga a choisi l’Algérie pour sa première sortie officielle le 13 janvier dernier. Il a demandé l’aide de ce pays frère pour lutter contre l’insécurité. Tout le monde sait déjà que ce n’est pas du goût du consortium des forces d’occupation composé par la France, ses alliés coloniaux et les groupes armés insolubles dans le sahel. Et le 15 janvier, contre toute attente, un communiqué venant de Paris a fait savoir qu’une nouvelle opération du G5 Suiveurs a été lancée. Ainsi Barkhane a pris la tête d’une balade destinée à la diversion dans les frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina pendant que la voie se libère pour les terroristes qui frappent sur des lieux stratégiques. Après sa main mise très brillante sur le Sahel, la France et ses alliés veulent montrer au président IBK qu’il ne doit pas prétendre à une souveraineté de son pays. Cela s’explique par le fait que les responsables politiques, administratives ou militaires ne sont libres de rien sans l’accord des occupants. Pour rappel, trois ans après l’incident humiliant de la visite de Moussa Mara à Kidal, l’autre ancien premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga s’est vu contraint d’arrêter une tournée, pour des raisons de sécurité, le lundi 6 novembre 2017 dans la région de Mopti. Sa visite a été sabotée par des poseurs de mines. Les autorités maliennes n’ont pas pu deviner l’annexion de Mopti quand la France a exigé une présence forte des casques bleus dans cette région. A l’époque, elle a allégué qu’il y’avait un problème peuhl, puis elle nous a sorti le spectre d’une menace religieuse. Tout cela était raconté sur la base de rapports élaborés par de prétendus spécialistes tapis à Paris pour réfléchir sur les problèmes d’ici. Et on les a laissé faire. Maintenant la solution est un sursaut national de tous les fils du pays et au premier plan l’ensemble de la classe politique. Par ailleurs, le président IBK et son gouvernement doivent publiquement dire non aux ravisseurs en mettant le souci du pays au-dessus de celui d’un fauteuil manipulé.

Issa Santara

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